02 juin 2008
sex and the city
Quand la série culte passe sur grand écran, on craint le pire. Et nous voilà trois donzelles, samedi soir, paquets de mouchoirs à la main, fin prêtes pour ce film tant attendu. Résultat ? Pas déçue du tout. Oui, il y a eu beaucoup de larmes versées. Le film reprend trois ans après la fin de série, on reprend les histoires de chaque héroïne à peu près là où on les a laissées et on parcourt quelques mois de leurs vies, au fil de leurs joies et de leurs peines. Les principaux ressorts de la série sont bien présents. Egales à elles-mêmes, ces quatre filles (célibataires ?), nous font tour à tour fondre en larmes et exploser de rire. Le film est cependant moins "trash" que la série et plus "grand public". Mais tout bon fan de la série peut y aller sans crainte. Je vous mets les critiques de filmdeculte.com et telerama ci-dessous et bien sûr, quelques images :)
Après trois livres et trois ans, Carrie nage toujours dans le bonheur avec Big, tout comme Charlotte avec Harry et leur fillette adoptée, tandis que Miranda vit toujours à Brooklyn avec Steve et Brady et que Samantha est partie à Los Angeles pour la carrière de Jerry. Les quatre amies vont se retrouver tout au long d'une année pour partager joies, peines et petits secrets coquins...
THERE WILL BE SHOES
Tout est là : New York, les tenues de couturiers, les chaussures, les jeux de mots et autres blagues salaces, les joies, les drames, l’amitié et, surtout, l’amour. L’essence de la série est présent à chaque seconde du long métrage et quatre ans après son arrêt, tout le monde retrouve sa place comme s’il l’avait quitté la veille : les actrices, toujours au diapason, à la fois chacune avec son personnage et entre elles; les spectateurs (ou plutôt spectatrices) de même, qui répondent présentes comme pour renfiler une élégante paire de chaussures laissées dans un coin de placard, sachant que la douleur qu’elle peuvent provoquer est moindre comparé au plaisir de les porter. Les auteurs également n’ont pas perdu leur savoir-faire, eux qui sur six saisons ont su distiller bien plus d’émotions que l’on ne pourrait le croire, créant une série “pour filles” plus proche du conte de fées version XXe siècle que de la réalité et pourtant empreinte de sentiments tout ce qu’il a de plus tangibles, n’hésitant pas à interrompre les pérégrinations pretty womanesques des girls avec un décès, une fausse-couche ou un cancer, le tout sans couture apparente ou presque. Le double texte est clairement présent ici : Carrie et ses amies apprennent à ne pas juger les gens, leur coller une étiquette trop hâtivement et passer à côté du bonheur en laissant la colère et le chagrin ruiner le pardon et l’espoir ; de même, la série a toujours été bien vite cataloguée par ses détracteurs comme superficielle, féministe, trop girly, nunuche. C’est bien mal la connaître.
CHOOSE LOVE, CHOOSE LIFE
Carrie Bradshaw est un écrivain à succès, qui sait se poser les
bonnes questions quant à ces fameux “jeux de l’amour” ; quand il s’agit
de son travail, elle a un recul certain sur les petits et gros
événements qui parcourent sa vie et celles de ses amies. Mais
psychologiquement, Carrie est une princesse Disney, une vraie
Cendrillon qui cherche la chaussure parfaite et le prince charmant qui
va avec, quitte à en essayer plusieurs avant d’arrêter son choix. Sex and the city
a brisé les tabous liés à la sexualité féminine et prouve que l’on peut
être une femme normale, avoir une carrière, des enfants et également
plusieurs partenaires et expériences sexuelles, bref, que l’on peut
appeler une chatte une chatte. Elle a créé un monde dans lequel les
petites filles peuvent dire le mot “sexe” sans que ce ne soit une
affaire d’état et dans lequel le féminisme “à la maman” est bel et bien
dépassé. Ce nouveau féminisme célèbre le droit d’aimer, le droit de
choisir, le droit de croire aux contes de fées. Ainsi, Carrie a vécu
son enfance new-yorkaise comme un rêve, le placard rempli de robes très
chères avec lesquelles se déguiser et sous une pluie d’invitations à
des soirées remplies de princes potentiels. Quand elle trouve enfin
chaussure à son pied, il ne sortira pas de son fantasme à elle en lui
offrant un penthouse-château avec vue sur Manhattan et dressing ultime.
NO COUNTRY FOR OLD CLOTHES
La relation est biaisée d’avance et c’est finalement en toute logique, après une adolescence littéralement sombre de quelques mois, que Carrie réalisera que tout tourne toujours autour d’elle et elle seule. Un reproche que l’on peut adresser à la série, qui n’est pourtant pas toujours tendre avec son héroïne en la rendant un peu trop égocentrique, hystérique et agaçante, que le procédé intradiégétique n’excuse pas totalement. Et pourtant, ses trois amies sont bel et bien là et il serait faux de dire qu’elles sont sous-traitées - ça, c’est le cas des personnages plus secondaires qui font plutôt du remplissage de scènes -, chacune ayant sa propre personnalité, sa propre vie, et ayant eu son propre chemin en trois ans d’absence. Deux d’entre elles devront même faire un énorme choix face à leurs problèmes, et chacune restera incroyablement fidèle à elle-même. Toutes arriveront à maturité, Carrie avouant vivre maintenant dans un appartement d’adulte, y compris la série elle-même. Le film est sans aucun doute le résultat de six ans de froufrouteries qui ont ensuite pris la poussière pendant quatre ans; quand il est temps de les ressortir, on trie ce qu’on garde (ce qui nous définit, comme un tutu, LE tutu), ce qu’on jette (ce qui ne nous correspond plus, comme un téléphone rose pailleté et rafistolé) - et dont le remplacement pourra être un signifiant de notre évolution - , et ce qu’on ne sait pas trop alors on en garde juste des bribes (une touche de culcul et un certain manque de subtilité). Mais l’essentiel n’a jamais été remis en question : ces quatre filles, devenues enfin femmes, s’aiment, et l’amour sous toutes ses formes reste la meilleure valeur prônée par Sex and the City.
par Marlène Weil-Masson filmdeculte.com
Qui ne connaît pas encore Carrie, Samantha,
Charlotte et Miranda ? Le piquant quatuor de copines new-yorkaises,
croqueuses d'hommes, pétroleuses, ultra fashion mais surtout pas
victimes, a électrisé le petit écran jusqu'en 2004. Luxe, provoc et
volupté, le temps de six saisons toutes en situations et confidences
aussi crues qu'un carpaccio chez Pastis, sur la 9e Avenue, le
bar-restau branché préféré des trentenaires libérées.
Atout majeur du programme créé en 1998 par Darren Star pour HBO, le
charme effronté des quatre mousquetaires en talons aiguilles revient
cette fois sur grand écran. Une suite très attendue, qui a sans doute
donné du fil à retordre au réalisateur-scénariste Michael Patrick King,
puisque la série se clôturait sur un vrai happy end amoureux pour
chacune des célibattantes.
Comment faire une comédie sentimentale avec des héroïnes déjà casées,
voire mères de famille (Charlotte et Miranda) ? En brouillant de
nouveau les cartes du tendre, sur l'air connu de l'usure du couple ou
de la peur de l'engagement. Multipliés par quatre (avec, en vedette,
les amours tumultueuses de l'attachante Sarah Jessica Parker avec son
Mr Big), lesdits rebondissements concentrent ici la matière de trois ou
quatre épisodes bien fournis.
Cette version cinéma paraît certes un brin édulcorée par rapport à la
série d'origine. Les anecdotes sexuelles les plus drôles, les plus
osées (expériences SM ou bisexuelles et autres godemichés en forme de
lapin évoqués dans la série), ont été soigneusement zappées, pour
attirer un public plus large. Malgré ces concessions, les quatre de New
York conservent aussi bien leur fabuleuse garde-robe que leur verve
légendaire (voir les mérites comparés du mariage et du Botox, version
Samantha). Moins salé, mais toujours savoureux.
Cécile Mury
Télérama, Samedi 31 mai 2008
09 septembre 2007
sicko
Après Bowling for Columbine, et Fahrenheit 9/11, ses deux précédents documentaires, Michael Moore s'attaque au système de santé américain où règnent en maîtres les assurances privées et leurs comptes en banque florissants.
Mais à force, on commence à le connaître le bougre. C'est juste un fana de polémique. Et les méthodes sont habituelles, on appuie là où ça fait mal et la recherche documentaire n'est pas là pour faire dans la demi-mesure, il faut faire passer le message, à grands coups d'exemples sur lesquels tout le monde s'accorde à trouver le système juste monstrueux. Ensuite vient la comparaison avec le Canada, la Grande-Bretagne et la France où existe une véritable sécurité sociale et qui sont présentés comme de purs paradis sur Terre.
Micheal Moore nous tire successivement les larmes et les rires dans ce simili-documentaire polémico-politique où les vérités sont parfois tirées par les cheveux même si au final on peut considérer ce film comme une oeuvre d'utilité publique. Et l'utilité pour les Américains, ce sera peut-être la prise de conscience qu'il est possible de ne pas laisser mourir son prochain dans la plus parfaite indifférence ; pour les Français, de se rappeler de l'intérêt de la sécurité sociale et de rester vigilants sur les vagues successives de déremboursements de ces dernières années.
C'est drôle, sympa, utile, instructif et terriblement polémique mais aussi terriblement bien ! A voir ! Absolument !!!
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Le système de santé américain est en plein marasme. Car non seulement 47 millions de citoyens n'ont aucune couverture médicale, mais des millions d'autres, pourtant bénéficiaires d'une mutuelle, se heurtent systématiquement aux lourdeurs administratives du système. Au terme d'une enquête sans concession sur le système de santé dans son propre pays, Michael Moore nous offre un tour d'horizon des dispositifs existants au Canada, en Grande-Bretagne et en France, où les citoyens sont soignés gratuitement.
CARTE VITALE

Michael Moore reprend le combat au cinéma. Le poil à gratter éternel du cinéma américain et ennemi médiatique public numéro 1 de l’administration Bush depuis Fahrenheit 9/11 s’attaque cette fois aux dérives du système de santé américain. Sicko est en effet centré sur les ravages causés aux tiers par le système d’assurance mis en place aux Etats-Unis. Le début de ce nouveau documentaire enragé est à ce titre exemplaire. Michael Moore montre l’inhumanité des pratiques en vigueur. Les assureurs, soucieux de la rentabilité, cherchent le moindre détail médical pour ne pas rembourser les frais engagés par les patients américains. De cela découle une absurdité absolue: la mise en faillite des personnes incapables de payer a posteriori les opérations médicales. Toujours aussi fort en gueule même s’il est moins présent à l’écran dans la première partie du métrage que dans ses précédents films, Michael Moore joue de l’ironie pour mieux démontrer l’horreur capitaliste. Les exemples sont édifiants, certes, mais certains témoignages font véritablement froid dans le dos, surtout quand ils sont rapportés par les assureurs en question et non des victimes du système.
MOORE ULTIMATUM

Sicko est beaucoup moins pertinent dans sa seconde partie. Pour
mieux illustrer l’iniquité libérale de son pays, Michael Moore promène
ses guêtres en Europe, notamment en Angleterre et en France. Si prendre
pour exemple Paris et une famille de bobos a de quoi faire sourire le
spectateur lambda, la description angélique de notre système de santé
est plus gênante. Sur le fond, bien sûr, impossible de ne pas être en
accord avec l’homme de Flint et de fustiger les radicales méthodes
américaines, mais à trop enfoncer les portes ouvertes et surtout
négliger les défauts, il fausse la perception sur l’ensemble de sa
réflexion. Les détracteurs de son travail seront ravis de l’aubaine…
L’épisode final, à Cuba, met tout aussi mal à l’aise. Emmener des
anciens pompiers du 11 septembre laissés pour compte par le système de
santé américain à Guantanamo, prison regroupant les ‘terroristes’,
témoigne d’une certaine audace frondeuse et salutaire. Les faire
soigner ensuite dans un hôpital local est d’une hypocrisie sans borne.
Comment peut-il ignorer son instrumentalisation par la dictature de
Fidel Castro, ravie d’une telle aubaine médiatique? Gageons qu'il
revienne à des considérations moins idéologiques dans ses prochains
travaux.
Filmdeculte
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Faute de pouvoir s’offrir l’hosto, un Américain bricolo rafistole lui-même son genou, méchamment charcuté... Un autre se retrouve avec deux doigts raccourcis par une scie circulaire et ne récupère que le bout de son annulaire : faire recoudre le majeur lui aurait coûté les yeux de la tête. Avec son art d’entrer dans le vif du sujet, Michael Moore ne rate pas l’ouverture de Sicko : pour s’attaquer au système de santé américain, il appuie directement là où ça fait mal. Et c’est même terriblement douloureux : une souffrance profonde, sans recours, s’engouffre dans ce nouveau film réquisitoire, à travers des histoires de vies meurtries, sacrifiées, au lieu d’être soignées, sauvées. Cette réalité bouscule Michael Moore lui-même : cette fois, son humour mordant, sa ruse et sa hargne d’enquêteur ne sont pas tout. Cette fois, il part en guerre avec son cœur.
Sicko s’impose comme son film le plus personnel, le plus fort. Derrière le sympathique personnage de justicier dont il a fait sa marque de fabrique apparaît l’homme, l’humaniste épris de justice. Bien sûr, il s’attaque ici aux puissantes sociétés qui vendent de la protection santé pour faire du profit sur le dos des malades, en leur déniant ensuite l’accès aux soins, en réduisant à rien le nombre d’actes médicaux réellement couverts. Bien sûr, il pointe la complicité de tous les politiciens américains, payés par ces industriels de l’assurance-maladie pour ne rien changer. Mais c’est un combat moral que Michael Moore place en tête de la liste des urgences : comment peut-on dire non à quelqu’un qui demande de l’aide ? Comment peut-on refuser de prendre en charge une personne malade en sachant qu’elle va mourir ? En partant enquêter en France et en Angleterre, d’une manière sciemment superficielle et volontairement comique, le documentariste veut adresser aux Américains ce message simple, essentiel : il existe des pays riches où, quand vous tendez une main blessée, on vous la soigne, même si vous avez tout juste de quoi la faire amputer.
Qu’est-il advenu de la bonté aux Etats-Unis ? A cette nation qui brandit en toutes occasions l’étendard de sa foi chrétienne, Michael Moore renvoie à point nommé l’image de son indifférence sans foi ni loi. « Qui sommes-nous ? », s’interroge-t-il dans ce film, qui devient une réflexion sur la condition humaine et l’identité américaine, l’une et l’autre bradées, laissées-pour-compte. Même les héros du 11 Septembre s’étouffent sans qu’on les aide, malades des poumons après avoir sauvé des vies. Ces oubliés des oubliés de l’Amérique, Michael Moore les prend sous son aile : n’hésitant pas à endosser finalement un rôle de messie pragmatique, il les emmène se faire soigner à Cuba. Et là, on prend enfin soin d’eux, gratuitement. Le pays de Bush guéri par son ennemi : le symbole est presque trop énorme, trop efficace. Mais il est juste, car toute autre préoccupation s’efface alors devant la seule chose qui devrait compter : la solidarité. Redonner un sens à cette valeur humaine est plus qu’un message, c’est une mission que Michael Moore s’est fixée et désigne à l’Amérique. En ce qui le concerne, elle est parfaitement accomplie.
Frédéric Strauss
11 juillet 2007
Harry Potter and the order of phoenix
Je ne vous résumerai pas le film, car pour moi rien ne vaut d'avoir lu le bouquin de J.K Rowling avant (le cinquième étant son meilleur à mon avis). Je vais donc me contenter d'un rapide commentaire.
OUF!
Pour une fois qu'un film HP ne tient pas du brouillon et de la pâle
copie inachevée! Ce n'est pas non plus extraordinaire (il ne faut pas trop en
demander) mais ce n'est pas la cata! Les effets spéciaux sont
sympathiques et le réalisateur à réussi le tour de force de faire tenir
le pavé dans un film de 2h15 sans que cela paraisse TROP baclé.
Daniel
Radicliffe est franchement moyen (je suis méchante, en plus ce
n'est pas toujours vrai! Et puis mine de rien c'est assez difficile de jouer un héros incompris sans tomber dans le pathétique) mais Emma Watson ne me fait plus frôler
l'apoplexie. Et grande surprise les nouveaux acteurs sont très bons, en particulier Imelda Stauten (Dolores
Ombradge) et Evanna Lynch (Luna Lovegood) sans oublier Helena Bonham Carter qui apparait rapidement dans le rôle de Bellatrix Lestrange. D'autre part, même si l'on a encore l'impression que le livre est découpé en tranches, le scénario apparait plus fluide que dans les précédents. Sans oublier que les décors sont assez impressionants (en particulier le ministère!).
Sans hésiter, c'est la meilleure adaptation d'Harry Potter depuis le début et rien que pour cela je le recommande!
24 juin 2007
Chaplin - filmographie (1)
Charlie
Chaplin, de son vrai nom Sir Charles Spencer Chaplin, est un acteur, réalisateur,
producteur et scénariste burlesque
anglais né à Londres, dans un quartier pauvre du sud de la ville le 16 avril
1889 et décédé le 25 décembre 1977 à Vervey, en Suisse.
Etant donné qu'au cours de sa carrière il a réalisé plus de quatre-vingt courts et longs métrages je vais me contenter de présenter ceux que j'ai vu.
The Kid (1921) :
Une mère sans le sou abandonne son fils
illégitime sur les coussins d’une limousine garée devant la porte d’une
splendide demeure. L’automobile est volée et l’enfant est recueilli par
un pauvre vitrier ambulant. Il devient rapidement un complice précieux
de son père adoptif, cassant les carreaux que ce dernier propose
ensuite de remplacer.
Premier long métrage de Chaplin, Le Kid est à la fois un aboutissement et l’ébauche de l’œuvre à venir, celle qui s’établira hors du mythe de Charlot.
Le
film est moins un réquisitoire qu’un témoignage, et Chaplin évite
l’écueil du moralisme. La simplicité du drame ne rend que plus évidente
la perfection expressive de cette tragédie à la Dickens.
Pour la
première fois, Chaplin abandonne la caricature et situe l’action dans
un décor réaliste, celui des faubourgs de son enfance. Cette image sans
artifice, illustrant le dénuement de deux âmes esseulées, est celle que
Chaplin revendique au faîte de sa gloire. Sur une trame réduite à
l’essentiel, brode, court et s’épanouit la fantaisie d’un poète
sensible aux misères du monde.
L’enfant, formidable Jackie Coogan,
est un alter ego miniature de Charlot, déjà associé à sa lutte pour la
vie. Le combat sans merci que Chaplin oppose aux employés qui veulent
lui arracher ce petit bout d’homme, atteint un niveau d’émotion
dramatique rarement égalé. Chaplin prouve enfin quel acteur se cache
derrière les grimaces du bouffon. (Arte)
Les lumières de la ville (1931) :
Charlot erre, sans but, dans la ville
anonyme quand il aperçoit une jeune fleuriste aveugle. Troublé, le
vagabond recherche la solitude au bord du fleuve. Mais il est
interrompu dans ses rêveries par un millionnaire qu'il sauve d'une
noyade volontaire. Désespéré de ne plus voir la jeune fleuriste, le
vagabond apprend qu’elle est tombée malade. Il se résout à demander de
l’aide au millionnaire.
Dans sa volonté de rester fidèle à l’art muet, Chaplin, avec Les Lumières de la ville,
a cloué le bec à ses détracteurs qui l’accusaient d’archaïsme. Ce drame
à la tristesse latente a conquis le public, comme si le parlant n’avait
pas existé, et conforté Chaplin dans sa conviction de la pérennité
d’une expression parfaite en soi.
À l’inverse de ses films précédents, qui, du réel, s’évadaient vers le songe, Les Lumières de la ville part
de l’illusion pour se heurter à la réalité. Le bonheur de Charlot ne
tient qu’à la cécité d’une petite fleuriste et à l’intempérance d’un
millionnaire suicidaire. La jeune aveugle crée, dans sa nuit,
l’illusion qui donne vie à son amour. Le millionnaire échappe par
l’ivresse à sa nature égoïste et à son statut social en découvrant dans
le petit vagabond le merveilleux visage de l’amitié.
Entre ces
deux pôles, Charlot, seul, acquiert l’exacte notion des choses et prend
conscience du mensonge dont son bien-être et son amour dépendent. Son
refus de faire de son existence un mirage ne lui procure qu’inquiétude
et insécurité. Il n’a plus cette insouciance qui lui permettait jadis
de triompher de la souffrance. Sa célèbre badine, symbole de son
dandysme loqueteux et de sa dignité de vagabond, est restée en prison.
Mais s’il a renoncé au bonheur, il est, en revanche, pour la première
fois, capable d’aimer, de donner, de souffrir. Du plan poétique, il est
redescendu sur le plan humain, d’où son amertume et cette indicible
tristesse qui étreint le spectateur. À cet élargissement de
l’expression thématique, Chaplin a également adjoint une nouvelle forme
de comique, moins débridée mais plus élaborée, qui épouse à merveille
les subtilités du drame. (Art magazine)
21 juin 2007
Le vieux jardin
Le vieux jardin est un film coréen réalisé par Im Sang-soo avec Jum Jung-ah et Jin-hee Ji.
En mai 1980, Hyun-woo, jeune militant socialiste, fuit une manifestation d'étudiants violemment réprimée par l'armée coréenne. Il trouve refuge dans la montagne auprès de Yoon-hee. Après avoir vécu une histoire passionnée, Hyun-woo choisit de retourner à ses activités politiques. Emprisonné dès son retour en ville, il ne sortira que 17 ans après.
Pour Hyun-woo, la neige annoncera la paix intérieure retrouvée. Après dix sept ans passés en prison il est rendu à la vie civile. Comme une suite à 'The President's Last Bang', Im Sang-soo poursuit sa relecture de l'histoire contemporaine sud-coréenne en rappelant, avec 'Le Vieux Jardin', les troubles de Kwangju, survenus en 1980. L'armée avait alors réprimé très brutalement (des milliers de morts) des manifestations contre le Général dictateur Doo-hwan. Ce film très mélancolique montre comment les drames personnels peuvent se fondre dans l'Histoire, à tel point que la douleur du pays entier s'incarne dans le destin du personnage principal, héros anonyme de la démocratie. Comme pour capturer un passé regretté, les souvenirs répondent sans crier gare aux scènes du présent, des intrusions de plus en plus rétroactives.... (Evene)
Ce film est absolument bouleversant. Qu'il s'agisse des scènes dans la montagne, où Hyun-woo semble rongé par l'envie de retourner se battre auprès de ses camarades, et où Yoon-hee fait tout son possible pour l'en dissuader - écrasée par le sentiment qu'elle ne le reverra plus. Ou bien des scènes de mannifestation, parfois très violentes.
Par ailleurs la caméra est maniée d'une main de maître et le film est teintée d'une reelle poésie (les regards, les scènes dans la montagne). La musique est relativement absente, laissant le spectateur se plonger completement dans l'atmosphère du film.
On peut néanmoins regretter la fin, qui tombe quelque peu dans le sentimentalisme (et qui pourtant avait été heureusement évité jusque-là), et qui traine un peu en longueur.
Une dernière chose, ce film se laisse très bien voir dans la version originale, et je vous le conseille fortement! 
20 juin 2007
Shrek le troisième
Le premier opus était particulièrement génial, le second un peu moins. En apprenant que shrek repartait pour une troisième aventure j'avais franchement peur que les réalisateurs aient un peu trop tiré sur la corde et nous sortent un film un peu plat. Et c'est tout le contraire! Le scénario est à mon avis meilleur que le deux.
Et certaines scènes sont absolument grandioses (en particulier celle dans le collège "anglais"). On retrouve bien évidement le ton moqueur et parodique à souhait des deux premiers films avec trois tonnes de références. Ainsi qu'une très bonne qualité du graphisme (que les studios dreamworks ont encore amélioré depuis le premier) et de la bande son.
Synopsis :
L'ogre Shrek n'avait pas quitté son marécage pestilentiel et épousé
sa chère Fiona pour devenir roi. C'est pourtant ce qui risque de lui
arriver après que son beau-père Harold clabote soudain sans crier gare.
S'il n'arrive pas à dénicher illico un roi avec l'aide de ses fidèles
compagnons, l'Âne et le Chat Potté, Shrek deviendra le prochain
souverain du Royaume Fort Fort Lointain. Bonjour les ennuis !
À
moins qu'Artie (Arthur), le cousin loser de Fiona, ne se laisse convaincre de
monter sur le trône à sa place. Mais ce paumé a-t-il vraiment l'étoffe
d'un roi ?
03 juin 2007
collatéral
Max est taxi de nuit à Los Angeles. Un soir, un
homme prénommé Vincent monte dans le taxi. Cheveux argentés, costume
gris clair, barbe discrète, mallette, gestes précis, allure dynamique
et autoritaire. Un businessman, selon toute apparence, avec un emploi
du temps chargé : pas moins de cinq rendez-vous à tenir dans la nuit.
Max accepte de lui louer ses services jusqu'au petit matin, en échange
de 600 dollars. (allocine)
La ville, la nuit, un taxi, deux inconnus concentrés chacun sur son boulot, tout en s’épiant l’un l’autre. La rencontre entre Tom Cruise et Jamie Foxx est immédiatement captivante. Le premier meurtre la transforme brutalement en rapports de force et de ruse, de plus en plus hostiles mais de plus en plus intimes, entre le tueur cynique et le chauffeur honnête qui joue non seulement sa vie mais sa conscience. Tom Cruise, impassible, tout en précision distante et en démence rationnelle, fait une de ses meilleures compositions dans ce thriller nocturne magistralement mis en scène par Michael Mann. Le cinéaste de Heat et de Révélations connaît tous les codes du genre, passe de la violence sèche à l’angoisse latente, du dialogue ironique à la poursuite haletante, avec un brio époustouflant et un humour noir de la meilleure veine. Du grand cinéma hollywoodien. (figaroscope)
Dans la faune bigarrée d’un Los Angeles crépusculaire (magnifiquement
photographié), dans la chaleur d’une nuit explosive, un chauffeur de
taxi (Jamie Foxx) recueille dans sa bagnole un tueur en série (Tom
Cruise) qui doit éliminer cette nuit quelques éléments embarrassants,
tous réunis sur une liste.
Le prologue se focalise avant tout sur le personnage du chauffeur de
taxi, montre son quotidien pâlot et détaille avec une infinie
délicatesse toutes les frustrations de cet individu, noyé dans la
masse, qui a comme seul refuge la photo d’un lieu paradisiaque. Sa
rencontre avec ledit tueur va être décisive : cette confrontation à la
base délétère lui sera paradoxalement bénéfique. A son contact, il
modifie sa façon d’être et découvre des vérités sur une société
carnassière dans laquelle il ne faut pas hésiter à affirmer clairement
ses choix pour avoir ce qu’on veut. Accessoirement, cette rencontre
impromptue permet d’approfondir une des problématiques fondamentales du
film noir : peut-on faire le bien en faisant le mal ? La réponse, ici,
est oui. Incontestablement.
Là-dessus, le film avance et séduit dangereusement. Sans atteindre la densité et l’élégance de Heat, Collatéral
tire le meilleur d’un scénario presque conventionnel qui a pour dessein
de mettre en valeur tous les autres éléments du film : l’action
(hallucinante scène de la boîte de nuit !), les motivations des
personnages (indécises, inquiétantes) et surtout le suspense qui ne se
révèle pas tout de suite, éclate lors des vingt dernières minutes,
course-poursuite haletante, où un rebondissement inattendu vient
complexifier le caractère unilatéral dominant-dominé de la relation
entre les deux hommes. Malgré le choix discutable de la HD Cam (ce qui
peut donner des résultats peu concluants lorsqu’elle est mal
exploitée), la mise en scène, alerte, ingénieuse, puissante, électrise
la descente aux enfers de ce chauffeur de taxi. Le récit qui tente de
ménager un maximum de surprises titille toutes les zones d’ombre de ce
personnage, un peu comme si Los Angeles n’était qu’un vaste reflet
mental de son bouillonnement intérieur, de sa transformation
inconsciente.
Enfin, si on aime tant Collateral,
outre ses qualités stylistiques et ses astuces narratives, c’est
surtout parce que ce film fait la part belle aux acteurs. Tom Cruise
est surprenant dans ce rôle de tueur à gages intransigeant : son jeu
atteint une dimension inimaginable dans le dernier tiers. L’acteur
délivre sa meilleure prestation depuis Magnolia. A ses côtés, Jamie Foxx n’est pas en reste et confirme tous les espoirs placés en lui depuis L’enfer du dimanche.
Le reste du casting (Irma P. Hall, Javier Bardem, Jada Pinkett Smith ou
Mark Ruffalo) confère une force et une crédibilité inouïes à un
ensemble d’une robustesse implacable. (aVoir-aLire.com)
Collateral ne cède à aucun moment à la facilité, sinon
celle d’en revenir à une esthétique ultra-années 80 (plus que jamais au
niveau des choix musicaux par exemple) : c’est sa force, qui transcende
un projet dont on imagine aisément ce qu’il aurait pu donner dans les
mains d’un faiseur ou d’un petit malin.
Oeuvre modeste pour Mann, le film n’en demeure pas moins une démonstration reléguant la concurrence aux oubliettes en quelques plans. Ouverture sublime, succession de rencontres dans le taxi, caractères saisis en quelques dialogues. La précision de la mise en scène est évidemment le point fort du film, transformant Mann en une sorte de régisseur jouant sur tous les registres possibles de son cinéma : accélérations et ralentissements du récit, amplitude (les vues aériennes) et resserrement (le taxi comme espace intime où Max puis Vincent se mettent à nu). Cette virtuosité éclatante trouve dans la structure en boucle du film une intensité à nulle autre pareille, enclenchant vitesses, régimes d’image (pellicule ou HD) et de fiction multiples. Ainsi de ce sentiment d’étrangeté qui parcourt Collateral lorsqu’il feint de s’en remettre au flottement et à l’impro planante (la scène du club de jazz) pour en revenir toujours à l’implacable logique du thriller. Il y a là un bonheur radical à filmer et à mettre en images (la visite d’un Los Angeles fantôme et méconnu) qui suffirait à faire du film un modèle d’élégance et de mise en scène.
La profondeur du récit et des personnages, constante mannienne, est l’autre aspect fort de Collateral.
Aucun personnage n’est laissé de côté, du taximan empoté au névropathe
incarné par Tom Cruise, en passant par la jeune avocate (Jada Pinkett
Smith) dont Max tombe amoureux. Le ciselage des caractères ouvre sur un
classique récit de double (Max se libère peu à peu de son taxi par
l’intermédiaire d’une sorte de mauvaise conscience qui prend possession
de lui). Jusque dans ses moindres détails, le film s’impose comme une
leçon de mise en scène, explosant le temps de scènes hallucinantes (le
meurtre des deux voyous dans la ruelle, la boîte de nuit coréenne,
toute la traque finale). Pas de crainte à avoir : si Collateral
est un projet sans énorme ambition pour Mann, il n’en demeure pas moins
l’un des deux ou trois films les plus impressionnants de l’année [2004].
Film vu trois fois au cours de la semaine écoulée, non parce qu'il est si exceptionnel que ça, juste parce que ça s'est trouvé comme ça. Alors c'est un bon film, bon casting, bien filmé, bon suspens, un vrai bon thriller. Pas à voir absolument absolument mais cependant à ne pas louper si vous tombez dessus ou s'il passe sur vos écrans. Moi qui ne suis pas fan de Tom Cruise, j'ai apprécié de le voir comme je le considère : un vrai psychopathe !
13 mai 2007
volver
Madrid et les quartiers effervescents de la classe ouvrière, où les immigrés des différentes provinces espagnoles partagent leurs rêves, leur vie et leur fortune avec une multitude d’ethnies étrangères. Au sein de cette trame sociale, trois générations de femmes survivent au vent, au feu, et même à la mort, grâce à leur bonté, à leur audace et à une vitalité sans limites.
L'Humanité
Marie-José Sirach
"Volver" est (...) un film de maîtrise et de maturité composé de
l'ensemble de l'oeuvre cinématographique d'Almodovar, de sa culture littéraire
et picturale qui balaie les champs de l'histoire jusqu'aux formes les plus
humbles.
Libération
Gérard Lefort
"Volver" nous parle de transmission, d'amour plus fort que tout, de chansons tristes qui font pleurer, de plaisanteries populaires qui font rire. "Volver", notre fureur de vivre.
aVoir-aLire.com
Samir Ardjoum
Almodovar conte fleurette à la mort et signe un beau film furieux.
Vanina Arrighi de Casanova
(...) Almodóvar prouve son talent de conteur d'histoire, avec un humour sombre et poétique, s'éloignant un peu du fantasque baroque de ses débuts. Il ne délaisse pas son obsession esthétisante en revanche, les couleurs, les objets et les costumes kitchs, et une photo absolument magnifique.
Ouest France
La rédaction
(...) ce mélodrame (...) porte la belle signature d'un Pedro Almodovar
inspiré. Un cinéaste de passion et de tempérament, avec ce qu'il faut de
flamboyance, de déchirements et de jubilations pour nous emporter.
Le Figaroscope
Marie-Noëlle Tranchant
Ce retour inspire au grand cinéaste espagnol un superbe mélodrame, qui a
des légèretés de comédie et des étrangetés surnaturelles, des courants secrets
de noirceur et de tristesse emportés dans un mouvement éclatant de vitalité
fantasque. Il n’y en a que pour les femmes dans Volver, et elles sont toutes
formidables, les jeunes, les vieilles, les vivantes, les mortes. Elles
débordent de douleur, de courage, de générosité, d’imagination. Elles
nous émeuvent sans cesse parce qu’elles cherchent cet au-delà de la
violence qui s’appelle le pardon.
Zurban
N. T. Binh
"Volver" affiche la sérénité et la perfection des chefs-d'oeuvre.
Le Journal du Dimanche
Carlos Gomez
Il y aurait mille et une façons de résumer "Volver" (...) mais il n'y en a qu'une pour le qualifier : chef-d'oeuvre.
Positif
Yann Tobin
"Volver" est l'une des oeuvres les plus accomplies de Pedro
Almodovar. L'une de ses qualités les plus évidentes réside (...) dans la
perfection de son scénario.
Olivier De Bruyn
(...) ce film terriblement inventif [bouleverse] le regard et le coeur. Pas
moins ...
MCinéma.com
Olivier Pélisson
Avec une mise en scène enveloppante, Almodovar chante les classes
populaires, le voisinage, les femmes restées au pays, les secrets enfouis. Et
le charme agit. Il se dégage de cet opus des images qui restent fortement en
mémoire.
aVoir-aLire.com
Film immensément humain qui donne lieu à des séquences remplies de
grâce : notamment celle où Penélope Cruz, en larmes, interprète une
chanson que sa mère lui a apprise ou bien dans la séquence d’ouverture
qui nous montre par un léger travelling latéral une rangée de veuves
nettoyant les pierres tombales de leurs maris ou de leurs parents. Tout
Volver
se trouve dans ce geste digne : nettoyer la saleté qui pourrit la vie
de chacun pour redonner de l’espoir. La femme chez ce cinéaste a
toujours été le centre du monde. Ses excès, ses doutes, ses envies et
ses tristesses Almodovar les filme telle une parabole sur un monde qui
ne tourne pas rond. L’auteur de Talons aiguilles
s’est toujours souvenu de sa mère, ce visage de résistante à fleur de
peau qui galvanisait volonté et rigueur. Deux exigences intellectuelles
qu’il appliquera toute sa vie.
J'ai vu ce film jeudi soir dans le cadre d'un festival de cinéma européen près de chez moi. Depuis le temps que je voulais le voir ! C'est un film magnifique à voir absolument en VO. Je ne suis pas très au point sur l'univers d'Almodovar mais ce film donne envie de découvrir tout le reste. Pénélope Cruz est juste splendide. Un film à la fois triste, émouvant et très drôle aussi. Une belle réussite. Prenez le temps de lire les critiques ci-dessus pour finir de vous convaincre. ;)
07 avril 2007
La Belle noiseuse
La belle noiseuse est un film de Jacques Rivette avec Michel Piccoli et Emmanuelle Béart. Il est sorti en septembre 1991 et dure quatre heures (mais il existe une autre version de deux heures).
« Il y a la version longue, pour le cinéma, et la version courte,
appelée Divertimento, pour la télévision. Il ne s'agit pas que de coupes, j'ai monté d'autres prises des mêmes scènes,
ce qui fait un film très différent. Et les contraintes du raccourcissement
(de 240 à 120 minutes) changent l'esprit du récit, la place et l'enjeu du travail du peintre, l'importance du personnage de Jane Birkin... Il y a deux oeuvres différentes à l'arrivée.» Jacques Rivette.
Synopsis :
Un peintre vieillissant est ronge par un secret qui l'obsede:
l'abandon, il y a dix ans, d'un grand tableau qui devait etre son
chef-d'oeuvre et dont sa femme etait le modele. L'arrivee d'un jeune
couple dans sa propriete du Midi va lui permettre de reprendre cette
oeuvre et c'est la jeune femme, qui cette fois, lui sert de modele.
Pendant les cinq journees de pose, la tension va monter entre les
differents protagonistes.
Critique de Filmculte :
D’une des plus courtes nouvelles de Balzac, à peine une trentaine de
pages, il fallait bien que Jacques Rivette – connu pour sa propension à
dilater le temps afin d’en extraire un peu mieux la substance des
caractères – tire l’un de ses films les plus longs. Pas de surprise,
avec un sujet pareil (le combat originel de l’homme et de la femme, ici
transformé en celui de l’artiste et de l’actrice), le cinéaste commet
ce qui reste sans doute son œuvre maîtresse. L’on sait l’attirance que
les réalisateurs de la Nouvelle Vague ont pu avoir pour le cinéma de
genre, notamment américain. Au fur et à mesure que les années passent,
cette attraction se fait plus prégnante, plus évidente. Etonnement, le
film fait peur, jouant avec les codes du vampirisme, du fantastique,
exposant les troubles et angoisses de personnages à fleur de peau,
prêts à toutes les déviances pour parvenir à leurs fins. Film de peur,
film de guerre (« Personne n’a gagné la guerre, nous sommes chacun restés sur nos positions, le traité est signé
»), film qui instille surtout un malaise réel et croissant au gré de la
projection. Comme si Rivette, par le biais d’acteurs surprenants,
parvenait à rendre tangible, palpable, la tension permanente qui les
anime, cette bataille qui fait d’eux des êtres décharnés, à fleur de
peau, susceptibles d’exploser à tout moment. Deux couples, deux
générations, l’une au début du combat, l’autre sur sa fin. Et au milieu
le tableau, celui de cette belle chieuse, pour laquelle on vend une
femme, ou abandonne une autre. Pacte diabolique, qui conduira à la
perte des protagonistes. Pour qui? Pour quoi? Pour l’Art? Rivette – et
Balzac, d’ailleurs – se garde bien de répondre.
Mon avis :
Il s'agit d'un film absolument suprenant.
Le film se déroulant en provence au plus fort de l'été, et portant sur la peinture, les seules musiques sont le crissement des criquets et le bruit du crayon sur la toile.
Les acteurs y sont éblouissants - en particulier Emmanuelle Béart. Et si certaines scènes durent longtemps (on reste parfois plusieurs minutes immobiles) on ne s'ennuie pas une seule seconde.
Les rapports entre les personnages sont extremment complexes et tout au long du film on cherche à comprendre, ou simplement à sentir les liens qui les unissent. Je dirais que les émotions y sont à la fois palpables et insaisissables.
06 avril 2007
La vie des autres
Synopsis :
Au début des années 1980, en Allemagne de l'Est, l'auteur à succès
Georges Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont
considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat
communiste, même si, secrètement, ils n'adhèrent aux idées du parti.
Le
Ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un
agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. Tandis
qu'il progresse dans l'enquête, le couple d'intellectuels le fascine de
plus en plus...
Comme au cinéma :
Pour son premier long-métrage, Florian Henckel von Donnersmarck frappe fort : il touche même en plein dans le mille, là où ça fait mal
pour les personnages et, par conséquent, là où ça fait plus que du bien
pour le spectateur. Que dire de La vie des autres (qui rafle
tous les prix sur son passage, de Londres à Munich en passant par
Vancouver et Varsovie), si ce n'est que c'est un chef d'oeuvre?
Continuez à imaginer : un homme déshumanisé par des convictions
politiques en creux qui, peu à peu, découvre l'Amour (pas celui qui se
vit au travers de déclarations enflammées, mais dans la pudeur et
l'intimité) ,; un autre homme, Georg Dreyman (Sebastian Koch), se débattre avec ce qui lui reste, alors que sa femme, Christa-Maria Sieland (Martina Gedeck, formidable désillusionée) échappe à tout. Imaginez ce couple se battre
contre un ennemi invisible (mais pas invincible) et se faire violer
jusqu'au dénuement le plus total ; écoutez la musique de Gabriel Yared Le Talentueux M. Ripley, Azur et Asmar)
orchestrer les tons gris qui enveloppent ces hommes et cette femme dans
leur destin tragique ; jubilez devant le serpent politique qui se mord
la queue et la vie qui reprend le dessus, tant bien que mal.
L'Histoire Allemande du XXème siècle est marquée d'évènements sombres
et le Septième art a su y trouver une mine d'or pour la création
cinématographique, comme les très bons Goodbye Lenin ou Le Tunnel.
Mais ce film ici tire sa richesse et sa force en prenant l'Histoire
comme arrière-plan pour s'en détacher et, peu à peu, nous livrer un drame humain éclatant de vérité, un mythe allemand qui émeut par tant de puissance émotionnelle et d'intelligence. Il est difficile de parler, sans adjectifs dithyrambiques, de La vie des autres. Leur « vie », parce que l'agent de la Stasi (Ulrich Muhe,
magistral) n'en a pas. Les « autres », parce qu'il n'a pas de « moi »
non plus. Or, c'est dans la découverte de la vie de cet homme et de
cette femme qu'il va trouver son identité, qu'il va se constituer en
roseau pensant, ne voulant plus se dresser comme un chêne massif
politique face au monde, mais au contraire acceptant de se plier quand
le vent souffle et devenir sujet, humain.
On en a déjà dit trop: La vie des autres parle de lui-même
et rien ne serait plus conseillé que d'aller, lorsqu'il sortira,
plonger dans les salles obscures, qui ont parfois la bonne idée de nous
livrer des merveilles de ce genre et sentir la vie qui palpite et
balbutie dans les images inoubliables de ce grand et beau film.
Mon avis :
J'ai eu un
peu de mal à rentrer dans le film. Au début, le regard porté par
l'agent de la Stasi sur le monde est froid, il ne pense qu'en termes de
codes, de méthodes, uniquement destinés à servir le parti.
Mais
petit à petit au cours de la surveillance effectuée, il commence à
s'intéresser à la vie de ce couple et l'on perçoit des émotions à
travers son regard. A ce moment là le film décolle, et j'ai été prise
aux tripes par ce film, qui arrive à montrer certains sentiments avec
finesse - sans jamais en rajouter une couche.
Par ailleurs il y a
également un intéret historique, qui à mon avis mérite le détour. (Bien
évidement à voir en V.O, car pour ne rien gâcher l'allemand y est
superbe. Si, si !)
Sans oublier que la fin est bouleversante. (Je me tais je ne voudrais pas vous enlever le plaisir de la surprise).


























