19 mai 2006
Irène Némirovsky
Ce matin je feuilletais les premières pages de Suite Française de Némirovsky. J'ai donc commencé à lire la sa biographie et cet après-midi en me rendant à la bibliothèque j'ai emprunté certains livres de cet auteur. Je me suis également davantage renseigné en cherchant sur internet. Alors pourquoi ne pas vous faire profiter de ce que j'ai trouvé ?
Irène Némirovsky est originaire de Kiev, née en 1903 dans une famille
de financiers juifs russes. Malgré l'excellence de ses précepteurs,
Irène sera une enfant malheureuse et solitaire, ses parents
portant peu d’intérêt
pour leur foyer. Elle adore néanmoins son père,
toujours pris par ses affaires ou par le jeu au casino.
Mais elle est presque haïe par sa mère, ainsi que l'évoqueront
plus tard ses livres tels que Le Bal, Le Vin de solitude ou Jézabel et Irène trouve quelque refuge dans l’écriture et la lecture. Elle apprit le français avant de connaître le russe. Elle maîtrisera, par ailleurs, couramment le
polonais, le finlandais, l'anglais, le basque et comprendra
le yiddish, dont on trouve des traces dans Les Chiens et les loups.
Mais lorsque la révolution
éclate dans le pays en 1917, Léon Némirovsky préfère éloigner sa petite
famille du pays en crise et s'installe en France en juillet 1919. Irène
reprend alors brillamment ses études et décroche en 1926 sa licence de
lettres à la Sorbonne.
En 1929 la jeune femme publie son premier roman (même si elle avait déjà publié auparavant quelques contes et
nouvelles, et ce dès 1923) David Golder, son premier grand succès, adapté au théâtre et au cinéma. Le Bal,
l'année suivante, raconte le passage difficile d'une adolescente à
l'âge adulte. L'adaptation au cinéma révèlera Danielle Darrieux. De
succès en succès, Irène Némirovsky devient une égérie littéraire, amie
de Kessel et Cocteau.
La Seconde Guerre mondiale mettra un terme brutal à ce brillant
parcours. En 1938, Irène Némirovsky et Michel Epstein se voient refuser
la nationalité française, mais n'envisagent toutefois pas l'exil. Ils préfèrent toutefois
envoyer leurs deux filles dans le Morvan. Lâchée par ses amis et son
éditeur, Irène porte l'étoile jaune. Elle rejoint, accompagné par son
mari, ses deux filles dans le petit village où elles étaient cachés.
C'est là qu'Irène Némirovsky rédigera le récit de Suite française, persuadée qu'elle allait bientôt mourir.
Elle est arrêtée devant ses enfants par les gendarmes en juillet 1942,
et envoyée à Auschwitz, où elle succombera du typhus quelques semaines
plus tard. Michel Epstein, qui avait tout tenté pour sauver sa femme,
est également déporté en novembre et immédiatement gazé à son arrivée.
Ses deux filles sauvent quelques documents, puis sont placées sous la
tutelle d'Albin Michel et Robert Esmenard (qui dirigea la maison
d'édition)
jusqu'à leur majorité.
Les deux filles ont entretenu la mémoire de leur mère, avec plusieurs rééditions et la publication d'une biographie en 1992, Le Mirador.
En 2004, Denise Némirovsky découvre au fond d'une malle le manuscrit inachevé de Suite française,
qui raconte, entre autres, l'exode de juin 1940, faits de lâchetés et
de petits élans de solidarité. Elle se décide à le publier, et le roman
a la surprise de se voir consacré du prestigieux prix Renaudot.
Surprise, car c'est la première fois dans son histoire que le prix est
remis à un auteur disparu. Mais ce n'est que justice quand on sait que
jamais Irène Némirovsky n'avait été distinguée de son vivant.
BIBLIOGRAPHIE
- Le Malentendu (1926)
- L'Enfant génial (1927)
- David Golder (1929)
- Le Bal (1930)
- Les Mouches d'automne (1931)
- L'affaire Courilof (1933)
- Films parlés (1934)
- Le Pion sur l'échiquier (1934)
- Le Vin de solitude (1935)
- Jézabel (1936)
- La Proie (1938)
- Deux (1939)
- Les Chiens et les loups (1940)
- La Vie de Tchekov (posthume, 1946)
- Les Biens de ce monde (posthume, 1947)
- Les Feux de l'automne (posthume, 1957)
- Dimanche et autres nouvelles (posthume, 2000)
- Destinées et autres nouvelles (posthume, 2004)
- Suite française (posthume, 2004)
(sources : site officiel et linternaute)
Coupe du Monde, Jeux Olympiques, l'envers des Mascottes
Dans quelques jours maintenant, la Coupe du Monde débutera à Berlin.... 736 joueurs de 32 pays différents, une trentaine d'arbitres, des millions de spectateurs et des milliards de téléspectateurs du Monde entier suivront de près l'évènement sportif le plus important après les Jeux Olympiques...
Pendant ce temps là, à Bayreuth, le fabricant de la mascotte officielle, le lion "Goleo" est a la limite de la faillite, victime des faibles ventes jusque lors... et surtout des 28 Millions d'Euros déboursés uniquement pour obtenir les droits sur la production et la vente de la peluche...
Comme de nombreux aspects du sport-business, le marché des mascottes s'est enflammé, et quand la mascotte n'était que l'appanage de quelques équipes américaines il y a 30 ans, chaque club, chaque évènement sportif se doit aujourd'hui d'avoir la sienne....
Si, pour moi comme pour la plupart des français qui passeront sur ce blog, c'est Footix qui incarne la mascotitude absolue, nous nous attarderons ici sur les mascottes olympiques et toute la symbolique qu'elles ont pu diffuser, dans un but de rapprochement parfois, de propagande dans d'autre cas, de bénéfices financiers, toujours...
Revenons sur un phénomène qui a réellement débuté il y a 38 ans, aux Jeux Olympiques de Grenoble 1968, avec le skieur Schuss, et n'a fait que s'amplier depuis:
Le petit skieur "Schuss" devint, à Grenoble en 1968, la première mascotte de l’histoire des Jeux Olympiques. Mais il ne bénéficia pas du statut de "mascotte officielle". On fabriqua des épinglettes et des petits jouets de Schuss, mais pas de peluche à son effigie.
En 1972, à Munich, c'est le Teckel "Waldi" qui deviendra la première mascotte officielle des Jeux Olympiques d'été. Teckel de race pure, sa tête et sa queue étaient bleu clair alors que son corps était zébré avec, au moins, trois des cinq couleurs olympiques. Il sera décliné sous de nombreuses tailles et formes: peluches, autocollants, posters, macarons... Un premier pas marketing était fait dans l'univers alors encore très old-school de l'Olympisme.
A 1976, pour les Jeux de Montréal, on assistera à la première utilisation de la mascotte comme outil de rapprochement avec les minorités. "Amik", en algonquin (une langue amérindienne encore parlée au Canada), signifie Castor, et le fait de donner un nom indien à la mascotte officielle sera considéré comme un geste fort
envers les minorités aborigènes du pays. Rien de tel aux jeux d'hiver d'Innsbruck, puisque "Schneemann", le bonhomme de neige, n'est rien d'autre qu'un gentil bonhomme de neige innofensif... On remarquera au fil des olympiades que le coté revendicatif ou symbolique est beaucoup moins apparent lors des Jeux d'Hiver... De là a penser que la moindre couverture et audience des Jeux d'hiver ne nécessite pas une recherche aussi élaborée du symbole qui touche... Non voyons, je ne l'ai pas dit et je ne le dirais pas....
1980, nous sommes en pleine guerre froide, les Etats Unis et 64 autres nations ont décidé de boycotter les Jeux de Moscou et l'Ours "Misha", désigné pour être le symbole de l'URSS, assiste à des jeux Olympiques tronqués puisque privés de nombreux champions. L'Ours de Sibérie se fera remarquer lors de la cérémonie de cloture,
apparaissant sur un écran géant la larme à l'oeil, au terme d'une cérémonie grandiose et pittoresque. Ces larmes seront immédiatement interprétés comme un geste de propagande anti-américain, les Jeux d'été de 1984 se déroulant à Los Angeles. En attendant, aux Jeux d'Hiver de Lake Placid, c'est "Roni" le raton laveur qui innovera, pratiquant différents sports sur de nombreuses vidéos diffusées sur les sites olympiques et les télévisions du monde...Une première en 1980!
Lorsque vinrent les Jeux d'Eté de 1984, à Los Angeles, boycottés "comme il se doit" par l'URSS et le bloc soviétique, les studios Disney, chargé de la création de la mascotte n'eurent aucune hésitation. L'Aigle américain était la seule réponse possible à l'Ours
Soviétique. L'Aigle "Sam", symbole des premiers Jeux entièrement financés par des fonds privés, est terriblement représentatif de cette évolution, avec un look indubitablement Disney qui le range dans la proche famille de Picsou et Donald (plutôt Picsou vu les profits engrangés par ces Jeux là). Sarajevo, pour les jeux d'hiver, choisira "Vucko", le loup de Voïvodine...
En 1988, aux Jeux de Séoul, le tigre "Hoduri" fut l'une des mascottes les plus populaires parmi toutes celles présentées ici... Avec son sourire Frosties et sa
bouille ronde, il a tout pour séduire, même s'il fit grincer quelques crocs communistes, en Ethiopie, en Corée du Nord et à Cuba... L'hiver, à Calgary, c'est "Hidi et Howdy", les deux ours jumeaux qui tiendront le haut de l'affiche. Pour la première fois, les mascottes se multiplient... Les profits n'auront qu'à suivre...
Lors des Jeux de Barcelone, en 1992, c'est un show télévisé et une omniprésence sur les stades qui permettront au chien "Coby" de se faire une popularité peu évidente à l'ouverture de la quinzaine. Au fil de spectacles de marionettes ou il
donne la réplique à Petra, mascotte des Jeux Paralympiques, sa cote montera en flèche, et c'est une standing ovation qui saluera le départ de Coby dans les cieux catalans. Albertville, pour les derniers jeux (d'hiver) organisés en France, en 1992, choisira un gentil petit lutin des neiges, répondant au doux nom de "Magique".
En 1994, alors que les jeux on développé une alternance propice à une meilleure gestion des coûts, des médias et de l'organisation d'évènements dont l'importance a décuplé en dix ans, Lillehammer présente "Haakon et Kristin", deux enfants issus du folklore nordique. Une façon pour la cité Norvégienne d'insister sur le visage humain de ses jeux,préoccupation de tous les instants de l'organisation. Parallèlement, de nombreux enfants norvégiens, blonds aux yeux bleus, à l'image de ces adorables mascottes à forme humaine, ont parcouru le monde, assurant ainsi par leur seule présence la promotion des Jeux.

En 1996, Atlanta offre une mascotte à l'image de ses Jeux, un brouillon sans cesse retouché et dont on ne sait que penser à terme. Au fil du temps, une bouche s’est dessinée là où il n'y avait que des lèvres, des étoiles sont apparues dans ses yeux, il forcit et ses jambes autrefois chétives gagnèrent en musculature. Un nez a même fini par se dessiner au milieu de son visage. Les Jeux coca-cola seront ceux du marketing tout puissant et du chiffre roi, et "Izzi" n'échappera pas à la règle avec ses modifications continues pour "mieux satisfaire les attentes du client..."
Nagano, 1998, les mascottes, au nombre de quatre, subiront le même sort que Coby 6 ans plus tôt.. D'abord boudées, les japonais en tomberont fous amoureux au cours des Jeux. "Sukki", "Nokki", "Lekki", et "Tsukki" sont quatre chouettes des neiges représentant les quatres îles de l'archipel japonais.
La création de mascottes
en famille est désormais la norme, et Sydney, en 2000, suivra le mouvement avec "Ollie", le Kookaburra, "Syd" l’ornithorynque et "Millie", l’échidné: trois animaux originaires d’Australie et représentant la terre, l'eau et l'air, tout en tournant leur regard vers le futur et le nouveau millénaire, symbolisant pour Ollie l'universalité, pour Syd la vigeur du peuple Australien, et pour Millie la technologie.
Les Jeux d'hiver de 2002, à Salt Lake City, verront les Etats-Unis renouer avec l'idéal Olympique sur le terrain, avec des jeux fantastiques et humains (bien que l'obtention en ait été obtenue grâce à un système de corruption avéré et à l'origine de la dernière grande crise du mouvement Olympique), et le choix des mascottes illustre bien ce retour aux sources voulu par les organsiateurs de l'Utah: Illustrer la devise olympique "Citius, Altius, Fortius " (plus vite, plus haut, plus fort): voilà l’objectif des mascottes de Salt Lake City 2002. C’est dans ce but-là que trois animaux, un lièvre des neiges avec raquettes, un coyote et un ours noir ont été choisis pour symboliser cette devise.
- "Powder", le lièvre des neiges avec raquettes (traduction: poudre, illustre le "plus haut").
Il fut un temps où le soleil brûlait la terre. Le lapin courut le plus vite au sommet de la montagne. Tirant une flèche au soleil, il le fit baisser dans le ciel et ainsi la terre se rafraîchit.
- "Copper", le coyote (traduction: charbon, illustre le "plus vite").
Quand le monde redevint obscur et gelé, le coyote monta au plus haut sommet de la montagne et vola la flamme du peuple de feu. Il ramena ainsi la chaleur sur la terre.
- "Coal", l’ours noir américain (traduction: cuivre, illustre le "plus fort").
Il y a très longtemps de braves chasseurs quittèrent leur village pour traquer le puissant ours, mais l’ours était trop fort et survécut. Aujourd’hui, les fils des chasseurs continuent la chasse dans le ciel étoilé de la nuit.
2004 fut l'occasion pour Athènes de plonger loin dans ses racines, présentant deux mascottes nommées "Phivos et Athina", deux "enfants d'aujourd'hui dont les prénoms sont respectivement celui du Dieu Grec de la musique et de la lumière, et celui de la déesse de la sagesse.Une façon de rappeler le rôle des Jeux dès l'Antiquité, dans la paix entre les peuples et la fraternité mondiale." Ils seront principalement représentés en dessin ou en mascotte vivante, et beaucoup moins
vendues sous formes de peluches que leurs précesseurs. Une tendance qui semble s'affirmer puisque Turin, pour les Jeux d"Hiver 2006, a agi de la même façon pour donner naissance à "Neve" la Boule de neige et à "Glizz" le cube de glace. Des têtes d'affiche certes, mais plus autrant des personnages matériels que des symboles uniquement visuels... Tendance à long terme eou simple effet de mode... Rendez vous à Pekin pour en savoir plus...
Une évolution continue au fil des temps, de ces mascottes comme du mouvement Olympique. On se rend compte à quel point le choix et la façon d'articuler les mascottes peut être significative de l'sprit d'un pay pour le rapprochement des minorités, l'expression d'un idéal ou même l'expression d'une propagande ou d'une opinion forte... On voit aussi en chacune de ces mascottes l'expression forte d'un pays et la ligne directrice d'un Comité d'organisation... Un aigle Disney n'aurait jamais pu avoir sa place ailleurs qu'à Los Angeles, tout comme un castor algonquin à Montreal... Simplement, depuis touttes ces années, quand l'on regarde la mascotte au terme de Jeux Olympiques, aussi réussis qu'ils soient, on est chiqué de réaliser à quel point elle reflète chaque fois l'esprit des Jeux!
Allez, assez parlé, je vous offre maintenant les différentes mascottes de la Coupe du Monde en cadeau:
buena vista social club / 2 Compay Segundo
La
renaissance du Troubadour
Quand Ry cooder débarque à la Havane en 1996 pour mener son projet autour de la musique cubaine, il s'interesse au personnage de Compay Segundo, il en fera le pilier de Buena Vista Social Club un album où sont réunis en autres Rubén Gonzales Ibrahim Ferrer et Omara portuondo, il faudra ce disque pour que la majorité des cubains apprenne que Compay existe, alors qu'il est acclamé à l'étranger. En 97 ses chansons commencent à passer à la radio...
Pourtant le chemin a été
long pour que "Francisco Maximo Repilado Muñoz", de son vrai
nom, né en 1907 à Siboney, village de la province d'Oriente, près de Santiago
de Cuba. Fils d'un conducteur de locomotives employé de la compagnie des mines.
Dès son plus jeune âge, il reçoit des leçons de solfège avant d'intégrer comme
clarinettiste la fanfare municipale de Santiago. Et compose à 15 ans sa
première chanson : "Yo vengo aquí".
Employé dans une
manufacture de tabac comme tabaquero, "Dans toutes les fabriques
de cigares de La Havane, d'ailleurs, un étage est réservé aux rouleurs de
cigares - les torcedores -, le métier le plus noble qui soit pour un Cubain.
Compay a longtemps été torcedor ; jusqu'à ses soixante-dix ans. " Sans
manquer un seul jour ! dit-il. Je suis Cubain, quand même !" "Un Cubain
authentique boit du rhum, fume le Habano et a l'oeil qui s'illumine à la vue d'une
belle femme".
Alors, Compay fume. a lui a pris en allumant les cigares de "Ma Regina", sa grand-mère, une esclave libérée qui vécut jusqu'à 115 ans. Pour Compay, le cigare est aussi important que la musique.
Le futur Compay Segundo fréquente ensuite le
petit monde des "trovadores", ces troubadours qui composent et
chantent en s’accompagnant à la guitare.
L'instrument hybride dont il joue est de son
invention, c'est une guitare à sept cordes appelée armónico aux
sonorités particulières, issue du tres cubain et de la guitare espagnole
avec sept cordes métalliques, la troisième double, plus sophistiquée, et qui
lui donne plus de liberté dans la création de ses chansons.
En 1934, il part à la Havane avec Ñico
Saquito, l'un des plus célèbres musiciens de l'époque, qui après l'avoir
remarqué, se fait engager par un quintette de son "Cuban
Stars"avec lequel il restera deux ans.
Le "son" issu de la province d'Oriente est alors à la mode dans la capitale, il n'a aucun mal à exercer sa musique. Quand il commence à parler de són, Compay a soudain des yeux qui brillent, un visage épanoui, juvénile. Il a tout joué, La salsa, la rumba, le mambo, la cha-cha-cha, le boléro, le vieux danzón et l'antique són. Pio Leyva, un vieux maître du són compagnon de Compay, dit : " Le són est le père de tous les genres cubains. Les autres peuvent être très bien, mais le són a été le premier. Il faut le respecter. " " Les gens confondent souvent le són avec la salsa ", ajoute Compay sur un ton insistant.
En 1936, il part au Mexique comme membre du Cuarteto Hatuey, dirigé par Evelio Machin. Il y reste six mois et enregistre son premier 78 tours . " C'est le seul exil qu'il ai connu. il retourne toujours chez lui, à Cuba. il est trop attaché à sa terre pour supporter un quelconque exil. " Sollicité à son retour, Repilado enregistre pour la firme RCA-Victor, avec le Trío Cuba.
Miguel Matamoros,
originaire lui aussi de Santiago, engage Compay mais comme clarinettiste dans
son groupe Trio Matamoros ou il côtoie Sindo Garay, il quittera
le groupe au bout de 12 ans.
En 1948, Il forme le duo Los Compadres avec
un musicien de sa région, Lorenzo Hierrezuelo, Los Compadres entre de plein
droit dans l'histoire de la musique populaire cubaine.
Hierrezuelo fait la première voix , le
nom de scène de Repilado. vient de là : Compay, une déformation
de Compadres, et Segundo, car il faisait toujours la seconde voix.
Pendant des années, Los Compadres enregistrent un 78 tours, soit deux chansons par mois, ils participent à une émission de radio quotidienne qui est écoutée dans toute l'île, et en République Dominicaine. Leur style où les proverbes, les traits d'humour et les allusions gaillardes dominent, les rend populaires auprès des gens humbles, dans les campagnes comme dans les villes. Le duo dure quatorze ans. Le temps de se faire un nom, une place incontournable dans le paysage de la musique cubaine.
Los Compadres permettent à Repilado de rendre
populaire ses compositions : la mélodramatique Huellas del pasado, la
sentimentale Macusa, inspirée par sa première fiancée, à qui il a dédié une de ses
plus belles chansons. En 1952, un désaccord sur les droits
d'auteurs met fin à la collaboration entre les deux hommes. Lorenzo Hierrezuelo
appelle à ses cotés son frère cadet Reynaldo et lance un nouveau duo los
Compadres qui poursuivront leur carrière jusque dans les années 80.
Compay Segundo créa
ensuite un trio avec Enrique Coquet et Adolfo Peñalver dans lequel il jouait du
cuatro, (instrument à cordes) et il continue à enregistrer quelques
disques sous son nom, mais le succès ne viens pas au rendez-vous, il fini par
prendre du recul avec la musique jusqu'à l'évènement de 1959, où les
Barbudos arrivent à La Havane. Pendant que Compay enregistrait un disque avec
Pio Leyva. " Dehors, la bataille faisait rage. Mais on enregistrait
toujours. Finalement, nous avons dû rendre les armes - les guitares - car on
entendait le bruit de la fusillade."
...et la révolution de Fidel Castro triomphe, changement radical, il retrouve son emploi de tabaquero et reste à La Havane dans la prestigieuse manufacture H. Upmann pendant dix sept ans. " Les gens appréciaient beaucoup mon doigté. Certains clients ne voulaient que les cigares roulés par moi ". Il partira ensuite deux ans en Chine, autre pays communiste, afin d'étudier l'agronomie...
A sa retraite, en 1970, Compay reprend "l'armónico", et réunit un groupe de musiciens, il reprend les chemins des studios afin d'enregistrer un disque. Il retourne à Santiago ou il crée le Cuarteto Daiquiri, puis il rencontre le guitariste et chanteur Eliades Ochoa au Parque Serano de Santiago présenté par Francisco Coba , invité par Eliades, il intégrera le Cuarteto Patria jusqu'en 91, il jouera et amènera la première version de "Chan Chan" au répertoire du Cuarteto sur l'album "Chanchaneando".
En 1988, il participe au festival
organisé par le Smithsonian Institute de Washington réuni par le
musicologue cubain Danilo Orozco. Il chante en tant qu'invité spécial du
Cuarteto Patria pour la première fois "Chan Chan",
qui devient un classique du son cubain, et une chanson trés demandée par
le public, En 1992, il enregistre en duo avec Pablo Milanés.
Compay Segundo découvre l'Europe en 1994. Il
participe avec son quartet "Compay Segundo y sus Muchachos"
avec Benito Suarez (guitare), Hugo Garzón (chanteur et maracas) et son fils
Salvador Repilado (basse) aux rencontres "Flamenco y Son cubano" à
Séville," Le flamenco et le són se chantent avec beaucoup de force et
d'expression : les traditions, les femmes, la beauté des choses ", il enregistre un album aux Canaries et fait une tournée en
Espagne, Compay aime l'Espagne. " Ce pays m'a inspiré plusieurs
chansons, dont une où je dis" : "L'Espagne et Cuba ne se sont
jamais trahies".
Enfin une nouvelle carrière s'ouvre enfin à
lui... En 1995 il fait sa première tournée en France et en Belgique, à
cette occasion Compay Segundo enregistre à Madrid "Antologia"
un album avec des chansons écrites entre 1922 et 1994, et "Yo
vengo aquí" avec le Label East West en 1996.
En 1996, Compay
Segundo y sus Muchachos parcourent l'Europe, et rencontrent le succès,
Compay est enfin découvert par le grand public.
Le groupe parcoure les salles les plus prestigieuses du monde,
Albert Hall, Carnegie Hall, et l'Olympia entre autres,... ce lieu mythique,
même pour un Cubain. C'est là qu' El Manicero s'est produit pour la première
fois en Europe avec Rita Montaner.
En 1996, Compay Segundo y sus
Muchachos parcourent l'Europe, et rencontrent le succès, Compay est enfin
découvert par le grand public. Le groupe parcoure les salles les plus
prestigieuses du monde, Albert Hall, Carnegie Hall, et l'Olympia entre
autres,... ce lieu mythique, même pour un Cubain. C'est là que El Manicero
s'est produit pour la première fois en Europe avec Rita Montaner.
Cette même année, il rencontre Ry COODER
pour l'enregistrement du fameux disque produit par Nick Gold de Worl
Circuit, label anglais, et Juan de Marco González qui avaient fait un
succés du disque "A toda Cuba le Gusta" avec la formation Afro
Cuban All Stars, ils mettent en place l'album "Buena Vista Social
Club" qu'ils enregistrent au Studio Egrem, le studio légendaire de la
rue San Miguel qui devient suivi du film de Win Wenders un succès
mondial. l'Album où Compay a participé sera récompensé par un Grammy Award,
puis il sortira Las flores de la vida et participera à de
nombreuses compilations issues de la vague cubaine, Compay Segundo à maintenant
94 ans, et il restera l'ambassadeur du son et de la musique cubaine
traditionnelle encore longtemps.
La distinction Félix Varela a été décernée à
Compay Segundo, alias Maximo Francisco Repilado Muñoz, auteur, compositeur et
chanteur de són cubain.
Elle est la plus haute décoration artistique
cubaine.
Compay Segundo, le troubadour
disparaît..
Selon l'un des quatre
fils de Francisco Repilado de son vrai nom "Compay Segundo", Salvador
Repilado, cité par l'agence officielle Prensa Latina, "Compay
Segundo", souffrait d'une grave infection rénale depuis quelques temps est
mort le dimanche 13 juillet 2003 à la Havane (Cuba). Il reposera au cimetière
de Santa Ifigenia à Santiago de Cuba près de la tombe du héros national José
Marti.
Sa dépouille avait été exposée dans un établissement de pompes
funèbres de la capitale avant d'être transférée à Santiago de Cuba, sa ville
natale, où il souhaitait être enterré. Il avait réussi à imposer et à présenter
au monde la musique cubaine dans son aspect le plus traditionnel et le plus
authentique, à été accompagné à sa dernière demeure par des chants et des
larmes.
Ce n'est pas sans une grande tristesse que les Cubains ont
fait leurs adieux à celui qui les aura longtemps bercés.
L'homme au Panama et à l'éternel cigare en main, celui qui
mena le són au rang international aura donné une leçon sur le comment vieillir,
ayant réalisé une grande œuvre et obtenue une reconnaissance
internationale", faisait remarquer Abel Prieto, ministre cubain de la
Culture, avant d'ajouter : "Ayant connu l'artiste, j'ai toujours été
impressionné par ce mélange si particulier d'authenticité, du point de vue
artistique et d'optimisme, de foi en la vie et en sa beauté".
De son vivant, Compay Segundo était pris pour un modèle de
joie de vivre.
"Si j'ai vécu aussi bien et aussi longtemps c'est grâce
au cigare, au rhum et aux femmes ". L'image de l'homme au chapeau, cigare
à la main et verre de rhum sur la table, parlant de tout et de rien est
ineffaçable de la mémoire de ceux qui ont vu le film. "J'ai commencé à
fumer le cigare à l'âge de cinq ans", disait-il en riant, avant d'ajouter
"à cet âge-là, ma grand-mère me demandait de le lui allumer et j'en
profitait pour en fumer un peu".
Amoureux du cigare, il ne l'était pas moins des femmes qui étaient
sa source d'inspiration. "L'inspiration me vient en dormant, mais je
m'inspire aussi de mots, de choses de la vie et bien sûr des femmes. Les femmes
sont une source d'inspiration, sans femmes il n'y a rien, mais je n'aime qu'une
femme à la fois. Bien sûr, reconnaissait-il, avec le succès elle me trouvent
plus beau qu'avant." Ses succès sont innombrables : il aura écrit une
dizaine de chansons, dont la célèbre Chan Chan écrite en 1987.
Discographie
Yo Vengo Aquí >>1996 Disque d'OR en France,
Il reste le plus gros succès de Compay Segundo.
Antología >>1996 compilation 2 CD
Lo mejor de la vida>> 1998
Cien Años de son >> 1999
Calle salud >> 1999 Disque d'OR en France,
l'album inclus le duo Morir de Amor avec Charles Aznavour.
Las flores de la vida >> 2000
Buena Vista Social Club >> World circuit 1997
réunion des plus grands soneros de la Havane : Ibrahim Ferrer,
Rubén González, Eliades Ochoa, Compay Segundo, Manuel " Puntilita "
Licea,
Egalement : Feliz cumpleanos à Compay Segundo Evasion,
1998
Grande éxitos Egrem, 1998
Huella de passado Blue Moon, 1999)
Voy pa' mayari Disky, 2000
Duets >> 2002
©CubaLatina.com
Je n'ajouterai pas mon grain de sel à cet article déjà très complet. Je me contente d'apporter quelques photos supplémentaires ci-dessous.






























