Loukoummania

Il est temps de trouver un sous-titre les copains

20 mai 2009

professeur des écoles, débutant

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Le travail dans tous ses états

Les jeunes professeurs au coeur du malaise

L’enquête. Lancés dans le grand bain en septembre dernier, les professeurs des écoles débutants ont découvert, ces huit derniers mois, le fossé qui sépare le métier rêvé de la réalité.

Bien sûr, Amélie se souvient de cette première journée. Du stress, surtout, sitôt passé le pas de la classe. « Ce qui m’a le plus impressionné, raconte la jeune femme, c’est le regard de tous ces élèves tournés vers moi, ça m’a pétrifié. Et puis, je me suis lancé… » Sans filet. Sans drame non plus. C’était en septembre dernier. Comme plusieurs milliers de néo-enseignants, Amélie, trente-quatre ans, fraîchement sortie de l’institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), découvrait son métier de professeur des écoles avec l’appréhension de la débutante.

Pour elle, ce fut un CE2. Vingt-quatre enfants entre huit et neuf ans, dans une école primaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) classée en « zone violence ». Huit mois ont passé et la fin d’année approche. La voilà assise dans la salle des profs, le visage éclairé d’une belle détermination. Bilan ? « Je ne regrette pas mon choix », dit-elle. Même si cette première année fut pour elle, comme pour de nombreux enseignants néophytes, l’occasion de découvrir ce qui se cache derrière ce fameux « malaise » des profs.

« Nerveusement, c’est épuisant »

« Il faut enseigner pour comprendre ce que l’on vit. » La phrase revient sans cesse dans la bouche des jeunes profs, souvent étonnés du fossé qui sépare le métier rêvé de la réalité des classes. « Il y a un vrai décalage entre l’image du boulot d’enseignant et ce que l’on vit au quotidien, confirme Amélie. Les gens ne se rendent pas compte du travail qu’il faut fournir. »

Car, dès les premiers jours de septembre, une évidence s’impose : à l’école, il n’y a pas que les heures de cours. Surveillance des récréations, gestion des sorties et des entrées en classe, de l’heure d’étude en fin de journée, et, désormais, des deux heures d’aide personnalisée à caser chaque semaine… Un rythme soutenu. « Que ce soit un gamin qui tombe ou une bagarre, nous sommes sur le qui-vive de 8 h 20 jusqu’à parfois 18 heures, résume Anne, vingt-sept ans, une autre prof débutante en Seine-Saint-Denis. Nerveusement, c’est épuisant. Surtout qu’on ne peut pas vraiment se reposer en rentrant chez soi. Il y a les corrections et la préparation des cours du lendemain. »

Selon les statistiques officielles, les enseignants du primaire travaillent en moyenne quarante-deux heures par semaine. Un chiffre qui va bien au-delà pour les débutants, souvent débordés lors des premiers mois d’enseignement. « De septembre à Noël, je me suis régulièrement couchée à 1 heure du matin pour finir mes préparations, confirme Anne. Je n’en pouvais plus. Je me suis finalement astreinte à deux heures de travail maximum chaque soir. Sinon, tu passes ta vie à ça, tu es comme vampirisée par ton boulot et tu ne tiens pas physiquement. »

1 280 euros net par mois

Rares sont les jeunes profs qui s’attendaient à vivre pareille pression. De l’avis général, leur année de formation professionnelle à l’IUFM ne les y prépare pas suffisamment. « L’IUFM, c’est bien pour apprendre à faire des fiches de préparation, résume Amélie. Mais, outre les "stages filés", cela ne répond pas aux questions hyperconcrètes comme la prise en main d’une classe, la pédagogie ou l’organisation de la vie dans une école. Toutes ces habitudes professionnelles, on les apprend sur le tas, on tâtonne. Moi, par exemple, je ne savais même pas qu’il fallait tenir un cahier journal ! »

Pour certains, les débuts sont un véritable saut dans le vide. Titulaire d’un master d’italien, Isabelle n’a pas décroché sa place au concours de professeur des écoles 2008. Mais elle s’est retrouvée sur la fameuse « liste complémentaire », cette réserve d’étudiants recalés, susceptibles d’être appelés à tout moment pour remplacer un professeur absent. « Pour moi, c’était en octobre. On m’a prévenu le vendredi pour le lundi suivant ! On m’a donné l’adresse de l’école, l’horaire d’arrivée et c’est tout. Je ne savais même pas quelle classe j’allais avoir ! Je me suis retrouvée comme ça, devant 25 CE2, sans aucune formation. Heureusement que les collègues étaient sympas… » La jeune femme s’est accrochée, comme beaucoup d’autres. Découvrant, agacée, les limites des manuels scolaires et les indispensables heures de recherche sur Internet, où il faut piocher des idées de « progression » de cours.

Autre mauvaise surprise, la fiche de paie de professeur des écoles : 1 280 euros net à l’échelon 1 ! Et guère plus tout au long de la carrière. « C’est quand même peu lorsque l’on sait que la plupart des professeurs des écoles ont bac+4 », souffle Isabelle. De fait, selon les syndicats, à qualification égale, le salaire moyen d’un enseignant est 30 % moins élevé que celui d’un cadre de la fonction publique. Normal : les enseignants sont, en fait, payés sur dix mois. « On nous parle toujours de nos vacances, mais ces vacances, on se les paye ! » s’agace Isabelle. Un vrai casse-tête pour les profs, notamment en région parisienne. « Avec mes 700 euros de loyer pour un petit deux-pièces à Paris, il ne me reste pas grand-chose », avoue Amélie, notre instit de Bobigny.

Attachement au métier

Et pourtant, pas un des jeunes professeurs rencontrés n’envisage de lâcher prise. Pas question de revenir aussi rapidement sur ce que beaucoup considèrent comme une passion, voire une mission. « Lorsque tu enseignes en ZEP, tu as souvent l’impression d’être le dernier rempart contre la misère culturelle et sociale », souligne Amélie. D’où un attachement particulièrement profond à leur métier. Les deux tiers des enseignants disent d’ailleurs l’exercer par « vocation » et les trois quarts n’aimeraient pas en changer. « Ce n’est pas notre métier qui pose problème, assure Anne, mais la manière dont on le traite. »

À l’évidence, les réformes de Xavier Darcos mêlées au discours gouvernemental de ces dernières années ont laissé des traces dans les écoles primaires. Anne : « On supprime des postes, on vire les réseaux d’aides, on raccourcit la semaine en densifiant la journée, on répète sans arrêt que notre système scolaire est nul… C’est comme si le gouvernement était là pour nous compliquer la tâche et nous enfoncer au lieu de nous soutenir ! » Un sondage CSA pour le SNUipp témoigne parfaitement de ce désarroi. En 2001, les enseignants débutants étaient 59 % à estimer qu’ils exerçaient un métier « plutôt dévalorisé aux yeux de la société ». Une proportion qui a bondi à 82 % en 2007…

Laurent Mouloud L'Humanité 18.05.09

Repères :

- 321 000. C’est le nombre d’enseignants en écoles primaires et maternelles.
- 1 582 euros. C’est le salaire d’un professeur des écoles après deux ans de carrière. Il gagnera 2 900 euros au bout de trente ans d’ancienneté.
- Un quart des professeurs des écoles sont titulaires d’une maîtrise et 15 % ont fait cinq années d’études après le bac.

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18 août 2007

le portable qui tuait les gorilles

Pourquoi il n'y a plus de gorilles dans le Grésivaudan
Le téléphone portable, gadget de destruction massive

On croyait tout savoir sur les nuisances du téléphone portable. On était loin du compte.
A l'échelle planétaire (trafic de déchets électroniques, massacres de populations et d'espèces menacées…), nationale (surveillance électronique, destruction de paysages, bombardement publicitaire…), locale (destruction du Grésivaudan, pollution, pillage des ressources et des fonds publics…) et individuelle (addiction au gadget, effet "bulle", autisme social…), découvrons le fléau universel qu'est le portable.

"Compte tenu du très fort développement prévisible du Centre de Recherche en Nanotechnologies de la zone d'activité des Fontaines et de la Zone Industrielle de Crolles, soutenu localement et nationalement, il est indispensable de compléter de façon urgente sa desserte, pour assurer son accessibilité." (1)

On sait que pour devenir une agglomération de "statut international", une "Silicon Valley à la française", et bientôt un "Pôle de compétitivité", la cuvette grenobloise a sacrifié depuis un siècle ses paysages, son environnement, la santé de ses habitants, la démocratie locale et le contrôle de sa vie. (2)
Livrée au techno-gratin, la ville se consume dans la R&D et la course à la Croissance, dont le dernier avatar sont ces nanotechnologies qui imposent aujourd'hui une nouvelle bretelle d'autoroute. Il faut bien transporter jusqu'à Crolles les produits chimiques stockés à Lancey, sur l'autre rive de l'Isère, et les employés de l'Alliance, contraints de se loger jusqu'à Albertville. Rien que de très conforme au projet de "continuité urbaine de Genève à Valence" prévu par le Schéma directeur pour 2020. On ne fait pas de mégapole sans bretelles d'autoroute, et ce semi-échangeur de Bernin en préfigure bien d'autres, et de plus imposants.

Rappel : Crolles II, ce sont des investissements colossaux (2,8 milliards d'euros dont 543 M€ d'aides publiques), la destruction des terres agricoles du Grésivaudan, le transport et le stockage de produits hautement toxiques, les bouchons sur l'autoroute, la guerre économique contre Chinois et Américains, le pillage des ressources en eau, les contrôles d'identité à l'entrée de l'Alliance, la soumission des chercheurs du CEA aux exigences des industriels STMicroelectronics, Philips et Freescale Semiconductors, la visite régulière des autorités - Chirac, Sarkozy, Devedjian, etc.

LA fierté du techno-gratin.

Pour quoi faire ? Des téléphones portables.

"Allo, c'est moi. J'suis dans le bus.
J'arrive. A tout de suite."

 


Ne souriez pas. Si vous trouvez dérisoire le résultat de ces sacrifices, gaspillages et destructions, c'est que vous n'entendez rien à la réalité économique. Le téléphone portable, c'est une innovation, et comme l'a expliqué Michel Destot, maire de Grenoble, avec l'innovation "apparaît le développement des activités économiques qui génère lui-même des emplois pour l'ensemble de nos concitoyens. Il y a là une véritable mine d'or, prenons-en conscience." (3)

Le téléphone portable génère bien d'autres choses que des emplois et de l'or.
Non seulement il accélère la destruction de la planète, mais il contribue à la technification totale du monde.
Des effets dont jamais les chercheurs du CEA-Léti, sous-traitant de Nokia, ne parlent dans leurs réunions mensuelles à la Fnac, ce débitant de téléphones prétendûment "agitateur d'idées".

I - Il n'y a plus de gorilles au numéro demandé
Le téléphone portable est un concentré de nuisances.

D'abord à cause de sa puce. Eric D. Williams, chercheur à l'université des Nations Unies à Tokyo, a mesuré les éléments nécessaires à la fabrication d'une puce de 2 grammes. Résultat : 1,7 kg d'énergie fossile, 1 m3 d'azote, 72 g de produits chimiques et 32 l. d'eau. Par comparaison, il faut 1,5 tonne d'énergie fossile pour construire une voiture de 750 kg.
Soit un ratio de 2 pour 1, alors qu'il est de 630 pour 1 pour la puce. (4)

A Crolles, l'usine à puces de l'Alliance STMicroelectronics/Freescale/Philips engloutit 700 m3 d'eau par heure, et soumet les pouvoirs publics à ses exigences : 150 000 € d'amende par heure à payer à l'entreprise en cas de défaillance dans la fourniture d'eau, et obligation de doubler prochainement les conduites d'adduction. Si l'Alliance a choisi le Grésivaudan, c'est aussi pour piller ses ressources en eau pure – y compris en période de sécheresse et de canicule.

Crolles II, site Seveso, consomme des produits toxiques comme la phosphine (hydrogène phosphoré), le thilane ou l'arsine (hydrogène et arsenic) : "des gaz de combats", se vantait un salarié de ST lors d'une visite publique. Les produits chimiques sont stockés à des kilomètres du site, notamment à Lancey, et circulent chaque jour dans des camions qui traversent l'agglomération.

Officiellement, en 2002 l'Alliance a rejeté dans l'atmosphère 9 tonnes de NOx, 10270 tonnes de CO2, 40 tonnes de COV (5). C'est déjà énorme. Mais un salarié de l'usine confie, sans vouloir en dire plus, que la teneur en produits polluants des rejets dans l'atmosphère serait faussée par l'utilisation de gaz pulsés. Comment le vérifier ? La direction ne communique pas sur les chiffres.

Ce n'est pas tout.
Autour de sa puce, votre téléphone a besoin de coltan, un minerai résistant à la chaleur. Celui-ci est extrait notamment en République Démocratique du Congo.
Comme les diamants, le coltan a été au centre d’une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de trois millions de personnes dans sept pays. Au Congo, de nombreux enfants sont retirés de l’école pour aller travailler dans les mines de coltan. Le minerai est acheté aux rebelles congolais et à des compagnies minières hors-la-loi par trois sociétés : Cabot Inc. aux Etats-Unis, HC Starc en Allemagne, et Nigncxia en Chine. Ces sociétés transforment le minerai en une poudre qu’elles vendent à Nokia, Motorola, Ericsson, Sony, Siemens et Samsung. (6)

Les mines de coltan sont situées sur le territoire des derniers gorilles des plaines, qui sont la cible des mineurs. Au rythme du saccage actuel, les spécialistes estiment à 10 ou 15 ans maximum l'espérance de survie de l'espèce. (7)

Chaque fois que vous passez un coup de fil sur votre portable, vous jouez avec la santé des habitants du Grésivaudan, avec la vie des Congolais et celle des derniers grands singes de la planète.

"Allo ? Ouais, je suis à la boulangerie.
Une baguette.
Non, je parlais à la dame.
Quoi ? A moins le quart, OK."


Téléphone jetable

"Force est de constater que les Smartphones ont considérablement évolué. L'Orange SPV originel ? Démodé ! Le P800 de Sony Ericsson ? Presque ringard ! Les derniers appareils du genre accueillent volontiers les cartes Flash 64 Mo et embarquent des slots SD qui vous permettront de porter la mémoire totale à 1 Go." (8)

Au-delà du jargon hystérique typique des amateurs de gadgets électroniques, on aura compris l'essentiel : dans leur monde, le danger c'est la ringardise. Il faut changer son téléphone portable ou son "assistant personnel" aussi souvent que l'exigent la mode, le "progrès" et les fabricants. "En moyenne les Japonais changent de mobile tous les douze à dix-mois", indique Yoshimi Ogawa (9), patronne d'Index Corporation, société japonaise qui vend du "contenu" pour portables, et qui a acheté le club de foot grenoblois.

Changer de téléphone signifie jeter son téléphone. Depuis le lancement de ce gadget sur le marché, 500 millions d'exemplaires ont déjà été jetés, grossissant les montagnes de déchets électroniques et électriques (DEEE). Rien qu'en France, nous en produisions 25 kg par personne en 2001, et ce chiffre doit doubler d'ici 2013. "Or, ces déchets sont loin d'être anodins. Ils concentrent un mélange complexe de matières et de composants particulièrement toxiques. Métaux lourds, cadmium, mercure, et plomb en grande quantité : 40 % du plomb trouvé dans les décharges provient de l'électronique de consommation. Les rebuts électroniques et électriques sont pour l'essentiel incinérés avec les déchets ménagers et provoquent ainsi d'importantes émissions de dioxines. Ces substances, ennemies de longue date de l'air, des sols et des nappes phréatiques, menacent également la santé des êtres vivants. Quelques mois suffisent pour qu'un téléphone mobile dernier cri et un ordinateur ultra-performant se métamorphosent en bombes à retardement pour l'environnement."  (10)

Aux apôtres du "recyclage" censé résoudre le problème, précisons la fin de l'histoire : "Plus de la moitié des ordinateurs "recyclés" (NDR : aux Etats-Unis) sont en réalité expédiés en Chine, où des travailleurs médiocrement payés récupèrent les parties jugées intéressantes des appareils (voir www.ban.org). Mais cela se traduit par une sérieuse pollution, en raison des quantités importantes de plastique et de métaux lourds entrant dans la composition des ordinateurs. Les pièces inutiles sont brûlées, provoquant des émanations toxiques, ou abandonnées dans des décharges où l'eau de ruissellement entraîne les polluants dans les nappes phréatiques. Non loin de Hong Kong, dans la ville de Guiyu, spécialisée dans ce "recyclage" particulier, les enquêteurs ont constaté que l'eau n'était plus potable et devait être acheminée par citernes de villes voisines, tandis que les maladies se multiplieraient du fait de la pollution de l'air." (11)

Plus près de nous, à Bourg-Fidèle (Ardennes), l'usine Métal Blanc a été jugée en février 2005 pour la contamination par le plomb et le cadmium du sol, de l'air et de l'eau, avec des conséquences sur la santé d'une quarantaine de personnes (salariés et enfants voisins essentiellement) (12). L'activité de cette usine ? Le recyclage. On voit que les nuisances sont aussi durables que le développement des industries qui les provoquent.

"C'est M. Busy, je serai un peu en retard à notre rendez-vous, installez-vous, j'arrive."

 


Grillades de cerveau

"Rentabilité oblige, les téléphones mobiles ont été mis sur le marché sans que des études préalables de nuisance aient été faites. Autrement dit, les utilisateurs sont les cobayes d'une expérience planétaire dont on ignore encore, faute de recul suffisant, les conséquences sur la santé."
Depuis ce constat de Science et Vie en avril 1999, scientifiques, industriels et gouvernements jouent au ping-pong avec les enquêtes sur la santé des porteurs de mobiles. L'Organisation mondiale de la santé a lancé une étude en 1996, dont on attend les résultats pour 2005 : oui ou non les portables et les antennes-relais sont-ils un danger pour la santé ?

"Les champs électromagnétiques générés par les antennes des téléphones portables provoquent indirectement des ruptures dans les brins d'ADN de cellules humaines et animales. Ils vont même jusqu'à perturber la synthèse de certaines protéines."
Tels sont deux des résultats marquants de l'étude européenne Reflex , dévoilée le 8 décembre dernier par la fondation allemande Verum, basée à Munich. Financée par l'Union européenne ainsi que par les gouvernements suisse et finlandais, elle a mobilisé douze laboratoires pendant quatre ans.

(…) Le Pr Franz Adlkofer, coordinateur du projet et directeur exécutif de la fondation Verum, assène d'ailleurs que l'étude démontre l'existence "d'un mécanisme physiopathologique qui pourrait être à la base du développement de désordres fonctionnels ou de maladies chroniques chez l'animal et chez l'homme". (…) les impacts biologiques observés sur les cellules sont apparus pour des doses d'énergie (...) inférieures au seuil de 2 W/kg actuellement recommandé par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants et repris par la législation française." (13)

"(…) ces ondes électromagnétiques atteignent, à 2 cm de profondeur, la région la plus superficielle -mais aussi la plus sensible- du cerveau : le cortex, ou écorce cérébrale (…), provoquant une élévation de la température du tissu cérébral. "Au niveau du cortex, cette augmentation est d'environ 1ùC", explique Luc Vershaeve, de l'équipe d'Anne-Marie Maes, au Vlaamse Instelling voor Technologish Onderzoek, à Mol (Belgique). Tout se passe exactement comme dans un four à micro-ondes, sauf qu'ici c'est le centre névralgique du corps humain qui subit un échauffement. "Si l'on téléphone régulièrement et pendant de longues périodes il n'est pas impossible que l'effet thermique finisse par léser l'ADN cellulaire et provoquer des tumeurs cancéreuses" précise Luc Verschaeve"  (14)

Les ondes nuisibles pour la vérité

Pourquoi les cobayes humains ne sont-ils pas informés ? Parce que le lobby de la téléphonie mobile ne laisse rien passer, verrouille les résultats négatifs, enfume les autorités sanitaires, attaque en diffamation les citoyens qui expriment leurs inquiétudes (15).

"D'une façon générale, tous les résultats mettant en cause la téléphonie mobile sont systématiquement rejetés par les fabricants de portables. Le Dr Henry Lai qui travallait sous contrat avec Wireless Technology Research (WTR) une société sous la tutelle de fabricants de téléphones mobiles, s'est vu refuser la publication de ses travaux parce qu'ils démentaient le credo des fabricants. (…) "Ils me demandaient d'interpréter différemment mes résultats afin de les rendre plus favorables à la téléphonie mobile", s'insurge le chercheur.

La même mésaventure est arrivée au biologiste américain Ross Adey, qui effectuait une étude pour le compte de Motorola (…). Comme le fabricant refusait d'admettre ses conclusions, à savoir l'effet nocif des ondes électromagnétiques sur des animaux de laboratoire, il a préféré arrêter sa collaboration scientifique. "Tout se passe comme autrefois avec les fabricants de cigarettes, qui refusait de réveler toutes les études montrant les dangers du tabac" proteste Henry Lai." (16)

En France, quatre chercheurs du Comité scientifique sur les champs électromagnétiques ont publié en février 2004 leur livre blanc des incidences de la téléphonie mobile et des antennes relais sur votre santé : "Votre GSM, votre santé : on vous ment !"  (17).
Ces scientifiques, en pointe dans le domaine, avaient été écartés du groupe d'experts consultés par l'AFSSE (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement) en 2003. Leur livre résume ce que les autorités françaises n'ont pas voulu entendre : "Cette publication a été rendue nécessaire en raison des nombreux troubles observés chez les riverains des stations-relais de téléphonie mobile (dont l'installation en France a été particulièrement anarchique) et chez les utilisateurs de téléphones portables. Sont passés en revue les travaux scientifiques mondiaux relatifs à l'exposition des êtres vivants aux ondes de la téléphonie mobile. On peut y constater des effets particulièrement nocifs sur le système nerveux et le métabolisme cellulaire. Les publications officielles françaises, destinées à permettre le développement technologique sans entrave, y sont examinées et critiquées.

Les études épidémiologiques menées un peu partout dans le monde révèlent clairement l'étiologie des nombreux malaises ressentis par les utilisateurs de téléphones portables et les riverains d'antennes relais (insomnies, troubles cardiaques, hypertension, céphalées...) ainsi que l'existence possible d'un lien entre cette exposition et des pathologies lourdes telles des maladies neurodégénératives, certaines formes de cancer…" (18)

Rendons hommage aux rares scientifiques capables de résister, quand les représentants de la téléphonie mobile, eux, évoquent des "symptômes subjectifs" (19) chez leurs clients qui se plaignent.
Les opérateurs, eux, ont été entendus par l'AFSSE lors de la consultation de 2003, affirmant à cette occasion : "Depuis quelques mois, nous assistons à un véritable marché de la peur qui rend malades les personnes fragiles. Ces dernières dorment mal ou ont mal à la tête à force d’être inquiétées par des discours alarmistes."  (20)

J'entends rien !
T'es où ?
Hein ?"


II  - Le triomphe du conformisme

Fin 2004 l'Autorité de régulation des télécommunications recensait 44,55 millions de possesseurs de téléphones portables en France, soit un taux de pénétration de 74 %. (21) "Deux adolescents sur trois entre 12 et 17 ans en possèdent un. Ils sont 91 % entre 18 et 24 ans. Si l'on excepte les personnes âgées et les enfants en bas âge, le marché arrive aux limites de la saturation."  (22)
Pourquoi excepter les enfants en bas âge ? "Rose (pour les filles), bleu (pour les garçons), deux oreilles et, à la place du nez, un gros bouton pour choisir parmi cinq numéros pré-enregistrés : papa, maman, la nounou… BabyMo, "premier téléphone portable entièrement conçu pour l'enfant" cible les 4-10 ans et ne coûte que 1 €… si vous souscrivez pour votre bambin un forfait de deux heures par mois sur une durée d'un an chez Bouygues, Orange ou SFR." (23). "Ces nouvelles générations sont préparées à un monde où les nouvelles technologies seront omniprésentes", explique au Monde 2 Régis Bigot, directeur adjoint du département "Conditions de vie et aspirations des Français" au CREDOC.

Harcèlement publicitaire, appareils à 1 fr. puis 1 €, disparition des cabines téléphoniques, coût exorbitant des appels depuis un fixe vers un mobile et pression sociale ont fait du téléphone portable la technologie au développement le plus rapide de l'histoire. Plus que tous ses prédécesseurs, ce gadget pousse au mimétisme et au conformisme si chers aux marketeurs. "Ne pas céder au portable, c'est ne pas avoir peur d'exister par nous-mêmes, affirme Françoise, 35 ans, libraire dans le Sud-Ouest. J'ai fini par céder à la pression de mon entourage. Ce qui les gênait dans mon attitude, c'était le refus de m'aligner sur le comportement dominant."  (24)

Faites le test. Dites à vos collègues que vous n'avez pas de portable. Hors les exceptions qui chuchotent : "Tu as bien raison, j'aimerais en faire autant", la majorité s'esclaffe : "T'es contre le progrès ? Tu t'éclaires à la bougie ?" ou s'inquiète : "Mais comment tu fais ?"

Si trois Français sur quatre se demandent comment ils ont fait pour se passer de portable jusqu'ici, c'est grâce au bourrage de crâne du marketing et des sociologues des "usages" qui, au "laboratoire d'idées" IDEAs Lab de Minatec par exemple, vendent leur méthode aux marchands de gadgets. (25)

Une méthode efficace, et brevetée : la "Conception Assistée par l'Usage" ("design smart process") a été inventée par un Grenoblois, sociologue et anthropologue de l'innovation au CNRS, Philippe Mallein. En 1999 il a créé sa société, Ad Valor, pour vendre sa méthode. "Celle-ci identifie les usages des technologies avant même la conception de nouveaux produits. Objectif : créer de véritables nouveaux produits, avec de véritables nouveaux usages, et ne pas seulement s'adapter à ce que le marché semble demander." (26)
C'est bien ce qu'il nous semblait. Le "marché" (nous) n'a jamais demandé de téléphone portable. Mais grâce à Mallein, de nouveaux "usages" (besoins en novlangue), ont été créés.
Il faut voir le sourire glorieux de Michel Ida, patron d'IDEA's Lab, quand, dans ses conférences sur les "objets intelligents", il demande au public : "qui a un téléphone portable ?"

Il faut entendre le cynisme de Denis Marsacq, du laboratoire "Sources d'énergie miniatures" du CEA-Grenoble, sous-traitant de Nokia dans la recherche sur les mini-piles à combustible pour portables, lâchant lors d'une conférence à la Fnac : "Bien sûr ces piles coûteront plus cher que le rechargement d'un téléphone sur une prise électrique, mais nous ciblons les adolescents, qui sont immatures et moins rationnels, et nous pensons qu'ils accrocheront au "sans fil" total."

Souvenons-nous : ne pas seulement s'adapter à ce que le marché semble demander.
C'est ainsi que vos collègues s'esclaffent. Et Mallein, le sociologue jaune, de qualifier les drogués de gadgets de "pionniers", et les réfractaires de "conformistes". Orwell nous l'avait bien dit : "La Guerre c'est la Paix – La Liberté c'est l'Esclavage – L'Ignorance c'est la Force".

De même que dans 1984 l'histoire est réécrite chaque jour, on ne saura bientôt plus qu'il existait un temps où l'on ne s'appelait pas pour se dire qu'on arrivait. Comme on ne sait plus aujoud'hui qu'il a existé un temps où l'on ne s'appelait pas du tout. Où l'on frappait à la porte des gens pour leur parler.

"Vi1 2m1 c tro top"

 

Leur soumission hypnotique au marketing conduit les consommateurs à négliger l'essentiel : "Recul sensible des dépenses de nourriture, progrès spectaculaires des achats de loisirs, notamment dans la haute technologie... En quelques années, les habitudes de consommation des Français ont profondément changé (…) Pour continuer à acheter les produits qui les font rêver (…) ils rognent ostensiblement sur les produits alimentaires de marque vendus par la grande distribution et prennent le chemin des magasins de proximité à bas prix, les fameux hard discounters." (27)

Un choix cohérent, puisque les hard discounters regorgent de produits à base d'OGM  (28) : quand on est "techno" on l'est jusqu'à sa sauce barbecue.

En rognant sur leur alimentation, les Français ont permis aux opérateurs de téléphonie mobile d'engranger 16,7 milliards d’euros en 2002, soit l'équivalent du chiffre d'affaire de la construction aéronautique et spatiale. (29) Le constructeur Nokia a réalisé un chiffre d'affaire global de 29,26 milliards d'euros en 2004  (30), et estime que 630 millions de téléphones seront vendus dans le monde en 2005, toutes marques confondues.
Sans parler des "services" annexes : en France en 2004 le chargement de sonneries musicales a rapporté 8,5 M€ aux sites de téléchargement payant, qui tablent sur un marché de 160 à 200 M€ par an (31). Index Corporation réalisait en 2003 un chiffre d'affaires de 150 M€' en vendant ses "contenus" pour téléphones mobiles : sonneries, fonds d'écran, jeux, horoscopes, strip teases, etc.

Soin palliatif

Si ce marché est si porteur, c'est que le rouleau-compresseur marketing a su capter ce qui, dans ce monde high tech et dévoué à la guerre économique, avait été détruit : les rapports sociaux. Il est typique du système de nous vendre, à coup d'innovations, des remèdes aux maux causés par les innovations précédentes. Vous ne parlez plus à vos voisins à cause de la télévision ? Téléphonez-leur !

D'après les opérateurs de téléphonie mobile, le portable serait un objet qui "valorise" ("il véhicule nos signes extérieurs de richesse ou d’originalité"), "rassure" ("tout se passe comme si ce petit objet (…) protégeait d’un monde potentiellement hostile"), "renforce les liens" ("il sert à appeler des personnes que l’on voit tout le temps et qui habitent près de chez soi, et ce, pour des conversations courtes et répétées"), voire "permet de se déclarer". (32)

Les opérateurs ont compris le bénéfice qu'ils pouvaient tirer d'individus dévalorisés, angoissés, incapables de communiquer ou de supporter l'inconnu. Leur argument de vente dessine en négatif la société techno-marchande qui crée ces individus. Pourquoi aurions-nous besoin d'une médiation électronique pour communiquer si ce n'est pour nous adapter à un monde qui atomise chacun de nous et morcelle nos vies ?
Rappel : dans un pays où trois habitants sur quatre sont équipés de l'appareil-qui-renforce-les-liens, 15 000 personnes sont mortes dans l'indifférence générale en trois semaines de canicule. Sans doute ne faisaient-elles pas partie des personnes "qu'on voit tout le temps", et à qui il est urgent de téléphoner pour prévenir qu'on sera en retard.

Supposé renforcer les liens avec les proches,  le portable permet à coup sûr d'éviter le contact avec des inconnus. Voyez ces urbains égarés, accrochés à leur portable pour se faire guider à distance plutôt que de demander leur chemin à des gens. Ou ces zombies en transit rivés à leurs SMS, certains d'éviter ainsi le regard de leurs voisins de bus.

"Selon Béatrice Fracchiolla, sociologue et chercheuse en pointe sur les nouvelles technologies, son usage immodéré (NDR : du portable) sert à combler les temps de déplacements quotidiens qui sont souvent source d'angoisse. "Ce temps passé en transit dans des sortes de "non-lieux" successifs, au milieu d'une foule anonyme, entraîne une perte d'identité", écrit-elle dans la revue Esprit critique, fondée en 1999. (…) La sociologue voit dans le portable (…) autant de tentatives de reconquête par l'humain d'espaces urbains chaotiques. Des moyens d'être mobile, comme autant de "palliatifs au rapport de voisinage qui diminue au fur et à mesure que les villes s'agrandissent et s'étendent, que leurs frontières deviennent de plus en plus délétères."" (33)

"Mais chérie puisque je te dis que je suis à Angoulême ! Bon, je te rappelle."

 


La prothèse crée le handicap

Comme la prothèse qui remplace un membre, le téléphone est supposé réparer artificiellement les dégâts de ce monde-là, qui fait de nous les rouages de la machine à produire et à consommer en masse, à faire la queue au supermarché, au multiplexe, au télésiège, au péage d'autoroute. Sans doute les opérateurs ont-ils raison d'attribuer le succès du portable à la crainte "d'un monde potentiellement hostile" et sans doute ont-ils quelque intérêt à renforcer un peu plus cette hostilité du milieu, à chaque lancement d'un nouveau service ou d'une nouvelle norme de communication sans fil.

Puis, la prothèse se substituant au membre, les machines nous privent de l'usage de nos facultés. Depuis la voiture, les citadins ne savent plus marcher pour les trajets les plus minimes (plus de la moitié des déplacements en voiture concernent des trajets de moins de 3 km), et, se plaignant de l'"épidémie" d'obésité qui les frappe, de la pollution, des morts sur la route, des guerres pour le pétrole, etc, ne songent même plus à retomber sur leurs pieds. Ils ont oublié comment on vivait sans voiture, et cet oubli est une amputation. La prothèse s'est faite handicap.

Observons les utilisateurs de téléphones mobiles : devenus incapables de se repérer dans l'espace et d'être à l'heure à un rendez-vous (parce qu'ils croient pouvoir être partout à la fois ?), incapables même d'imaginer comment faire pour retrouver quelqu'un quelque part sans portable, ils ont en outre perdu la faculté de vivre le présent.
Amputés de leur présence au monde, ils s'envoient des SMS pendant que le train traverse des paysages inconnus.

Non seulement le téléguidage rend le territoire virtuel, mais le bavardage incessant au portable transforme la vie en son commentaire – partagé malgré eux par les voisins du bavard bruyant. Une extraction de la réalité qui culmine avec les fonctions appareil-photo et caméra désormais intégrées à tous les téléphones. L'important n'étant plus ce que l'on est en train de vivre, mais les images qu'on en tire. Même les chanteurs pop s'émeuvent de ces forêts de portables tendus à bout de bras par des spectateurs pressés de les mettre en boîte. "Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation."


"Devine d'où je t'appelle ?"

 


Le portable s'avère l'inverse de ce qu'il prétend être - un outil de communication. Depuis combien de temps n'avez-vous pas eu une conversation non interrompue par une sonnerie ? Conditionnés, nous trouvons ça normal, mais faisons un pas de côté : regardons-nous, la bouche ouverte, stoppés par le réflexe pavlovien de nos interlocuteurs plus pressés de répondre au coup de sonnette que de nous laisser finir notre phrase. On en est là.
L'histoire retiendra peut-être que la civilisation occidentale du XXIe siècle fut celle des "brouilleurs de portables" installés dans les salles de spectacle et de cinéma pour remplacer la faculté d'attention aux autres. Le progrès, sans doute.

Enchaînés par le sans-fil

Devenus accros à ce gadget comme les fumeurs à leur tabac, les bébés à leur tétine (comme celle-ci on porte son portable autour du cou) et les déprimés à leurs anxiolitiques, les propriétaires de portables passent leur temps à vérifier qu'ils n'ont pas oublié leur téléphone, que celui-ci est bien chargé, qu'ils n'ont pas reçu de nouveaux messages, etc, et ajoutent à l'hostilité perçue du monde un motif d'angoisse supplémentaire : le risque de se faire voler leur appareil (la hausse des chiffres de la délinquance doit beaucoup aux vols de portables). "On déclare d’ailleurs retourner plus volontiers chez soi pour récupérer son portable plutôt que ses papiers en cas d’oubli."  (34)

Voilà le sans-fil sous son vrai jour de fil à la patte supplémentaire. Voilà l'autonomie de l'individu un peu plus cabossée par une prothèse techno qui dispense de trouver en soi les ressources pour se démêler des aléas du quotidien. Voilà achevée la couverture totale du territoire, jusqu'aux sommets de montagnes, devenus des squares où il n'y a qu'à sonner pour être secouru en hélico.
Voilà enfin effacée la frontière entre vie privée et vie publique, mêlées dans la même obsession du contact permanent. Les entreprises ont bien compris l'intérêt de ce boulet aux pieds de leurs employés. Désormais joignables tout le temps, ceux-ci n'ont plus d'excuses pour ne pas se consacrer entièrement à leur tâche. Voyages en train, embouteillages, files d'attente, pauses : tout ce temps doit être rentabilisé en gardant le contact avec le bureau. Vitesse, rentabilité, flexibilité, le portable est l'outil idéal du business : les entreprises le considèrent comme le deuxième moyen de communication facteur de productivité. (35)

Une récente publicité rappelle ce que nous avons perdu, sur fond de paysage sauvage : "Allez où votre portable ne passe pas." Pour nous fourguer… un 4x4.
Le téléphone mobile n'est pas seulement un gadget polluant : il façonne le monde, "révolutionne notre quotidien" comme disent les chercheurs et les industriels, sans que jamais nous ne l'ayons choisi. Et ce techno-totalitarisme s'impose à tous, gogos et réfractaires, qu'on le veuille ou non. Contrairement aux niaiseries lâchées par les employés du CEA, nous n'avons pas le choix d'avoir un portable ou pas, si nous voulons encore faire partie de la société. A un postulant pour un job de manutentionnaire, la responsable d'une agence d'intérim grenobloise : "Vous n'avez pas de portable ? Mais ça va pas être possible !"


"Allo, j'suis dans le rayon, là. Je prends quoi comme café, en poudre ou en grain ?"

 


III - Filez droit, vous êtes tracés

Derrière le joujou high tech se cache un super-traceur d'individus, exact opposé de la liberté promise par les vendeurs de portables et du "nomadisme" frelaté vanté par le faisan Attali. Quelle est cette liberté qui nous attache à une laisse électronique, à un objet dont la présence dans notre poche suffit à nous localiser partout ? En France 35 000 antennes-relais maillent le territoire et enregistrent les signaux émis par les GSM, tandis que les factures détaillées des opérateurs reconstituent l'intégralité de nos appels. Preuve de la fiabilité du système : "Le portable en dit tant sur la localisation et les fréquentations des suspects qu'il est devenu un outil indispensable pour la police (…) Qu'il s'agisse de déterminer un emploi du temps, un itinéraire ou un réseau de relations, l'étude des appels téléphoniques fixes et mobiles ­ est devenue "un recours quasi systématique", selon un magistrat."  (36)

Pas besoin d'être un criminel pour être cyber-fliqué. Les journalistes de l'Equipe l'ont compris quand une juge s'intéressant à leurs sources – que la loi leur permet de protéger – a fait appel à la technologie. "Tout ce que vous allez dire au téléphone pourra être retenu contre vous. Tel est le message que la Justice vient de délivrer à la presse (…). Il suffit que la police le demande pour que les opérateurs fournissent la liste des appels reçus et envoyés pendant une période donnée. Si les textes (NDR : législatifs) permettent aux journalistes de garder le silence, rien n'empêche de faire parler la technologie à leur place. C'est ce qu'on appelle une avancée pour la liberté de la presse."  (37)

Les lycéens qui ont manifesté contre la loi Fillon au printemps dernier ont aussi fait les frais de leurs portables, mis sur écoute très facilement. "Le réseau GSM est précieux pour les micros espions. Il suffit d'une puce téléphonique ­ - la carte SIM - ­ et d'un peu de technique pour permettre à un micro espion de fonctionner sur le réseau du portable. Les enquêteurs peuvent donc l'écouter en toute légalité en composant un simple numéro téléphonique et profiter ainsi d'une meilleure couverture qu'un micro classique."  (38)

L'intégration de la géolocalisation (GPS) dans les portables permet désormais le suivi de tous par tous. L'opérateur japonais NTTDoCoMo a créé le premier téléphone espion, avec un service de localisation des porteurs depuis un ordinateur ou un autre portable. "Idéal pour  repérer les membres de la famille tels que les enfants ou les personnes âgées", vend NTT.
Idéal aussi pour le harcèlement publicitaire : une boutique peut repérer des passants à proximité et leur envoyer une offre sur leur téléphone, avec le plan du quartier. La société française Watisit propose ainsi un système d'"hyperlocalisation", Wherisit, "permettant d'orienter par SMS les cibles vers les distributeurs les plus proches."

"S'appuyant sur l'omniprésence du téléphone mobile dans notre quotidien, Watisit renforce l'attractivité des supports de communication et facilite les réactions d'intérêt des personnes touchées par les campagnes."  (39)

La traçabilité du cheptel humain est un des marchés d'avenir pour l'industrie électronique. Puces, RFID (système d'identification à distance par radio-fréquence), implants sous-cutanés, données biométriques : la technologie permet de nous suivre, nous identifier, nous ficher, nous contrôler. Il faut juste nous faire accepter cette nouvelle condition d'hommes soumis. Le téléphone portable et ses gadgets ludiques sont parfaits pour ça. Ils nous conditionnent à l'idée d'être tracés, et nous préparent à la domestication totale. Les industriels qui ne s'embarrassent pas de fioritures l'ont expliqué dans un programme d'action publié en 2004 par le GIXEL (Groupement des industries de l'interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques) : "La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.

Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes:
• Education dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants.
• Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo
• Développer les services ´"cardless" à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l’accès Internet…" (40)

 

Vous avez gobé le portable ? Vous avalerez les contrôles biométriques.

Si nous voulons vraiment préserver ce qui reste de notre environnement, nous affranchir de la marchandise, briser les paillasses de ce monde-laboratoire, résister au techno-contrôle : refusons le téléphone portable.

Grenoble, 8 juin 2005
www.piecesetmaindoeuvre.com
(La 1° partie est lisible - en fac simile - dans le N° d'octobre 2005 de la revue Silence)

------------------------------
NOTES
1 - Enquête publique création du semi-échangeur "Crolles  II", avril 2005
2 - cf "Croissance à la grenobloise – Comment on nous détruit" sur www.piecesetmaindoeuvre.com
3 - In L'espace alpin et la modernité, bilan et perspectives au tournant du siècle, sous la direction de Daniel J. Grange, PUG 2002
4 - Libération 21/11/02
5 - d'après le "Bilan de l'environnement industriel en Rhône-Alpes" de la DRIRE
6 - source COLTAN
7 - Sciences et Avenir, juin 2004
8 - Stuff, février 2005
9  - Le Journal du Net, 27/01/04
10  - Le Figaro Magazine 7/07/01
11 - Le Monde 17/04/02
12 - Le Monde 23/02/05
13 - 01net, 14/01/2005 - http://www.01net.com
14 - Science et Vie, avril 1999
15 - cf affaire d'Etienne Cendrier à Paris, 2003
16 - Science et Vie, avril 1999
17 - R. Gautier, P. Le Ruz, D. Oberhausen, R. Santini - Editions Marco Pietteur
18 - cf http://csifcem.free.fr
19 - Association française des opérateurs de téléphonie mobile : www.afom.fr
20 - Extrait des auditions des opérateurs de téléphonie mobile par l'AFSSE, 10/01/03 – www.afsse.fr
21 - Le Monde, 27/01/05
22 - Le Monde 2, 19/02/05
23 - Télérama 16/02/05
24 - Le Monde 2, 19/02/05
25 - cf Aujourd'hui le Nanomonde nù3, www.piecesetmaindoeuvre.com
26 - 01 Informatique, 22/11/02
27 - Le Parisien, 14/01/05
28 - cf  www.greenpeace.fr
29 - www.afom.fr
30 - Le Monde, 28/01/05
31 - Libération, 5-6/02/05
32 - www.afom.fr
33 - Le Monde 2, 19/02/05
34 - www.afom.fr
35 - id.
36 - Libération 4/12/04
37 - Télérama, 26/01/05
38 - Libération 4/12/04
39 - www.watisit.com
40 - www.gixel.fr DESSIN DE LOIK FAUJOUR

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06 juillet 2007

les ogres vs la mairie d'Oyonnax

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11 juin 2007

rsf et le festival de cannes

Reporters sans frontières, en partenariat avec le Festival de Cannes, a publié un album consacré à l’un des rendez-vous incontournables du 7e Art.

" Le Festival est un no man’s land apolitique, un microcosme de ce que serait le monde si les hommes pouvaient prendre des contacts directs et parler la même langue. " Jean Cocteau

Nous avons choisi, en remontant le fil du temps, de vous faire partager 100 moments qui sont déjà du cinéma. Instants volés, stars et tapis rouge, glamour et émotion. Depuis 60 ans, les photographes du monde entier ont immortalisé les plus beaux instants de cet événement international qui fait la joie des cinéphiles mais aussi de tous ceux que le glamour et les paillettes font rêver.

Réalisé en collaboration avec Jean-Pierre Lavoignat, longtemps directeur de Studio Magazine, ce recueil présentera des images choisies parmi les archives des plus grandes agences et des meilleurs photographes qui ont couvert le festival (collection Traverso, Mirkine, Daniel Angeli, Emmanuele Scorcelletti (Gamma), les archives de Studio Magazine, etc. ).

Les bénéfices de la vente de ce magazine sont intégralement reversés à l’organisation pour mener des actions concrètes en faveur de la liberté de la presse : assistance aux journalistes et à leurs familles souvent démunies ainsi qu’aux médias en difficulté, investigations sur le terrain afin de déterminer les responsabilités dans les cas d’assassinat, financement de frais d’avocats lors de procès de presse, accueil de journalistes contraints de fuir leur pays, etc.

Disponible chez tous les marchands de journaux, dans les Fnac, les librairies, chez France Loisirs et dans les grandes surfaces. 8,90 euros seulement.

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06 mai 2007

de la honte d'être français

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28 janvier 2007

5 minutes de répit pour la planète

5 minutes de répit pour la planète

5 minutes de répit pour la planète
Le 1er février 2007, dans toute la France :

Participez à la plus grande mobilisation
des citoyens contre le Changement Climatique !


L'Alliance pour la Planète lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00. Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.

Pourquoi le 1er février ? Car le lendemain sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC) des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale.

Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l'élection présidentielle!

Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites le également apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters.

Contact/ information : Cyrielle, Les Amis de la Terre : 01 48 51 18 95.

Lire l'article complet sur le site des Amis de la Terre

        1er février 2007,
Par Cyrielle Den Hartigh

L’Alliance pour la Planète (groupement national d’associations environnementales) lance 5 minutes de répit pour la planète, un appel simple à l’attention de tous les citoyens : le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00, éteignez veilles et lumières.

Il ne s’agit pas d’économiser 5 minutes d’électricité uniquement ce jour-là, mais d’attirer l’attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d’énergie et l’urgence de passer à l’action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.

Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l’urgence de la situation climatique mondiale.

Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l’élection présidentielle !

Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites le également apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters.

Les rassemblements :

• A Paris, un rassemblement est prévu sous la Tour Eiffel, alors que celle-ci éteindra tous ses feux pour l’occasion.

• Des citoyens de Toulouse se donnent rendez-vous place du Capitole à Toulouse, lundi 29 janvier à 18 h 30 pour annoncer l’action des 5 minutes de répit pour la planète. Apportez vos bougies... Renseignements : Daniel Roussée 06 61 97 83 28

• Des citoyens de Marseille se rassemblent sur le cours Etienne D’orves le jeudi 1er à partir de 19h30 pour voir les bars s’éteindre à 19h55 ! Pour info, voir le blog http://autremarseille.over-blog.com

• Pour tous ceux qui souhaitent suivre l’action à Nice et en faire la promotion, un rassemblement est organisé sur la promenade des anglais à partir de 19h le 1er février à l’initiative de particuliers. Le point de contact est ici : http://www.cyberacteurs.org/forum/viewforum.php ?f=27

Contact :
Cyrielle den Hartigh, Les Amis de la Terre :
Tél : 01 48 51 18 95


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23 janvier 2007

triste 22

SGE

"sa mort me fait plus de mal que la morsure du froid"
anonyme sans domicile fixe, 22 janvier 2007

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16 juin 2006

mort de raymond devos

         
L'humoriste Raymond Devos, jongleur de mots et comique de l'absurde, qui s'était imposé comme l'un des plus subtils manipulateurs de la langue française, est mort jeudi à l'âge de 83 ans dans sa maison de Saint Rémy-les-Chevreuse, dans la banlieue de Paris.

Sa carrière est un immense jeu de mots. Il s'était inventé un style où images, malentendus, homonymies et figures de style se télescopaient pour débusquer l'absurde et susciter le rire.             

Sa vocation était née sur la côte, un jour de tempête alors qu'il avait déjà 33 ans et voulait être comédien. "Vous ne pouvez pas voir la mer, elle est démontée", lui avait dit un serveur. "Et vous la remontez quand", avait-il répondu. Et hop, son destin était tracé, la mer démontée allait devenir un sketch, suivie du "train pour Caen (pour quand?)", de "la crise de foi (de foie?)", "je hais les haies", etc.

            

Il n'a ensuite pas dévié de son chemin. Roi du one-man-show, dont il était à la fois auteur, metteur en scène, acteur, musicien, il jouait les bateleurs et les acrobates en dépit de (ou grâce à) un physique très enveloppé dont il se moquait lui-même: "Vous avez remarqué qu'on dit +un bon gros+ et jamais +un bon maigre+ ?"           

Il a tenu la scène pendant plusieurs décennies, puisant avec une inépuisable imagination dans les surprises du quotidien.      

La fin de sa vie a été bousculée par une attaque cérébrale qui l'avait beaucoup diminué et par des querelles entre une supposée compagne et sa famille qui se sont déchirées jusqu'au tribunal. Il est mort entouré du petit cercle de ses proches, sa soeur, ses deux neveux et son secrétaire qui était aussi devenu son curateur.

            

Raymond Devos, bien que né à Mouscron (Belgique), en 1922, était de nationalité française. Il n'avait que deux ans quand il est arrivé en France, d'abord à Tourcoing puis dans la région parisienne et a quitté l'école assez vite pour devenir apprenti tailleur.

Il est déporté en Allemagne au titre du STO (Service du travail obligatoire), et à son retour décide de devenir comédien. A la Libération, il s'inscrit dans un cours de théâtre et galère un peu, se produisant notamment dans un cabaret de Pigalle entre deux numéros de strip-tease.             

Après "la mer démontée", le succès ne va plus le quitter. Le ciseleur des mots accumule les distinctions à partir des années 1980 et siège plusieurs années au Conseil supérieur de la langue française. A 70 ans, il accepte de publier ses textes, notamment dans "Matière à rire".

L'annonce de sa mort a suscité de nombreuses réactions, du monde politique ou du milieu du spectacle, qui toutes utilisent les mêmes mots de "magicien", "jongleur", parlent d'"absurde" et de "jubilation" et le disent irremplaçable.             

Le président Jacques Chirac a salué l'"irrésistible funambule des mots", le Premier ministre Dominique de Villepin "un authentique poète" et le maire de Paris, Bertrand Delanoë un "formidable clown de la syntaxe".

Irremplaçable sans doute, indémodable heureusement, inimitable évidemment, Raymond Devos qui s'interrogeait sans cesse sur le sens des mots est entré dans les programmes scolaires de langue française, du primaire au lycée. Et son nom a été donné à plusieurs établissements scolaires.

Un hommage lui a été rendu jeudi à Toulouse où s'ouvrait "le Marathon des mots".

orange.fr

Je vous fais profiter de Sens Dessus Dessous, texte qui m'avait fait découvrir Devos quand j'étais au collège. Ma mère est sans doute une de ses plus grandes fans.

Actuellement,
mon immeuble est sens dessus dessous.

Tous les locataires du dessous

voudraient habiter au-dessus!

Tout cela parce que le locataire

qui est au-dessus

est allé raconter par en dessous

que l'air que l'on respirait à l’étage au-dessus

était meilleur que celui que l'on respirait
à l’étage en dessous!
Alors, le locataire qui est en dessous
a tendance à envier celui qui est au-dessus
et à mépriser celui qui est en dessous.
Moi, je suis au-dessus de ça!

Si je méprise celui qui est en dessous,
ce n'est pas parce qu'il est en dessous,
c'est parce qu'il convoite l'appartement
qui est au-dessus, le mien!

Remarquez . . . moi, je lui céderais bien

mon appartement à celui du dessous
à condition d'obtenir celui du dessus!
Mais je ne compte pas trop dessus.
D'abord parce que je n'ai pas de sous!
Ensuite, au-dessus de celui qui est au-dessus,
il n'y a plus d'appartement!
Alors, le locataire du dessous
qui monterait au-dessus
obligerait celui du dessus
à redescendre en dessous.
Or, je sais que celui du dessus n'y tient pas!
D'autant que, comme la femme du dessous

est tombée amoureuse de celui du dessus,
celui du dessus n'a aucun intérêt à ce que
le mari de la femme du dessous

monte au-dessus!

Alors, là-dessus ...

quelqu'un est-il allé raconter à celui du dessous

qu'il avait vu sa femme bras dessus,
bras dessous avec celui du dessus?
Toujours est-il que celui du dessous
l'a su!Et un jour que le femme du dessous
était allée rejoindre celui du dessus,

comme elle retirait ses dessous ...

et lui, ses dessus ...
soi-disant parce qu'il avait trop chaud en dessous ...
Je l'ai su .. parce que d'en dessous,
on entend tout ce qui se passe au-dessus ...
Bref! Celui du dessous leur est tombé dessus!
Comme ils étaient tous les deux soûls,
ils se sont tapés dessus!
Finalement, c'est celui du dessous
qui a eu le dessus!

 
Raymond Devos

         

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09 juin 2006

10 ans de nez rouges

affiche_nez_rouge


http://www.les-nez-rouges.fr/jnr-campagne.asp


http://www.les-nez-rouges.fr/FMO-nez-rouge-2006.mpg


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04 juin 2006

100 photos de foot pour la liberté de la presse

zizou



À la veille du Mondial 2006, 120 journalistes et photographes de l’AFP s’apprêtent à rejoindre les stades allemands pour couvrir ce qui constitue le plus grand événement sportif au monde.

L’Agence France-Presse (AFP) s’est associée à Reporters sans frontières pour montrer la puissance de cette ferveur planétaire. Une passion qui s’exprime aussi bien sur le terrain que dans les tribunes, chez les supporters chantant à la gloire de leur équipe que chez les joueurs qui laissent exploser leur joie ou leur colère.

Après le Tour de France cycliste en 2005, Reporters sans frontières a publié, le 1er juin 2006, un album consacré au football. Composé de plus de 100 images en couleurs de l’AFP, cet ouvrage s’adresse aux amateurs de photographie et aux amoureux du ballon rond, à celles et ceux dont le cœur va battre au rythme des rencontres de la Coupe du monde.

En parcourant ces pages, les lecteurs y trouveront certainement les raisons qui leur font aimer le foot et vibrer intensément.

 

Vendu 8,90 euros, l’intégralité des bénéfices de la vente de cet ouvrage est reversée à Reporters sans frontières, permettant ainsi à notre organisation de mener son combat quotidien en faveur de la liberté de la presse.

 

Avec 63 journalistes tués, l’année 2005 a été la plus meurtrière de la décennie. Face à ce triste constat, Reporters sans frontières dénonce sans relâche les ennemis de la liberté de la presse et soutient financièrement les familles des journalistes tués ou emprisonnés.

 

Cet album sera distribué en France, en Belgique et en Suisse. Une version internationale sera également vendue en Espagne, en Grande-Bretagne et en Italie.

Michel Platini s’est mobilisé en signant la préface de cet ouvrage.

Alors si vous avez un papa footeux, pensez à lui pour la fête des pères. C'est bô. C'est foot. C'est pas cher. Et ça aide ! Ci-dessous quelques extraits :) Et pour ceux qui sont pas footeux restent tous les autres albums dont celui de Gilles Caron dont nous parlions il y a quelques temps.

 

foot114_bd


foot125_bd


foot152_bd

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