Loukoummania

Il est temps de trouver un sous-titre les copains

29 juin 2006

cars

J'ai conduit, pendant quelques 9 semaines, un atelier cinéma pour mes jeunes. Atelier très intéressant où je leur passais quelques DVD de films qu'ils n'ont pas trop l'habitude de voir avec une fin prévue depuis longtemps pour la neuvième semaine : une  vraie sortie au cinéma. Cela devait avoir lieu mardi soir. Apothéose : c'était la fête du cinéma. Je me dis : super ! Il va y avoir du choix. Que nenni ! De nanards en merde ciné, je me trouvais désespérée devant le programme affiché. Rien d'intéressant à l'horizon. Pourquoi faire payer mes gamins, qui ne roulent pas sur l'or, pour un film minable, navet en puissance ? Impossible de m'y résoudre. Mais impossible cependant d'annuler une sortie dont on parlait depuis deux mois ! La solution fut trouvée quand je stoppais mon idée fixe de sortie nocturne pour me pencher sur l'idée non fixe donc d'une sortie à 17h. Car à la séance de 17h était proposé Cars, dernier BB en date des studios Pixar. Les studios Pixar pour ceux qui ne situent pas c'est Monstres et Cie, Toy Story 1 et 2, 1001 pattes ou encore les Indestructibles ou le Monde de Nemo (que je hais par principe sans l'avoir vu). Donc un film d'animation qui sort de chez Pixar est toujours très attendu. Et ce film là, bien que ne me tentant pas trop à la vue du sujet (les voitures), a recueilli d'excellentes critiques dans l'ensemble des médias. Du coup, je me résignais à faire une après-midi ciné, en lieu et place d'une soirée. Et j'ai vraiment bien fait. Car c'est très sympa.
En résumé c'est l'histoire de Flash McQueen, voiture de course, jeune, fougueux et talentueux qui se retrouve dans une ville paumée sur la route 66 et qui s'y voit coincé pour quelques temps. Une jolie fable moralisante mi-écolo mi-nostalgique d'une époque révolue d'avant les autoroutes. C'est plutôt gentillet. Mais bien fait. Certains paysages semblent tout à fait réels et nullement en provenance d'un film d'animation. Impressionnant.
Quelques images pour vous donner envie ;)


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Derrière la fantaisie 3D apparaît une nostalgie de l’Amérique d’avant les autoroutes.

 
18470588On the road again : après une délirante incursion dans le monde des super-héros (Les Indestructibles), les studios Pixar investissent celui des autos, toutes les autos, sans préjugés ni discrimination : de la voiture de course étincelante et fuselée à la vieille Ford T tremblotante, du fier modèle chromé années 50 à la teuf-teuf toute rouillée. John Lasseter ouvre à nouveau tout grand le coffre à merveilles. Nous voilà dans un rêve de petit garçon. Une Amérique uniquement peuplée de citoyens à quatre roues, plus pimpants qu’une devanture de magasin de jouets, plus attachants que tout le rayon peluche réuni.
Que les allergiques aux bagnoles se rassurent : après un démarrage vrombissant et assez fastidieux dans un circuit de stock-cars, le film cesse littéralement de tourner en rond pour se donner les moyens d’atteindre tous les spectateurs, piétons compris. Peu à peu, ce monde déserté par les bipèdes s’humanise tellement qu’on en oublierait presque la vraie nature des héros aux phares sensibles et au capot expressif. cars_220_webC’est la marotte de John Lasseter, depuis les sautillements rigolos de ses premiers personnages en 3D, lampes ou toasters, jusqu’aux jouets de Toy Story 1 et 2. Là où ses concurrents, chez DreamWorks (Madagascar) ou Blue Sky (L’Age de glace), lustrent le poil de toutes les bébêtes imaginables et cherchent à rendre le vivant de plus en plus crédible à l’image, Lasseter suit une voie plus originale : il insuffle la vie là où elle n’est pas, donne la souplesse et la vivacité d’une vraie peau aux métaux les plus durs.
cars2Flash McQueen, donc, est une voiture de course, mais surtout un petit jeune ambitieux. Il s’égare un jour dans la poussière de la route 66, cette artère mythique qui traverse les Etats-Unis d’est en ouest. Son impétuosité juvénile ayant causé des dégâts de voirie dans un trou perdu, Radiator Springs, il est condamné par le juge local (une Hudson Hornet de 1951) à des travaux d’intérêt général. Flash découvre alors, malgré lui, l’amitié, l’amour, les vraies valeurs… Et de cette trame narrative plutôt usée, John Lasseter fait du flambant neuf. Chaque séquence, chaque personnage recèle des trésors d’invention, des gags inédits. Dans ce coin rural d’Amérique, on trouve par exemple d’irrésistibles et placides ruminants tracteurs, farouchement protégés par un taureau moissonneuse-batteuse. On y rencontre Martin, dépanneuse à dents de cheval, mais aussi Luigi et Guido, guimbardes ritales d’une hilarante dignité, ou même un camion de pompiers maladivement timide (et forcément rougissant !). Bref toutes ces machines, même les plus secondaires, ont été imaginées avec un soin amoureux et réjouissant du détail.
18645010Du plus petit défaut de carrosserie à la moindre tache de rouille, l’animation en 3D a également, ici, fait un bond qualitatif impressionnant. On trouve toujours, bien sûr, traits ronds et textures lisses et brillantes. Mais s’ajoute, via les décors, la poétique déréliction de l’usure, de la poussière et du temps, porteuse de mélancolie. Cars ne se déroule pas dans l’écrin chatoyant d’un conte pour enfants. Façades abîmées, néons grésillants, motel isolé, le film est aussi une fable sur la désertification de certains coins d’Amérique, en particulier cette route 66 qui bourdonnait d’activité jusqu’à la construction des autoroutes. Voilà sans doute l’aspect le plus délicat, le plus riche du film : l’évocation nostalgique d’une de ces villes désormais fantomatiques, perdues dans l’immensité des plaines du Middlewest. Lasseter fait revivre avec une sensibilité particulière ces vestiges urbains, ces histoires parallèles que murmurent les lieux. A vous donner envie de passer le permis rien que pour voir ça en vrai.

Cécile Mury

Telerama n° 2944 - 17 Juin 2006

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Les Petits Choux à la Crème....

De ma longue et fastidieuse carrière, allergies diverses mises de côté, je n'ai rencontré personne qui n'apprécie pas le goût de mes petits choux à la crème... Tant et si bien que j'en ai déduit que ce mets délicieux et au demeurant si simple à réaliser, devait être ma spécialité personnelle...

Et pourtant, heureux veinards, petits chanceux que vous êtes, j'ai décidé de vous faire part de ma recette secrète (autant que classicime)... En espérant que le plaisir de vos palais sera à la hauteur du sacrifice que cette concession représente pour moi...... Allons donc, que faut il pour préparer l'ensemble :

LES PETITS CHOUX

pate_a_choux13

Pour environ  20 petits choux de taille variable mais respectable:

25 cl d'eau
1/2 cuillère à café de sel
1 cuillère à soupe de sucre
75 g de beurre

portez moi tout ça à ébullition, et vite fait s'il vous plaît......

Retirez du feu, et ajoutez 150 g de farine d'un seul coup (SWWOOOFFFF)

Mélangez bien de façon à créer une boule homogène, comme si vous faisiez du pain, puis ajoutez 4 oeufs, un à un, en continuant à touiller le tout..... Quand votre pâte atteint un beau jaune homogène, sans tâches ni grumeaux.... bah c'est prêt....

Faites des boules, avec deux cuillères par exemple, et mettez les sur une plaque que vous insererez dans un four, préalablement chauffé à 222°C (environ) (le mode de roulage est similaire à celui utilisé pour les Acras de Morue plus tôt sur ce blog, pour ceux qui ont suivi)

Laissez au four le temps que ça gonfle, que ça croute un peu, que ça bronze mais que ça brûle pas.... et savourez vos petits choux après les avoir patiemment fourrés de ce qui vous plaira.... Personellement, je recommande la

CREME PATISSIERE MAISON

bua_choux_a_la_creme

Et là, c'est simplissime, commencez par mélanger :

5 jaunes d'oeuf
2,5 cuillères à soupe de Farine
5 cuillères à soupe de sucre

dans un saladier, faites tiédir 50 cl de lait, que vous verserez sur le mélange, remuez bien, obtenez un liquide à l'odeur assez agréable (à mon goût), et remettez le tout à un feu assez doux, sans jamais arrêter de remuer jusqu'à un épaississement manifeste (on parle du bandeau, la crème glisse de la spatule remueuse en un long filet ininterrompu et assez large) .... Pendant la cuisson, vous pouvez également ajouter un parfum (fleur d'oranger, vanille, rhum...) qui agrémentera votre crème à votre envie...

Une fois assez épaisse, laissez la refroidir, d'abord dehors puis au frigo si vous avez le temps, fourrez en donc les petits choux et appréciez le mélange des deux saveurs....

Ca prend 20 minutes au maximum, et c'est joli :-)... Si le coeur vous en dit, vous pouvez aussi napper vos petits choux de chocolat, ou de tout autre substance qui vous fait envie, comme ici:

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Et bon appétit bien sûr....

Posté par Green Fox à 16:23 - Miam - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2006

le dictateur et le hamac

dictateurj'en ai mis du temps à lire ce livre acheté il y a trois siècles me semble-t-il
et que j'ai du mal à le démarrer cet article
ceux qui connaissent pennac doivent déjà savoir que ce livre a rencontré des critiques plus que mitigées
et je comprends aisément pourquoi
il n'est pas normal selon moi de se demander pendant les trois quarts d'un livre : mais où veut-il aller ? où est le lien ? de quoi parle-t-il ?
car c'est l'histoire de rien du tout ce livre
un roman écrit au conditionnel qui ne sera qu'à moitié raconté
un livre sur ce qui aurait été écrit si ça avait été écrit
mais ça n'est pas vraiment écrit, et on se retrouve un peu paumé, sentiments mélangés, intérêt limité
le tout ponctué de passages autobiographiques dont on ne sait plus très bien si l'auteur parle vraiment de lui ou non
un livre composé étrangement en sept parties inégales (de 2 à 110 et quelques pages) et d'une multitude de "chapitres" allant de quelques lignes à quelques pages (en général moins de 2)
je me suis sentie perdue dans ce livre
j'avais du mal à rester accrocher
c'est comme si pennac nous avait livré une oeuvre d'une qualité littéraire évidente mais sans boussole
on est largué
alors pour résumé c'est pas très simple, ce serait l'histoire d'un dictateur comme il dit lui même, histoire partiellement racontée, mais en fait non, c'est surtout l'histoire de pennac qui n'écrit pas, dans son hamac
cependant je n'ai pas détesté le livre, il m'a déboussolée c'est évident, mais je ne regrette pas de l'avoir lu
et j'ai relevé un nombre d'expessions et autres citations assez faramineux pour un livre dont j'ai dit autant de mal ci-dessus
et puis il s'avère que là où pennac ne faisait plus de liens, mon esprit fertile prenait le relais et s'amusait d'un nombre impressionnant de coïncidences relevées au fil du texte et qui jalonnait ma vie
dicta308561la vie est faite comme ça, on lit un bouquin et à chaque page on trouve un mot qui nous renvoie à quelque chose de vécu dans l'immédiateté
de polsinelli (personnage du roman, et nom de mon agent immobilier) à saudade (mot que j'ai longuement défini dans l'article concernant mariza) en passant par le zébu dont nous parlait puch' il y a peu, corto maltese dont parlait tan ou encore (et surtout) lorenzaccio, mon livre fétiche dont j'ai promis de parler rapidement il y a quelques jours
j'avoue que j'aime beaucoup tout ça
combien de chances de lire un bouquin qui parle de saudade justement dans ma période "fan de fado" ?
et lorenzaccio ? vous en avez souvent entendu parler dans un roman vous ?
bref, que les fans de la tribu malaussène ne se précipite pas, il faut être prêt à lire quelque chose de très différent des autres pennac, comme une parenthèse dans son oeuvre
ce livre a fait beaucoup de déçus
je n'en fais pas partie bien que tout ça m'ait troublée et interpellée
mais il y a trop de bons passages pour que je nie les qualités de l'écrivain (qui étaient connues par ailleurs)
je vous laisse quelques extraits :


"ce serait donc l'histoire de Manuel Pereira da Ponte Martins, dictateur agoraphobe, qui prendrait le pouvoir par intuition, un matin, comme ça, parce que c'était son rêve d'enfant silencieux.
D'accord, mais pourquoi agoraphobe ?"


"Moi, je passais le plus clair de mon temps entre ciel et terre, suspendu dans mon hamac, à imaginer des romans que je n'écrivais pas."

"Il est vrai encore que Yasmina Melaouah, Manuel Serrat Crespo, Evelyne Passet, et quelques autres chez mes amis traducteurs, doutent que "la fenêtre", "a janela", "das Fenster", "the window" ou "la finestra" désignent exactement la même chose, puisque aucune n'ouvre sur les mêmes bruits ni ne se referme sur les mêmes musiques."

1401"Une autre vision fantasmatique de l'intérieur : la mygale qui brûle sans se consumer, sous les yeux de Soledad. On la tue pour ne pas se faire piquer. On la brûle à l'alcool pour que ses oeufs n'éclosent pas dans son cadavre. Et voilà que ce corps noir flambe sans fin, pattes ouvertes au ciel, se calcifie sans rapetisser, n'en finit pas de s'éteindre ... Morte, elle paraît comme vive ; une authentique image de l'enfer : irréductible.
Une fois la mygale éliminée, on se fait bouffer par les moustiques, qu'elle mangeait.
On apprend à préférer les mygales.
D'ailleurs, elles ne piquent pas."

"Selon elle, notre société tendait à produire de l'effet de vie au détriment du vivant, et ce dans tous les domaines possibles. Ses petits-fils en étaient la "preuve mourante", jeunes cadavres occupés à se décomposer devant des écrans où "ça" vivait à leur place."

"_ Et le hamac, Sonia. Le hamac, sous la véranda de Maraponga. On écrit faute de mieux, le mieux c'est le hamac. Le hamac a dû être imaginé par un sage contre la tentation de devenir. Même l'espèce renonce à s'y reproduire. Il vous inspire tous les projets imaginables et vous dispense d'en accomplir aucun. Dans mon hamac j'étais le romancier le plus fécond et le plus improductif du monde. C'était un rectangle de temps suspendu dans le ciel."


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27 juin 2006

Jean Jacques Goldman : Né en 17 à Leidenstadt

Parce qu'en ce moment les réflexions sur le destin et le réel contrôle que nous possédons sur nos vies s'épanouissent en moi, puisque Heat, le film dont je viens de vous parler à l'instant pose d'une certaine façon ces questions sur ce que nous sommes et sur les impasses de ce que la vie fait de nous et de ce que nous faisons de la vie.... Cela m'a remis à l'esprit une chanson de Fredericks, Goldman et Jones à ce sujet...

Une chanson que j'adore, textes et musique, et que je recommande de lire, que l'on aime Goldman ou pas, car ce texte splendide est un appel à la tolérance et à la compréhension, à travers les trois exemples réels des trois interprètes, qui s'adresse à chacun de nous. Et si la vie nous avait posés à quelques kilomètres d'ici seulement... Là où tout est différent...

leiden1

NE EN 17 A LEIDENSTADT

Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?

Bercé d'humiliation, de haine et d'ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d'un torrent ?

Si j'avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d'une foi, d'une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir, tendre une main ?

Si j'étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant ?

On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau ?
Ou le pire ou le plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots ?

Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?

Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D'avoir à choisir un camp

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Heat

Depuis le temps que je le repousse, il est temps de vous proposer un petit article sur MON film, un chef d'oeuvre de 3h20 que j'ai vu facilement quinze fois ces dix dernières années.... Et qui m'emporte chaque fois de la même manière dans un formidable tourbillon d'émotions et de tensions.... Je ne suis pas très fan des films policiers, mais celui ci...celui là... Mais bref commençons par le commencement avec un petit synopsis:

heat

La bande de Neil McCauley à laquelle est venu se greffer Waingro, une nouvelle recrue, attaque un fourgon blindé pour s'emparer d'une somme importante en obligations. Cependant, ce dernier tue froidement l'un des convoyeurs et Chris Shiherlis se retrouve obligé de "terminer le travail". Neil tente d'éliminer Waingro, mais celui-ci parvient à s'échapper. Parallèlement, le lieutenant Vincent Hanna mène l'enquête... (allociné)

Voilà, les éléments sont là, le plan est simple et sans accroc... Une recette de film policier éprouvée, limite éculée, on pourrait s'attendre à un thriller de série B sans ambitions... Et pourtant, dès le premier plan du film, on sent comme un parfum de perfection...Ce scénario, Michael Mann l'a écrit en 1983... Il l'a adapté en téléfilm en 1989, sous le titre "L.A. Takedown", avant de sauter le pas du grand écran seulement en 1995... Autant dire qu'il a eu le temps d'une répétition grandeur nature et de nombreuses reconsidérations avant de poser les bases de ce qui reste son chef d'oeuvre...

Bien servi par un casting monumental, comprenant entre autres Al Pacino, Robert de Niro, Val Kilmer, Tom Sizemore, Ashley Judd ou Nathalie Portman, Mann nous offre un récital de scènes mythiques, toutes réglées au plus petit détail près, filmées comme dans un rêve, servies par un jeu d'éclairages et un choix de musique tout simplement parfaits. Entre scènes lentes et angoissantes, et des scènes spectaculaires comme celle du braquage de banque, l'un des modèles du genre, on découvre surtout deux personnages attachants, ennemis malgré eux, qui savent qu'ils seront amenés à se détruire pour survivre.

Neal Mc Cauley (De Niro), le gangster solitaire et désabusé, cherche a assouvir sa vengeance sur Waingro avant de se retirer des affaires pour de bon. Bien entendu, il est attaché à ses compagnons de fortune, Chris ou "l'artiste" (Val Kilmer, John Voigt), mais il sait aussi que tout à une fin et qu'il est temps pour lui de tirer sa révérence... Quitte à laisser tomber Eady, la séduisante jeune femme dont il est tombé amoureux. Un mec comme lui doit être "prêt à tout moment à tout laisser en plan et a disparaître dans les trente secondes", si il sent l'odeur d'un flic dans les parages.

Vincent Hanna (Al Pacino), est un flic de haut vol mais un piètre père de famille... Tandis que son troisième mariage bat de l'aile, il s'engage à fond pour retrouver ceux qui ont froidement descendu une équipe de convoyeurs de fond... Petit à petit, son enquête se tourne vers Mc Cauley et sa bande qui seraient en train de préparer une nouvelle opération de grande envergure quelque part dans la ville....

Dans une cité de Los Angeles aux innombrables lumières et aux routes interminables qu'il ne cesse de nous faire découvrir et redécouvrir tout au long de ce film, Michael Mann insiste surtout sur tout ce qui peut rapprocher ces deux hommes désabusés, sans réelle perspective d'avenir et devant qui tout semble se dérober... Seuls deux face à face auront lieu tout au long de ce film, dont la célebrissime rencontre des deux hommes au café, ou ils échangent leurs aveux d'impuissance face aux chemins que la vie leur a tracés, et se saluent comme pour se souhaiter bonne chance au début d'un duel qu'aucun des deux protagonistes ne souhaite avoir a disputer....

denirheat


La scène finale, à elle seule, vaut bien des films du genre, rassemblant tous les élements subtilement emboîtés des trois heures précédente et menant les deux hommes à leurs destins... Dans l'ambiance sombre et bleutée d'un aéroport de Los Angeles, la nuit, on rouvre les yeux sur une émotion inhabituelle des films de ce type, et sur la délicieuse sensation, à chaque visionnage, d'avoir découvert un film exceptionnel et inépuisable, une histoire qui vous prend littéralement aux tripes et vous inspire mille réflexions et occupe votre esprit pour de nombreuses heures encore, avant peut être de laisser la place à l'envie de réadmirer ce film à nouveau, de le savourer jusqu'au moindre détail par Michael Mann, au moindre dialogue, à la moindre pièce du puzzle que l'on avait pas vraiment considéré dans toutes ses formes...

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25 juin 2006

Ceux que vous attendiez tous...

Bon alors au risque de me répéter, je débute donc... mes dessins sont truffés d'erreurs et d'imperfections, et puis j'ai longuement hésité à les poster. Mais étant donné mon dernier dessin exposé ici je ne peux pas faire plus ridicule.

tasse

Alors pour ceux qui n'auraient pas deviné, il s'agit d'une tasse. Et le but de ce dessin était de découvrir les techniques de hachures et de contre hachures dans la joie et la bonne humeur (oui je sais ma anse - elle n'est pas toute seule d'ailleurs - est très Zarb mais bon je n'arrive pas à faire mieux).

pot_jarre

Alors le modèle de ce deuxième dessin se trouve dans ma cour, au milieu des plantes et près des vélos. Je n'ai pas réussi à faire quelque chose de moins cafouillis et un objet à la forme régulière mais bon ^^

babar__1

Alors ici le papier est de meilleur qualité et le dessin plus appuyé. Le modèle était un éléphant sculpté en bois. Il est d'ailleurs dédicacé à Vincent, le jumeau Nain Terre Net d'Holly. L'éléphant apparait un peu penché en avant, nan ?

mobile

Dernier dessin réalisé dans l'après-midi. Le modèle est un mobile japonais (il me semble) venu tout droit de son pays natal. Alors, je suis assez contente de la lumière (elle provient de ma lampe de bureau), j'espère que vous la voyez aussi bien que moi. Il reste évidement encore de nombreuses imperfections sur ce dessin.

J'espère que ces croquis ne vous ont pas trop ennuyé, de toutes les manières, c'est tout pour aujourd'hui (je n'ai plus rien à vous montrer ^^).

Posté par Tanwen à 23:05 - Moi, je - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le dessin pour les nuls!

Suite au succès de mon éléphant de l'autre jour... A vrai dire, non ce n'est pas vraiment ça. Depuis quelques temps déjà une petite bête trottait dans ma tête, et il y a quatre jours j'ai fais le grand plongeon : j'ai décidé de me remettre au dessin. Cela faisait quelques années que je n'avais pas touché à un crayon (façon de parler) et le début a été un peu difficile.
Pour m'aider dans cette nouvelle quête je me suis acheté un livre très sympa, je vais donc commencer par une présentation de cette merveilleuse méthode pour débutant avant de vous exposer mes oeuvres.


le_dessin_pour_les_nuls


Présentation de l'éditeur :

Vous pensez que pour dessiner, il faut un don, et que malheureusement les fées ne se sont pas vraiment penchées sur votre berceau ? Détrompez-vous : tout le monde est capable de dessiner, il suffit de se lancer !


Une simple feuille de papier, un crayon bien taillé, et sous vos doigts un dessin prend forme... Magique, non ? Vous avez envie d'essayer ? Destiné aux artistes débutants ou un peu plus expérimentés, ce livre vous initie aux plaisirs du dessin.


Des techniques de base (lignes, volumes, ombres, textures) aux techniques un peu plus poussées, vous découvrirez le dessin sous ses multiples facettes. Point de fuite, perspective et 3D n'auront bientôt plus de secret pour vous ! Grâce à des exercices clairs et amusants et à des modèles expliqués pas à pas, vous mettrez en application sans tarder les conseils de l'auteur. Vous dessinerez bientôt des natures mortes, des paysages, des portraits plus vrais que nature et découvrirez même l'art de la caricature !

Dès que vous maîtriserez les bases, laissez-vous guider et développez votre propre style ! A vos croquis !

Suite à l'aquisition de ce livre, j'ai compris quelques techniques de base, même si pour la maîtrise ce n'est pas encore ça. Mais bon, ce n'est pas en quelques jours qu'on deviens un pro du dessin. De toutes les manières vous pourrez en juger par vous même (ce n'était pas très difficile de faire mieux que mon néléphant) et si pour le moment mes dessins manquent de couleurs, ce ne sera j'espère plus le cas un jour.

Posté par Tanwen à 22:50 - Moi, je - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

olivia ruiz, ter

Il était une fois l'histoire d'un article qui s'offrait une deuxième vie, une seconde jeunesse, quelques mois après... Repêché directement de mon ancien blog (lOu jO 09/12/05), voici ci-dessous et pour la troisième fois en trois blog : Olivia Ruiz. Alors pourquoi aujourd'hui, justement peu de temps après un article sur le blog de Liz (Cyan) sur le même sujet ? Eh bien, hasard de la vie. Mon père chante la chanson dont j'ai mis les paroles ci-dessous du matin au soir, cette chanson enfin connue, plus de 6 mois après la naissance de cet article ! Mais surtout parce qu'hier soir et avant-hier soir, une vingtaine de bouts-de-choux, pailletés de la tête aux pieds, m'ont fait craquer avec leurs petits coeurs tout mous. Spéciale dédicace à Jeanne, Leyane, Ombelline, Andy et les autres :) Je n'ai rien modifié à l'article donc quand je parle de mon blog précédent à partir du dessous de cette photo il s'agit de mon premier blog (djo).

olivia

On en avait parlé sur mon blog précédent il n'y a pas si longtemps. On remet ça avec son nouvel album que je conseille à tout le monde : "La femme chocolat". Lisez cet article merveilleusement écrit, paru le 12 novembre dernier dans l'Humanité (cf. ci-dessous). Et si vous n'êtes pas réfractaire à la voix très spéciale d'Olivia, plongez-vous dans ses albums, tous les amateurs de chanson à la sauce nouvelle scène française non médiatisée à outrance s'y retrouveront.

"Maurane, Juliette, Zazie ont montré la voie. Aujourd’hui, la nouvelle vague de la chanson féminine est joliment représentée par Camille, Pauline Croze, Coralie Clément, Orly Chap, Émilie Simon ou la Grande Sophie. De Carla Bruni à Keren Ann, Jeanne Cherhal ou Souad Massi, elles ont toutes en commun de ne pas se laisser damer le pion par leurs collègues masculins : Cali, Vincent Delerm, Benjamin Biolay, Bénabar, M ou Sanseverino... Si toutes veulent se faire un nom ou un prénom dans la chanson, elles entendent surtout faire partager leur regard de femmes sur le monde. Quels que soient les registres - pop, chanson, rock ou world - elles regorgent de talent et éprouvent un amour fou pour les mots mis en musique.

Olivia Ruiz n’échappe pas à la règle. Elle vient de sortir la Femme chocolat. Un album piquant, coquin, sexy et gourmand. « J’ai un drôle de rapport au chocolat, sourit Olivia. J’en ai toujours dans mon sac. Je suis accro ! » Le chocolat, métaphore idéale pour s’amuser sur le registre sensuel : « Croque-moi la peau s’il te plaît /Au bout de mes lèvres entrouvertes pousse un framboisier rouge argenté. » La jeune femme serait-elle donc à croquer ? : « Il y a une connotation sexuelle dans cette chanson, avoue-t-elle. Quand je chante "Je me transformerai en femme chocolat", c’est une jolie façon de dire que j’accepte d’avoir des formes parce que dans les yeux de celui que j’aime, je me sens belle. Aux auteurs compositeurs avec lesquels j’ai travaillé pour mon premier album, je disais toujours "pas de tabou". J’assume tout : coquine, sensuelle, décalée. Je joue avec tout ça. Je suis une épicurienne alors, va pour les plaisirs de la vie ! »

À ceux qui pensent qu’on ne peut se remettre d’une participation à la Star’Ac, elle prouve le contraire. Élève de la première édition de l’émission, non seulement elle n’a pas été broyée par le star-système, mais son talent, sa détermination et le hasard des rencontres l’ont amenée à se tourner vers d’autres horizons que la machine à tube cathodique. L’expérience a duré un an. Cependant, elle ne regrette rien de cette étape qui lui a permis de se faire connaître du public : « J’ai gagné dix ans grâce à cette émission. Cela m’a permis d’avoir accès à d’autres auteurs compositeurs avec lesquels j’avais envie de travailler, ce que je n’aurais pas pu faire toute seule. »

Originaire de Marseillette, village entre Narbonne et Carcassonne, Olivia, vingt-cinq ans, a toujours baigné dans la musique. À la maison, elle écoute aussi bien Bécaud que Nougaro grâce à son père guitariste de bal. Sa mère lui fait découvrir les Rita Mitsouko sur le juke-box du café-tabac-essence où elle a grandi. Une enfance dont elle garde un souvenir ému. En témoigne le titre Je traîne les pieds : « un hommage à tous les gens qui m’ont élevée : mes parents, mes deux oncles, mes grands-parents maternels. J’ai grandi dans un café de province jusqu’à mes onze ans. J’étais indépendante très tôt. Une éducation qui m’a rendue sociable. Elle m’a donné le goût du partage. » Chorale à douze ans, groupe de bal où elle reprend Led Zeppelin et Nirvana, un duo où elle interprète Frehel, Damia , La Tordue ou Manu Chao... Olivia a appris le métier sur le tas. Après J’aime pas l’amour, précédente production qui réunissait une brochette d’auteurs compositeurs de la scène alternative (Chet, Paris Combo, Juliette), son deuxième album a été réalisé par Alain Cluzeau (Benabar, Thomas Fersen) et Mathias Malzieu, leader du groupe Dionysos. Un enregistrement où se croisent une ancienne complice, Juliette, avec d’autres auteurs compositeurs de la nouvelle génération tels Nery, Mali de Tryo, Christian Olivier des Têtes raides, avec lequel elle chante Non-dits ou encore Didier Blanc pour un duo en espagnol (la Molinera).

Résultat, un album plein d’humour entre gouaille à la Magali Nöel chantant Johnny fais-moi mal de Boris Vian et ambiances Lolita à la pop acidulée. Être chanteuse ? : « Ce n’est pas facile. C’est un monde de requins où il faut se battre. Je me sens une louve solitaire dans ce milieu. Il faut être débrouillarde, surtout quand on n’a pas de manager comme moi. Je ne suis pas prête à donner ma confiance à quelqu’un. Quand on réalise les choses soi-même, au moins on sait qu’elles sont bien faites. » "

Victor Hache

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Voici quelques paroles à présent du premier titre de l'album que j'aime beaucoup. Il a été écrit par un certain Ben Ricour dont on parlera peut-être un d'ces jours. Pour ceux à l'oreille de qui le nom de Ben Ricour n'est pas totalement inconnu, je signale que c'est lui qui chante ce titre tournant en boucle en radio : "Vivre à même l'amour" Vous voyez de quoi je parle ? Bref voici "J'traîne des pieds" écrit par lui donc et chanté par elle donc ;)

J'traînais les pieds, des casseroles
J'n'aimais pas beaucoup l'école
J'traînais les pieds, mes guiboles abîmées
J'explorais mon quartier

J'traînais des pieds dans mon café
Les vieux à la belotte braillaient
Papi, mamie, tonton André et toutes ces pépées
A mes p'tits soins, à m'pouponner

Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p'tit coeur tout mou
bousillées mes godasses, bousillé sur ma joue
bousillées les miettes de nous

La fumée du boeuf bourguignon
Toute la famille tête dans l'guidon
Du temps où ont pouvaient faire les cons
Les pensionnaires, les habitués, les gens d'passage surtout l'été
Joyeux bordel dans mon café

Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p'tit coeur tout mou
balayée la terrasse, envolé le bout d'chou
envolées les miettes de nous

Je traîne les pieds, j'traîne mes casseroles
J'n'aime toujours pas l'école

Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p'tit coeur tout mou
bousillées mes godasses, bousillé sur ma joue
bousillées les miettes de nous

Pour l'écoute je renvoie ici : http://www.olivia-ruiz.com/cours-de-chant.htm

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Allez encore un petit article de journal :

"Olivia Ruiz: "La Femme Chocolat" (Polydor). C'est le second album d'une chanteuse au parcours et à l'univers original. Pour percer dans ce métier, elle a participé à la Star Academy. On a très vite compris qu'elle ne gagnerait pas, mais qu'elle était là pour se faire remarquer. Et c'est tant mieux parce qu'elle a beaucoup de talent.
Au château, elle arborait un tee-shirt du groupe "Les Têtes Raides". Comme elle n'avait pas eu de réponse du groupe à sa demande de collaboration, elle n'avait trouvé que ce moyen pour attirer son attention. Ca a réussi. On la retrouve en duo sur "Non-dits" avec Christian Olivier, le chanteur des Têtes Raides. C'est à un autre leader de groupe, Mathias Malzieu de Dionysos, qu'elle a confié la réalisation du disque.
Dans ce brillant casting, on retrouve aussi la chanteuse Juliette qui lui a écrit "La Petite Voleuse". Dans les pages intérieures de l'album et sur "Thérapie de groupe" notamment, Olivia Ruiz nous présente sa famille. Après l'étonnant "J'aime pas l'Amour", l'atypique demoiselle à drôle de voix nous embarque dans un univers inclassable. Les fans seront de plus en plus nombreux et pourraient bien reprendre en coeur "J'traîne des pieds"."

Christian Panvert du Nouvel Obs.

A noter que les photos sont toutes issues de la pochette de l'album sauf la dernière (ci-dessous).
J'insiste un peu sur Olivia parce que je sais que certains ne veulent pas entendre parler d'elle à cause de son passage à la Star Ac' et je trouve ça très très dommage. C'est se fermer l'esprit sur une belle artiste. Et elle fait des choses vraiment très bien, alors penchez-vous un peu sur son cas !

Bizous !

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24 juin 2006

cecilia ambroggio

J'ai fait une mise à jour de l'album photo de cecilia ambroggio. Vous le trouverez ci-contre. Il s'agit de la série "Sam, le chat noir". Ci-dessous, vraisemblablement la toute première carte de la série, également la première qu'on m'ait envoyée.

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Posté par lOu jO à 17:08 - Lézart viSuel - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

entre cour et jardin

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