Loukoummania

Il est temps de trouver un sous-titre les copains

05 novembre 2007

Uno pour tous, chacun pour sa pomme...

Back of Beyond, Reading: Dans la catégorie Weatherspoon je voudrais l'archétype...Famille.

BoBUn pub Weatherspoon, c'est un monde à part dans l'univers des pubs traditionnels anglais...
De la moquette kitchissime à l'absence de télévisions, de l'absence même de toute sonorité musicale aux vieilles photos d'époques tronant sur les murs... Des livres d'histoires juchés sur leurs étagères aux anecdotes sur la ville disséminés sur une cheminée, un mur ou un pan de bar... Et l'hiver, parfois, un feu de bois qui réchauffe les visiteurs bravant le froid...

C'est aussi de vastes salles qui n'ont jamais senti l'odeur de la fumée et ne retentissent que du cliquetis des pintes d'Ale s'entrechoquant dans des éclats de rire bien anglais, quelques fish and chips qui se promènent en laissant trainer leur parfum légèrement citronné, et de longues tablées de bonne humeur ou de discussions à bâtons rompus, début de fête et déclarations, ruptures et confidences...

Un pub Weatherspoon c'est tout ça. Et le Back of Beyond, c'est pas mal de ces choses là sur espace tout en longueur perché au dessus du Canal qui traverse Reading, Berkshire...

aleMais maintenant que le décor est planté, abordons les faits...

Il est vingt heures pétantes, ce vendredi là, quand, sortant tout juste d'une semaine de travail plutôt chargée et délicieusement prenante, ma foulée nonchalante me guide dans la bonne humeur jusqu'à l'entrée du "Back of Beyond".

Je foule une fois de plus ce psychédélique parterre qui m'a déjà tant vu passer dans tous les états physiques et moraux que Dame Nature a daigné me présenter à ce jour. Il est vingt heures et je rejoins ceux avec qui je partageais mes journées de labeur il y a encore quelques semaines et qui perpétuent cette charmante habitude que nous avions pris d'y poser les bases de nos Vendredi soir ordinaires...

J'arrive donc, échange quelques sourires et poignées de main et me réjouis de revoir quelques têtes que je n'ai plus l'occasion de cotoyer si souvent, et d'avoir l'occasion d'échanger quelques mots avec leurs propriétaires...

Las!Une nouvelle tradition s'est emparée de Snap-On, mon ancienne compagnie. Et si l'habitude prise de passer les heures de déjeuner à jouer au Uno avec ses collègues est créatrice de lien social et permet de détendre les relations avec ceux que l'on cotoie chaque jour, pousser cette tradition jusque dans les moments de pub est une entreprise hasardeuse et pour le moins embarassante...

unoEh oui, voila la seule activité qui semble omnibuler les collègues autrefois joyeux et sociables, ceux là même avec qui j'ai passé tant d'heures à discuter de mille sujets qui fâchent ou qui amusent, ceux là pour qi la bière du Vendredi était un art de détente et de déconnexion totale du monde professionnel.

Les voilà, donc, crispés sur leurs petites chaises de bois, n'osant toucher la pinte de bière qui libères ses effluves houblonnées de peur de perdre l'occasion, le coup magique qui les poussera vers la victoire. Il n'y a plus, pour eux, que ces 8 rouges ou ces 6 bleux qui comptent... Il n'y a plus de bonheur que celui de poser la dernière carte, et pour malheur celui de devoir piocher et voir s'envoler soudainement les rêves de gloire...

Et de ces 10 compagnons absents qui se cachent derrière leur jeu, trois n'auront pas levé les yeux de la table, passé le temps d'un bonjour souriant et apparemment ravi, deux n'auront su parler d'autre chose que de stratégie ludique et d'analyse post-match, deux auront été forcées respectivement par mon camarade et ami Davor et moi même à discuter d'autre chose tout en acceptant notre consulting tactique de fortune, et en auront agacé leurs adversaires par la non-réactivité de leur jeu...Deux enfin se seront tus complètement jusqu'à ce moment ou ils décidèrent qu'il fallait se lever pour rentrer à la maison...

Il était vingt-trois heures quand les cartes rentrèrent dans leur étui, tous décidèrent qu'ils étaient bien fatigués et que ça avait été une bonne soirée mais que maintenant il était temps d'aller au lit. Sonné, je quittais le bar pour rejoindre un autre groupe d'amis...

Suis je vraiment resté là toute une soirée à regarder ces gens que, pour la plupart, j'apprécie et estime réellement, jouer sans seulement penser à s'adresser la parole ?

CowboysQue devient le rôle du pub, générateur du lien social et d'amitié entre collègues, s'il n'est que le cadre pour prolonger un passe-temps de pause déjeuner?

Dieu, que le jeu d'Uno peut être triste quand il devient le seul mode de communication d'êtres fourminisés qui ne savent plus se parler.

Comme l'amitié est vaine si la relation que l'on crée ne dépasse pas celle de cow-boys suspicieux jouant au poker dans un ancien saloon du Middlewest.

Que vaut la vie d'être vécue si l'on ne sait même plus adresser la parole à ceux qui nous entourent à chaque heure de chaque jour?

Vendredi soir, le Back of Beyond s'est endormi sur une drôle de sensation...

Posté par Green Fox à 23:31 - Chroniques néphrétiques - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


11 mai 2006

Sarko-Activ

            Un jour de printemps comme les autres, je rumine mon chômage comme 9,1% de mes compatriotes (statistique officielle) lorsque mon poste de télévision, incidemment branché sur la deuxième chaîne, émet le cri habituel des heures de repas. D’abord décidé à le couper pour nourrir mon corps fatigué, je rends grâce au doux sourire d’Elise Lucet et lui laisse le soin d’annoncer une litanie de titres bien préparés. Nous sommes en pleine crise du pouvoir, les députés pondent une sympathique loi pour faire leur petit marché dans l’immigration, et notre bon ministre de l’Intérieur y est allé de son habileté verbale pour relever le débat. A part ça, plus de traces de la Grippe aviaire dans l’actualité, Ribéry frappe toujours aux portes de l’équipe de France, le boom des anti-cholestérols… Tiens ! L’été approche, les bikinis sont prêts à bondir, il est temps de redonner un coup de boost au marché du substitut !

            De nos écrans de télévision aux rayons de nos grandes surfaces, ils ont pris le pouvoir dans l’éructation générale. Il fut un temps ou cholestérol et diabète étaient le problème d’une population limitée, aujourd’hui, les produits de substitution se sont fait outil marketing… Du sucre édulcoré au beurre dégraissé, toute la gamme culinaire se plie au culte de l’apparence, et s’il est dit que le light rendra la ligne perdue, alors permettons nous quelques tranches supplémentaires de ce délicieux Roquefort allégé avant un petit déca au sucre désucrifié (Je prendrais 4 sucres, je peux me permettre maintenant). Quelques statistiques alarmantes, quelques mots qui font peur, un peu de cardio-vasculaire, un peu d’obésité, le tour est joué, les ventes exploseront demain dans tous les bons supermarchés…Ca c’est  fait, alors passons à la politique, tribune ouverte au Nain Colérique qui squatte nos salons depuis quatre ans: Il harangue, il amalgame, il balance à tour de bras dans une embolie de populisme à la Jimmy Le Pen… Quel talent, à boire ses paroles, on croirait qu’il fait ça depuis plus longtemps que le maître. Epatant le Nicolas. Et en plus, il paraît que ça marche contre le fascisme déclaré.

            D’ailleurs regardez, on ne le voit plus, le vieux grognard de l’extrême droite, ou si peu… A croire que même le Villiers lui est passé devant avec ses aéroports islamistes…Le borgne roi des aveugles aurait-il jeté l’éponge ? Que Nenni ! Il se trouve simplement que son succès d’un jour fut la perte de son immunité morale. Il est enfin devenu persona non grata au cœur du paysage politique et s’afficher à proximité de lui est devenu politiquement incorrect. La France devait donc s’en débarrasser. On a imaginé l’ablation, mais les complications auraient été trop nombreuses, on a pensé l’isoler pour le condamner mais le virus est malin. La solution fut tout autre. La France s’est trouvé un fascisme allégé riche en matière autoritaire. Fini le temps de l’antisémitisme lourd et de la Xénophobie primaire…

            

            Aujourd’hui, la discrimination est devenue « canalisation des risques », et la reconduite à la frontière n’est qu’une « évolution négative des compétences personnelles ». D’ailleurs il est bon ton de donner un poste à quelque immigré compétent pour peu qu’il ait dépassé la troisième génération… On appelle ça la « discrimination positive», il paraît que c’est nécessaire pour que les races soient égales entre elles…Et au final, on rappelle aux étrangers qu’ils sont « libres de partir s’ils ne se sentent pas bien en France ». C’est vrai que le light c’est sympa à côté de la matière brute de nos fachos historiques… Allez, reprenons encore un peu de Sarko, on a tellement d’illusions à perdre avant le prochain printemps !

            

Posté par Green Fox à 23:29 - Chroniques néphrétiques - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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