Loukoummania

Il est temps de trouver un sous-titre les copains

15 juillet 2008

moriarty

Un sujet musical moi-je mais je le classe quand même en musique.
Ce blog se meurt quand même je trouve. Tout le monde déserte et vit sa vie ailleurs. Tant mieux !
Moi j'en fais de même mais parfois comme ce soir, au son d'une belle chanson, je me prends à avoir l'envie d'écrire à nouveau ici. Quelques mots frivoles dans un monde désabusé. Génération désenchantée disait Mylène Farmer. Elle n'avait peut-être pas complètement tort.
En février, la plupart d'entre vous le savent déjà, j'ai fait une mauvaise chute de cheval qui m'a valu trois mois et demi d'arrêt avec quelques semaines de fauteuil roulant, de béquilles et autres piqûres dans le ventre, mon pôvre ventre devenu tout bleu. Il a fallu réapprendre à marcher, à descendre un escalier, à grimper dans mon lit mezzanine, à enfiler mes vêtements en me tenant seulement sur le frêle équilibre de ma jambe abîmée.
Ce qui m'est arrivé est ce qu'on appelle un accident. Un banal accident. En deux secondes et demi la vie bascule, on voit sa cheville pliée en deux dans un sens improbable et on comprend que là, vraiment, il s'est passé quelque chose qui va bouleverser la suite, à court, moyen et long terme. A court terme, j'ai été obligée de déménager, de retourner chez papa-maman. Vexant presque ! Mais indispensable. A moyen terme, ça m'a permis de me plonger de façon plus intense dans la préparation de ce concours de m.... qu'est le CRPE (concours de recrutement de professeur des écoles). A long terme il va y avoir divers impacts. D'abord la mobilité de ma cheville qui ne revient pas complètement, l'impossibilité de faire certains mouvements, de m'asseoir en tailleur par exemple ou de me mettre à genou. Les douleurs. Quotidiennes. Récurrentes. Mais le plus important dans tout ça, c'est l'impact positif de cet accident car ce foutu concours de m...., finalement, je ne l'ai pas complètement raté comme la dernière fois. Je me suis retrouvée sur liste complémentaire, c'est à dire moins bien que les meilleurs qui sont sur liste principale, mais mieux que ceux qui n'y sont pas du tout. Et avec mes notes, un courrier qui m'annonce que je suis pré-recrutée et que dès septembre ma vie va enfin basculer vers du positif professionnellement parlant. Je vais enfin pouvoir arrêter de chercher ce que je vais faire de moi. J'ai vu dans les yeux de mes parents, de ma grand-mère, un véritable soulagement. Eh oui, il était temps à 28 ans ! Eux qui avaient tant de raison d'être fiers de ma soeur qui a tout fait correctement et dans les temps, c'est la première occasion pour eux (et certainement la seule !) d'être fiers de moi.
Que peut-on en conclure ? Que cet accident n'est que positif pour moi ? Non, pas vraiment. Je ne saurais jamais si j'aurais pu m'en sortir sans tout ce temps qui m'a été donné pour réviser et travailler. Alors je vais considérer que Didou, ce fameux équidé que j'ai décidé de mettre à la retraite après l'accident, m'a permis de réussir, que ce soit le cas ou pas ne change pas grand chose et ça me permet de lui faire des bizous pour lui dire que tout est pardonné et que je l'aime.
Revenons-en à nos moutons. Le sujet de ce post c'est Moriarty. Places de concert pour le 30 juillet à Fourvière : Coco Rosie - Moriarty - Coming Soon
Je vous ai déjà parlé maintes et maintes fois de Coco Rosie. Je ne connais rien de Coming Soon. Donc ce soir je vous parle de Moriarty. Ou pas. Mieux, je vous fais écouter. Mais avant je vous mets les paroles. Bizous à tous. A bientôt ici ou ailleurs.


MORIARTY - Jimmy

Jimmy won’t you please come home where the grass is green and the buffaloes roam
Come see Jimmy your uncle Jim Your auntie Jim and your cousin Jim
Come home Jimmy because you need a bath
And your grandpa Jimmy is still gone daft

Now there’s buffalo Jim and buffalo Jim
This is Jim buffalo now didn’t you know
Jim Jimmy Jimmy its your last cigarette
But there’s buffalo piss and it’s all kind of wet
Jambo Jimmy you’d better hold your nose
All roads lead to roam with the buffaloes

And the Buffaloes used to say be proud of your name
The Buffaloes used to say be what you are
The Buffaloes used to say roam where you roam
The Buffaloes used to say do what you do

Hey you’ve gotta have a wash but you can’t clean your name
You’re now called Jimmy you’ll be Jimmy just the same
The keys are in a bag in a chest by the door
One of Jimmy’s friends has taken the floor
Jimmy won’t you please come home where the grass is green and the buffaloes roam
Dear old Jimmy forgot you’re young but you can’t ignore the buffalo's song

And the Buffaloes used to say be proud of your name
The Buffaloes used to say be what you are
The Buffaloes used to say roam where you roam
The Buffaloes used to say do what you do

If you remember you’re unkown
Buffaloland will be your home
If you remember you’re a gnome
Buffaloland will be your home
If you remember you’re a Noam
Buffaloland will be your home
If you remember you’re a Noam
Buffaloland will be your home


Posté par lOu jO à 22:15 - Zik - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 mai 2008

Le vieil amant - Emilie Simon

En ce mois de mai, voici une petite chanson d'Emilie Simon. Je me suis enfin penchée sur son album "Végétal" qui au final me plaît assez :) Je vous mets un lien que je n'ai pu écouter car je ne suis pas chez moi. J'espère qu'il est bon ;) Cliquez ici
Joyeux 22 à tous :)

muguet_1


Le vieil amant

Mon amour j'ai pensé

Avec naïveté
Qu'un brin seul de muguet
Pouvait te ramener
Alors j'ai retrouvé
Un ou deux vieux sonnets
Pour te rappeler
Pour te rappeler
A moi mon amour
A travers ce beau jour
De printemps j'ai laissé
Près de tes pieds tomber
Un brin seul de muguet
Mais il s'est desséché
Attendant ce baiser
Qui ne viendra jamais
 
Le mois de mai
S'est joué de moi
Cette année
J'ai laissé couler trop d'émois
Cette fois le mois mai
S'est moqué de moi
Cette année
J'ai laissé couler trop d'émois
Cette fois
Cette fois
 
Il est parti le temps
Il n'a pas pris son temps
Me voilà qui t'attends
Comme un vieux prétendant
Me voilà qui regrette
Devant ces quelques miettes
Une vielle amourette
Qui n'a ni queue ni tête
 
Mon amour j'ai pensé
Avec naïveté
Qu'un brin seul de muguet
Pouvait te ramener
Alors j'ai retrouvé
Un ou deux vieux sonnets
Que tu n'as jamais aimé
 
Le mois de mai
S'est joué de moi
Cette année
J'ai laissé couler trop d'émois
Cette fois le mois mai
S'est moqué de moi
Cette année
J'ai laisser couler trop d'émois
Cette fois
Cette fois
 
Je voulais je l'avoue
Danser joue contre joue
Je l'avoue je rêvais
De te faire tournoyer
Respirer cet air frais
Regarder rayonner
Le visage d'un amour
Qui n'a pas vu le jour
 
Mon amour j'ai pensé
Avec naïveté
Qu'un brin seul de muguet
Pouvait te ramener
Alors j'ai retrouvé
Un ou deux vieux sonnets
Je sais tu n'aimes pas les sonnets
Je sais
 
Le mois de mai
S'est joué de moi
Cette année
J'ai laisser couler trop d'émois
Cette fois le mois mai
S'est moqué de moi
Cette année
J'ai laisser couler trop d'émois
Cette fois
Cette fois

Posté par lOu jO à 19:34 - Zik - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mai 2008

Socalled

Qui est-il?
Né à Ottawa, Josh Dolgin, d'origine juive, a grandi à Chelsea, au Québec. Heureusement pour nous, sa mère l'a forcé à suivre des cours de piano jusqu'à la fin de l'école secondaire. Ensuite, il s'est tourné vers l'accordéon avant de faire du hip-hop. Il est diplômé de l'Université McGill en littérature et il a écrit à propos de la musique pendant plusieurs années dans l'hebdomadaire montréalais Hour magazine. Ce n'est que récemment qu'il s'est plongé dans la musique juive

C'est quoi?
Ghettoblaster est le deuxième disque solo de Josh Dolgin, alias Socalled. Il fait suite à The Socalled seder. Le roi du hip-hop yiddish est de retour. Oui, vous avez bien lu, du hip-hop yiddish. Toutefois, avant de lire ce texte, vous devez oublier toutes vos conceptions ou tous vos préjugés à propos du mec qui fait du hip-hop. Socalled est un original.

http://www.bandeapart.fm/critiques.asp?id=402 (entrevue avec Socalled)

                                                             

Josh Dolgin, alias Socalled, est un iconoclaste respectueux. DJ, MC, pianiste, accordéoniste, mais surtout fanfaron, ce Canadien est un passionnant rénovateur de la musique juive. Parce qu’il ne cherche pas à rejouer la tradition, qu’elle soit klezmer, yiddish ou hassidique, ni même à la déjouer. Il la prend comme telle, à partir de 78 tours des années 20 à 40, avant que l’Holocauste ne balaie tout, et la plaque sur ses racines hip-hop. Le résultat est dansant, décoiffant, déroutant, jamais où on ne l’attend. Une quarantaine de musiciens, 14 lieux d’enregistrement caractérisent cet album d’un voyageur invétéré. Dans l’espace, dans le temps et surtout dans la tête.

Jean-Stéphane Brosse
http://socalled.mondomix.com/fr/chronique3281.htm

Hip Hop yiddish ! L’expression intrigue. Elle sonne pourtant comme une évidence à l’écoute de Socalled.

Agitateur patenté, MC allumé sous ses faux airs d’intello timide, Josh Dolgin souffle un courant d’air frais sur la musique patrimoniale juive.
Jeune trentenaire canadien, le breakbeat est sa culture première avant qu'il découvre, par hasard, un vieux vinyle d’Aaron Lebedeff, chanteur populaire yiddish de l’après-guerre.
C’est le coup de foudre, déclencheur d’une passion qui ne cessera plus et qui se mêlera très naturellement à la culture DJ du jeune homme.
Repéré par David Krakauer, Socalled intervient à l’occasion des concerts magiques et iconoclastes du grand clarinettiste.
Son nouvel album "ghettoblaster" fait intervenir une quarantaine de musiciens : « Je suis très partageur et j’espère qu’on a pas besoin d’être juif pour apprécier mon travail, j’essaye juste de faire de la bonne musique populaire »

http://www.lesnuits.eu/socalled.php

Pour ceux qui sont à Montréal, Socalled joue au Festival de Musique de Chambre de Montréal samedi le 17 mai à l'Église Saint-James avec des musiciens d'Arcade Fire. Manquez pas ça !!!! Ça va être fou fou FOU. Je vous en donne des nouvelles !

Des musiciens d'Arcade Fire, de Torngat et de Snailhouse forment le quintette pop-rock-indi de la scène montréalaise, Bell Orchestre, qui ébranle, dérange et suggère des images de grands espaces, des rapprochements et des conflits, tout en conservant une musicalité unique qui combine une douce intimité et une énergie brute. Bell Orchestre allie le raffinement acoustique de la musique de chambre, le sentiment d'urgence, le volume du rock et de la post-punk et la complexité de la musique électronique. Bell Orchestre, c'est un rassemblement de cordes, de cloches, d'instruments à vent, de percussions, de stéthoscopes, d'échantillonneurs et de bruit tranquille.

Socalled, récipiendaire du Prix Étoile Galaxie 2007 du Festival de musique émergente d'Abitibi-Témiscamingue, réunit les amateurs de musique urbaine autour de son métissage de hip-hop, de rap et de musique électronique. Josh Dolgin, MC, pianiste et accordéoniste, emprunte aux sonorités klezmer, yiddish ou hassidique, et les revitalise !

Électrisant, déroutant, décoiffant : jamais où on ne l'attend !

Personellement, j'aime beaucoup.
-Violin89-

Posté par Violin89 à 14:15 - Zik - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 mars 2008

radiohead

radiohead2


CRITIQUE TELERAMA

4


Libéré. Totalement, complètement libéré. Plus libre encore que sur son précédent album, le brillant mais (un peu) décousu Hail to the thief - en 2003. Emancipé, donc, et ravi de l'être : tel est le Radiohead qui s'avance jusqu'à nous, jusqu'à vous, par voies numériques. Séparé de son ancienne maison de disques, le groupe anglais vend ses dix nouvelles chansons en direct, via Internet (1). Exemption contractuelle doublée d'une réjouissante impétuosité artistique ! Disons-le sans tarder : ce In rainbows aux atours libertaires est une oeuvre rock destinée à rester dans l'histoire. Un vrai grand disque, avec mélodies pénétrantes (laquelle citer ? Il y en a tant... celle de l'aquatique Nude, de l'épileptique Bodysnatchers ?) et échafaudages instrumentaux particulièrement bien pensés et maîtrisés - on notera au passage que la construction classique couplet-refrain n'est même plus une option pour Yorke et ses amis maîtres bâtisseurs...

Dix chansons donc, et pas un seul temps mort. A la place, de la fièvre, de la fougue, des tourneries terriblement entêtantes, un piano Rhodes omniprésent et féroce, et des guitares plus précises et acides que jamais (mention spéciale à Jonny Green­wood et Ed O'Brien, géniaux six-cordistes des temps nouveaux). Il y a de la joie dans cette façon de mettre au jour une musique qui ne l'est pas forcément (joyeuse). De la joie et un souffle collectif sidérant, de la première à la dernière note.

Et pourtant, In rainbows, sans doute plus que les six albums précédents, semble être un disque de, par et avec Thom Yorke. Son grand oeuvre, son éden. Mais tout le groupe pousse et vibre avec lui, donnant à ces chansons tourmentées une cohérence d'ensemble et une fluidité rares pour un clan hier plutôt porté sur les collages risqués - et parfois miné par les frictions souterraines. Septième disque, et peut-être bien le meilleur, le plus homogène de tous : honnêtement, on n'en espérait pas tant.

(1) www.inrainbows.com
Et, rappelons-le, c'est l'internaute qui fixe le prix d'achat.

Emmanuel Tellier  - Telerama n° 3015 - 27 octobre 2007


radiohead


Radiohead a bousculé l'industrie du disque en proposant son dernier album à tarif libre sur le Net. "In rainbows" sort maintenant en CD. Un nouveau bijou du quintet d'Oxford.

Radiohead à amsterdam. Photo : Michell Zappa (CC by-sa) http://flickr.com/photos/michellzappa/

Le 10 octobre dernier, Radiohead créait l'événement en proposant son nouvel album en téléchargement libre, à un prix laissé à la discrétion de l'acquéreur - on pouvait même ne rien payer du tout -, ce qui a déclenché la polémique au sein d'une industrie du disque (en crise) dont le groupe semblait vouloir s'affranchir. Trois mois plus tard, alors que l'opération est terminée et que l'album paraît sous un format CD traditionnel, Thom Yorke, chanteur et leader du groupe, revient avec détachement sur le coup de Trafalgar que son groupe aurait orchestré.

« Pour moi, c'était comme faire circuler une cassette ou émettre un programme pirate. On diffuse les chansons et les gens en font ce qu'ils veulent : ils les écoutent, les copient, les donnent ou les revendent... Je trouvais intéressant de se passer des intermédiaires habituels. Ainsi, des gens motivés se confrontaient à une musique qu'ils avaient vraiment choisie sans être influencés par une campagne de communication. » Le guitariste Ed O'Brien prolonge les propos du chanteur : « Le plus drôle fut ce décalage entre la façon dont l'idée a germé et tout le barouf médiatique qui a suivi. Il doit s'agir d'un des actes les moins prémédités de l'histoire du disque. Tout s'est fait en dix jours. Le contenu artistique a été mûrement réfléchi, sa commercialisation, non. C'est agréable, pour une fois, de parler d'un album après sa sortie, de ne pas se retrouver dans la position de l'homme-sandwich prévendant sa came. »

Faute de déclarations d'intention, il ne restait effectivement à l'amateur de musique, livré à lui-même, qu'à écouter, sans préjugés. Et à goûter la joie de la découverte, pure, d'un disque remarquable. In rainbows

Tout a été dit à propos de l'opération - plus de 1,2 million de fichiers de l'album téléchargés pour un prix moyen de 5,80 euros -, qu'il s'agissait là d'un privilège de nantis, d'un luxe que ne pouvaient s'offrir que les artistes établis. Peut-être. Mais on peut aussi y voir l'assurance réjouissante d'une formation qui peut compter sur la seule force de sa musique comme argument de vente. N'est-ce pas ce qui, dès le début, a valu à Radiohead son statut si enviable ?

« EMI a été derrière nous dès 1993 et nous a laissé une incroyable liberté, commente Yorke, mais parce qu'on a eu la chance de décrocher un hit d'emblée avec Creep. Voilà qui a conforté ceux qui détectaient en nous le potentiel d'un Pink Floyd : un groupe certes aventureux, mais pouvant rapporter gros. Mais je ne compte plus tous ceux qui ont été cassés par la pression du succès qui ne vient pas, et ce système absurde des contrats pour six albums. La logique des majors du disque n'a plus de sens. Je ne crois plus qu'aux labels indépendants, aux petites structures. Le jour où EMI est entré en Bourse, les considérations économiques ont remplacé les valeurs artistiques. »

Heureux Radiohead qui, dix ans après le classique OK Computer (« On ne pensait pas que ça durerait, on est sacrément fier d'avoir laissé une trace »), peut créer à l'abri du besoin, dans sa bulle. Ce qui ne veut pas dire déconnecté de la réalité. « C'est même le secret de notre attrait. En étant moins soumis aux pressions de la société et du quotidien, on a peut-être une vision plus lucide de l'existence. Cela ne nous rend pas plus optimistes, loin de là, mais plus objectifs. En tout cas, savoir que Haruki Murakami est fan de Radiohead suffit à mon bonheur. Je suis si admiratif de ses livres, qui m'éclairent un peu plus sur le monde dans lequel je vis, que je n'en reviens pas qu'il trouve un intérêt à mes chansons. » Peut-être, tout simplement, parce que le grand écrivain japonais y trouve, à son tour, cette chose rare : un regard sensible, intelligent et non complaisant sur le monde moderne. concilie l'instinct défricheur d'un groupe prêt à toutes les audaces avec une rigueur mélodique retrouvée. Et s'impose, du coup, sans trahir les inconditionnels, comme une introduction idéale à Radiohead pour tous ceux qui butaient jusque-là sur son apparente austérité ou cérébralité.

 

Hugo Cassavetti - Télérama, 12/01/08

Radiohead aura mis longtemps avant de trouver un successeur à Hail to the Thief qui contenait beaucoup d’éléments politiques, en réaction à Bush et la politique américaine. L’attente est sans doute comparable avec le temps écoulé entre OK Computer (1997) et Kid A (2000). A l’époque aussi, le groupe avait pris son temps et beaucoup travaillé en studio, pour tenter de renouveler son inspiration, de trouver des sons nouveaux, de composer différemment. C’est un peu l’impression qui ressort de In Rainbows. Même si quelques morceaux sont écrits depuis longtemps : les fans les plus assidus en connaissaient déjà certains, mais dans des versions live qui n’ont pas grand-chose à voir avec la luxuriance et la volupté du son de In Rainbows.

Car, après deux morceaux aux airs faussement énervés, qui ouvrent l’album à la manière de coups de tonnerre successifs, le reste du disque est d’un remarquable velouté, témoignant de beaux moments d’un calme somptueux, emplis de réverbérations enveloppantes et menées par quelques-uns des textes les plus beaux de Thom Yorke. Qui fait de mieux en mieux voisiner les écrits les plus cryptiques (déchaînements à prévoir sur les forums dédiés à Radiohead) et les descriptions les plus frontales et directes, évoquant un quotidien décrit avec soin. Un quotidien qui apparaît à travers les yeux de Thom Yorke comme excessivement fragile.

In Rainbows semble ainsi porté par une vision désabusée de la société contemporaine, mais aussi par un fort désir de changer le monde, de ne pas se laisser atrophier. Les plus grincheux, qui n’ont jamais rien compris à ce groupe, diront que Radiohead prouve une fois encore qu’il n’est qu’un groupe pour adolescents et étudiants (attardés). Les autres comprendront qu’au contraire, c’est bien ce groupe qui pousse tout le monde vers le haut
– à commencer par son propre public.

L’idée de donner des morceaux sans pochette est aussi un vrai bouillon de culture puisque des fans se sont illico mis en tête de créer leur propre pochette et en inondent les blogs. Plus qu’un atelier de travaux pratiques, Radiohead a réussi un coup que l’on pensait impossible,  vu la manière dont les gens téléchargent, accumulant des morceaux jamais écoutés faute de temps : rendre au public son rôle d’acteur au cœur de la musique et faire de la sortie d’un album un moment à nouveau excitant, énervant, dynamisant.

JOSEPH GHOSN - 16 octobre 2007 lesInrocks.com


radiohead_in_rainbows

 

Quatre années. Quatre longues années sont donc passées depuis Hail to the thief  avant que Radiohead ne se décide enfin à sortir son septième album. Après une attente interminable et de nombreuses péripéties (production, label, enregistrement, rumeurs en tous genre), le groupe d’Oxford annonçait il y a peu la sortie d’In rainbows pour cette fin 2007.

Bien entendu, la sortie d’un album de Radiohead ne passe jamais inaperçue et est bien souvent analysée sous toutes ses coutures. Il en est ainsi depuis un petit moment maintenant et le groupe était attendu au tournant. Radiohead n’étant plus sous contrat avec EMI, on se demandait bien à quelle sauce serait cuisiné cet album… Le groupe donnera une réponse assez incroyable et quasi inédite.

In rainbows s’articule en deux parties : une sortie numérique prévue en octobre 2007 et une sortie en discbox (prévue pour décembre), une édition limitée regroupant le cd de l’album auquel s’ajoutent un second cd d’inédits ainsi que deux maxi vinyles et un livre avec artwork et paroles des chansons. La nouveauté vient déjà du fait que Radiohead s’auto-diffuse, mais aussi et surtout, par le fait que le groupe propose sa musique pour un prix libre. L’internaute est seul décideur du prix qu’il veut mettre dans cet album mp3. Quasi-révolutionnaire donc, et très agaçant pour beaucoup de gens en liaison directe avec le système marketing actuel, ainsi que pour d’autres aigris et jaloux en tous genres. Certes, Radiohead est un des seuls groupes à pouvoir se permettre ce genre d’opération sans prendre des risques inconsidérés, mais il fallait le tenter et offrir quelque chose de pertinent et d’intéressant tant sur la forme que sur le fond musical. Ce qui est sûr c’est que le combo fait parler de lui un peu partout par cette opération. Drôle de publicité.

Musicalement, cet actuel recueil de mp3 de plus de quarante minutes se laisse savourer avec le plus grand plaisir. Radiohead allie donc le fond et la forme, en nous offrant un album très émouvant, très concis et bien plus homogène et abouti que le précédent opus. On en retrouve des caractéristiques semblables, même si les machines sont certainement moins en première ligne qu’auparavant. Les morceaux se retrouvent quelque part à mi-chemin entre OK Computer et Hail to the thief, donc. Un album simple mais très loin d’être simpliste.

Les deux première pièces sont certainement les plus bidouillées et les plus électro de l’abum. Des arrangements à gogo, des éléments ajoutés de ci de là comme ces éléments rythmiques sonnant très Kid A, ou bien ces étonnants rires d’enfants sur l’ouverture "15 step". Du Radiohead pure souche en entrée, avec "Bodysnatchers" qui évoque autant Pablo Honey par le chant, que la chanson "2+2=5" par le joyeux foutraque sonore un brin crado. Et quand le titre s’apaise et s’envole avec des guitares new wave et la voix de Yorke, le tout prend encore plus de consistance émotionnellement parlant. La fin du morceau montre que Thom Yorke sait toujours être possédé par sa musique. Les paroles évoquent le mal être et l’incompréhension face au monde environnant. Une sorte de leitmotiv chez Radiohead. Mais peu importe…

Comme très souvent chez nos amis Britons, les fans connaissaient déjà plus ou moins les pièces de l’album car toutes déjà jouées en concert par le groupe ces dernières années. Concernant "Nude", c’est dans le plus que l’on se trouve. Si ce morceau est fabuleux, il n’en est pas moins bougrement connu et ce depuis un bon moment (la tournée post OK computer pour être précis, joué sous le nom de "Big ideas"). Pourtant Radiohead est parvenu à sublimer le morceau dans une version dépouillée (basse, batterie, voix) mettant en avant une mélodie et une voix hallucinantes. La fin avec ces voix en écho et ces effets de cordes est réellement troublante. Cette voix, toujours cette voix, et ce perfectionnisme musical, où le moindre détail compte et est travaillé et retravaillé. Pas de doute nous avons ici à faire à un grand disque.

"Weird fishes" est également une pièce assez connue des aficionados du groupe, car souvent jouée en live (sous le nom d’"Arpeggi") et ce quasiment à chaque fois de façon différente. Phil Selway joue le rôle de métronome tout au long de l’album et son travail est primordial. "Nude", "Weird fishes" et "All I need" forment une sorte de trio magique mettant parfaitement en valeur sa rythmique quasi parfaite, car très précise et envoûtante. Dans "Weird fishes", bon nombre d’instruments se font la part belle. Le rythme et les bidouillages varient tout au long de ces 5 minutes assez expérimentales, et la fin du morceau nous enfonce petit à petit dans des profondeurs nocturnes finalement assez rassurantes.

Le voyage continue par la petite pépite "All I need", où la voix de Thom Yorke s’allie encore parfaitement à la basse, après une intro glaçante. Les glissements électroniques se mêlent à merveille aux sons de tintements de cloches, de cymbale, et au doublage étonnant de la batterie par une sorte de beat box vocale discrète. La fin oppressante et le texte assez sombre confirment bien le fil directeur de l’album. Difficile de ne pas se laisser conquérir par une certaine joie induite, totalement indescriptible à l’écoute de l’album (et plus particulièrement de ces morceaux). A vous donner des frissons…

"Faust arp", morceau court (2 minutes), apaisé et doux met en avant des guitares folk et des arrangements de cordes (violons, violoncelles). La double voix est particulièrement réussie dans cette seule véritable pièce inédite d’In rainbows. On retrouve aussi des arrangements de cordes dans "Reckoner", que l’on devine aisément comme datant des tournées post Kid A-Amnesiac, de par sa conception et sa rythmique particulière. La voix aiguë de Yorke se faufile entre les boucles électro et le tout se termine en écho sur une fin très réussie.

"House of cards" est une douceur typique radioheadienne. Sur un petit rythme encore génial, les plaintes et le chant de Thom Yorke serpentent joliment. On se rend compte qu’aucune pièce n’est ratée ou décevante: pas de bât qui blesse. "Jigsaw falling into place" est une pièce plus cadencée et rapide, et peut-être un peu plus en phase avec l’époque The Bends (tension, chœurs, sonorités). La maîtrise vocale de notre lutin britannique est encore étonnante et tout le groupe excelle. On attend que le tout parte dans une explosion rock ; explosion qui n’arrivera jamais, le groupe s’amusant à garder cette tension intacte sans jamais en perdre le contrôle.

Et puis "Videotape", pièce finale, qui démarre aussi simplement et tendrement que "Like spinning plates" version live, avant de s’ouvrir dans une ambiance évolutive rappelant la clôture de Kid A. Le rideau tombe sur la scène. En attendant le second acte, on se délecte en écoutant et réécoutant l’album et en découvrant à chaque nouvelle écoute des petits détails sonores. Chaque passage d’In rainbows est un plaisir : Radiohead aborde toujours en même temps la beauté et la tristesse, le plaisir et le désespoir. La rythmique finale progressive suggère la marche d’un train. On n’en connaît pas encore la destination. Pourtant, on se dit que le voyage est somptueux. Au travers de paysages aussi dépouillés et vierges que somptueux, on navigue dans une ambiance à couper le souffle, comme ébloui par les couleurs de ce génial arc-en-ciel musical.

 

Albumrock.net 16/10/07

Radiohead_Thom


Alors voilà l'histoire, ce soir j'ai découvert avec beaucoup trop de retard ce très bel album (merci V_v !!) et du coup je me suis dit qu'il serait dommage de ne pas vous en parler :) J'ai mis comme d'habitude les critiques en accord avec ma propre opinion. Je suis tout à fait séduite par cet album dont le mode de diffusion avait tant fait parler de lui. Radiohead reste un groupe avec une place à part dans mon coeur. Je ne sais pas si le "Nude" mis plus haut en version youtube (amsterdam) détrônera mon fameux "exit music (for a film)" du mythique OK Computer mais à la première écoute des 10 titres j'ai eu déjà pas mal de frissons. Radiohead tourne un peu partout en ce moment mais évidemment tout est quasi complet. Mais si j'ai la moindre chance de les apercevoir quelque part et que quelqu'un veut m'y accompagner, ce sera avec plaisir ;)

 

radiohead2_250.

Posté par lOu jO à 22:22 - Zik - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 novembre 2007

rita mitsouko

M0704021154350_p1

Les Rita Mitsouko :
Ding Dang Dong (Ringing At Your Bell) - 2007


Le jour  se lève j'irais bien chanter
Avec le merle d'à côté
Déjà les étourneaux  volent là-haut
Merveilleux nuage d'oiseaux
Oh mon amour la belle heure  pour s'aimer
L'aurore dans mon corps fait couler la rosée
Le ciel est  clair et l'air encore frais
Par la fenêtre ouverte, triomphe l'été 

Ding Dang Dong
Ringing at tou bell
Rolling on the floor

Ding Dang Dong
Ringing at you bell
Screaming alcohol

Le  jour se lève, j'irais bien danser
Avec les feuilles du peuplier
La lune  pâle traine encore un peu
Regarde la, elle ferme les yeux
Oh mon amour,  la belle heure pour s'aimer
L'aurore te rend fort, fait couler ta rosée 
Le ciel est clair et l'air encore frais
Par la fenêtre ouverte triomphe  l'été

Ding Dang Dong
Ringing at tou bell
Rolling on the floor

Ding Dang Dong
Ringing at you bell
Screaming alcohol


Emeksoleillevant

Depuis un live pour leurs vingt ans de carrière, on avait presque perdu de vue Les Rita Mitsouko. Sans doute le poids des années après 23 ans de vie commune entre Catherine Ringer et Fred Chichin au sein du groupe pouvait-on penser jusqu'à... Variéty. Partis humains revenus métalliques, c'est avec les boulons bien serrés, les deux clones robotiques des leaders du groupe posent sur la pochette avec un album fortement tourné vers l'international comme tendrait à le prouver la tracklist polyglotte et des collaborations fructueuses pour un album qui sent l'huile de première qualité ! Métallique, il en est question avec Rendez-vous avec moi-même sur laquelle Catherine Ringer roule les « r » comme on mastique un chewing-gum : avec férocité et persévérance jusqu'à produire son effet au bout d'un temps. Fred Chichin se fait plaisir sur les cordes et la résonance métallique, profondément rock, domine sur la voix pop de Ringer. Le single Communiqueur d'amour produit un effet détonnant, celui de rappeler les meilleurs titres des Rita avec ce swing obsédant et la sauvagerie de la chanteuse à l'état brut sur le refrain. Il est le parfait complément du titre précédent, L'ami ennemi. Tubesque : Même si est une douceur suave, totalement en opposition par rapport aux tonalités rock précédentes, le languissant Ma vieille ville à propos de Paris. Histoires d'amour (qui finissent forcément mal) sont au centre de tous les débats avec une gaieté relative. Côté pop, Rêverie, Soir de peine et Berceuse se donnent la réplique, à croire que la construction de l'album est une sorte d'alchimie entre complément et dualité. Attirance et répulsion. Les Rita Mitsouko réalise ce grand écart avec une justesse impressionnante, soufflante d'inventivité sur les titres francophones. C'est cette touche d'innovation qui manque à plusieurs titres à vocation internationale (She's a chameleon, Ding Ding Dong ou les remakes de leurs propres titres, notamment en... chinois !). Badluck Queen s'en tire avec les honneurs. Même la collaboration avec Serj Tankian (System of a Down) n'est pas comparable avec la version française sur Terminal Beauty qui donnerait presque à penser de loin aux rythmes écorchés d'un Tom Waits. le texte est une pure merveille sur la dictature de la beauté. Contrairement à leur pochette, Les Rita Mitsouko sont loin d'être des robots. Au grand dam de Philippe Katerine. Variéty pose les bases d'un retour en fanfare d'un groupe perdu de vue mais toujours bel et bien en activité, fourmillant d'idées, prenant son temps pour rendre une copie remplie de trouvailles. Les grands artistes ne meurent jamais, la preuve est faite.
krinein


rita“On s’est fait piéger par le musicalement correct français”

Depuis plus de vingt ans, le duo Rita Mitsouko, Catherine Ringer et Fred Chichin, mène librement sa barque. Ce qui n’empêche pas la diva décalée et le musicien zélé d’être remontés contre le climat actuel… Entretien saignant. « On n’a pas que d’l’amour à vendre, ça non ! Y a d’la haine ! », chantaient en 1993 les Rita Mitsouko, le couple infernal du rock français. En 2007, le programme de Catherine Ringer et de Fred Chichin n’a pas changé. Plus remonté que jamais contre le climat (musical, notamment) qui règne en France, le duo mal embouché, symbole d’imagination et de liberté, s’obstine à créer envers et contre presque tout. Ils sont apparus, à l’aube des 80’s, elle cantatrice punky, diva décalée, lui rocker loubard, musicien zélé, couple improbable qui allait vite signer deux des plus lumineux et singuliers tubes de la variété française – Marcia baila et C’est comme ça –, variété au sens noble du terme, celui de la diversité et de la différence. Rare groupe hexagonal d’envergure internationale, les inimitables Rita Mitsouko, se refusant à répéter une recette éprouvée, sont toujours allés là où on ne les attendait pas. Quitte à parfois s’égarer. Et à le reconnaître, à l’heure où paraît le bien nommé Variéty, album d’une salutaire sobriété qui permet au groupe de renouer avec ce qu’il a toujours fait de mieux : des chansons fortes, aux textes vibrants et aux mélodies sûres, portées par la plus expressive des voix en activité. Catherine Ringer, aussi réservée qu’elle est explosive en concert, et Fred Chichin, aussi énervé et revendicatif qu’il est discret sur scène, se livrent ici tout entiers.


Variéty est enfin le disque plus épuré que vous annonciez depuis toujours.
Catherine Ringer : Peut-être l’urgence nous a-t-elle aidés. Je devais partir en tournée pour un spectacle en Italie et notre label nous a demandé quelques titres inédits. Les morceaux sont sortis avec une facilité déconcertante. Du coup, j’ai annulé la tournée, et c’est reparti ! Ce format pop-rock tout simple nous va bien, il nous donne une liberté tout en nous cadrant bien.
Fred Chichin : On a surtout retrouvé un état d’esprit. Tout au long des années 90, on a été un peu largués. C’était l’époque du grand métissage, et on a commencé à mélanger un peu tout. Ça n’a rien donné. Ce n’est pas parce qu’on met un bassiste de funk, une guitare acoustique et un batteur chinois que c’est forcément plus intéressant. On y a juste perdu la pêche qu’on avait aux débuts des années 80. On s’est fait piéger par le musicalement correct français.


Mais ce métissage a commencé dès vos concerts il y a vingt ans, non ?
Fred Chichin : Au départ, on a pris des musiciens américains parce qu’on ne trouvait pas de Français qui « groovaient » comme on le souhaitait. Dès qu’ils swinguaient un peu, c’était des jazzmen, ce qu’on ne voulait pas non plus. C’est drôle, les gars avec qui on joue aujourd’hui étaient encore ados à l’époque de C’est comme ça. Et c’est la première fois que je m’entends bien avec des musiciens français. Malgré le décalage de génération, on a les mêmes racines musicales… Avec eux, j’ai retrouvé ce que j’aimais profondément : la musique occidentale, tout bêtement. Pendant des années, je m’en suis éloigné. C’est toujours intéressant intellectuellement d’explorer, de chercher ailleurs, mais au niveau du résultat artistique, ça l’est assez peu. Quand je repense à tous les bidouillages, les prises de tête pour utiliser tel son ou tel instrument parce que c’était la mode. On se retrouvait avec un plat sur lequel on entassait la mayonnaise, le ketchup, trois cornichons… Comme on n’est pas nuls, il y avait toujours trois bonnes chansons, mais dans l’ensemble, c’était des assemblages d’éléments de l’air du temps. Et je trouve que presque toute la musique actuelle n’est que ça ! J’entends très peu de choses spontanées, qui jaillissent d’une vision personnelle.


Les Rita Mitsouko, groupe des plus singuliers et déterminés, n’ont pas pu résister à la pression ?
Fred Chichin : C’est dur d’aller contre la société dans laquelle on vit. Surtout quand on fait de la musique. Les ambiances dans lesquelles on baigne nous imprègnent forcément. Il faut accomplir un effort considérable pour faire un retour sur soi-même et revenir aux choses essentielles. C’est tout l’inverse du message ambiant de l’échange, du brassage, de l’écoute de l’autre qui, artistiquement, dilue tout. Il faut arrêter avec l’intellectualisme et revenir au physique.


Ce retour au « physique » symbolise aussi la victoire sur la maladie ?
Fred Chichin : Non. L’hépatite C, c’est une maladie de génération, la mienne. On est nombreux, de mon âge, dans mon milieu, à être passés par là. Mon état d’esprit actuel est beaucoup plus en réaction à l’état musical de la France. Je suis assez remonté et même amer, car j’ai l’impression d’avoir perdu du temps, dix ou quinze années.


Comment s’est faite la rencontre avec Catherine Ringer ?
Catherine Ringer : A une audition pour le spectacle de MarcO’, Flash rouge, en 1980. Fred était guitariste. Il m’a entraînée avec lui, m’a dit qu’on allait faire un groupe. J’en avais jamais fait, je n’étais qu’une interprète. Il m’a proposé : « On essaie pendant un mois. » On a donné des concerts et ça a marché. Il y a eu une part de chance mais aussi beaucoup d’acharnement.
Fred Chichin : Catherine était ce que je cherchais depuis toujours. Une chanteuse. Quand je l’ai trouvée, je savais que c’était bon. En premier, j’avais craqué sur la fille. Il y avait une affiche pour un spectacle avec elle en gros plan. J’ai auditionné pour être musicien, je l’ai vue, elle chantait super bien. Après, il ne me restait plus qu’à lui démontrer que ce qu’elle faisait était nul. Je l’ai donc débauchée. On est partis, les autres ont pleuré mais c’est comme ça : ils étaient mauvais… J’étais fasciné par les chanteuses de rock, j’adorais Jefferson Airplane et Janis Joplin. Il y a toujours une dimension supplémentaire par rapport aux mecs. Mais il y a peu de chanteuses parce que les mecs font peu d’efforts pour cerner, s’accorder à la sensibilité des femmes.


Votre passion pour la musique remonte à loin ?
Catherine Ringer : J’écoutais de tout quand j’étais une jeunette. Classique, chanson, rock, blues, musiques de films, musiques d’ailleurs. Je n’ai jamais focalisé sur un genre particulier. Ma plus belle émotion musicale, c’était à 12 ans, un concert de Sun Ra, à Saint-Paul-de-Vence. Ça m’avait mise dans un drôle d’état. Après, il y a eu James Brown.
Fred Chichin : La musique, c’est ma vie, depuis toujours. Elle m’a sauvé. J’habitais à Aubervilliers, dans une tour qui donnait sur des toits et des usines. J’étais un gamin un peu fantasque, plongé dans Jules Verne. Tout jeune, j’étais confronté à une contradiction flagrante : mon père était un communiste fou de westerns. Il était critique de cinéma mais, à cause de ses convictions, il voyait les westerns en cachette. Parce qu’officiellement il fallait détester le western américain, pur produit de l’idéologie impérialiste US. Quand on va voir des westerns avec son père en douce, comme si c’était un crime, on a vite un peu de mal avec le communisme. Sinon, mon père fréquentait les situationnistes, j’ai lu Marx, Aron, etc. Autant dire que j’ai appris le nihilisme et cette culture de se construire dans la haine de ce que l’on est. Tout ce qui n’était pas blanc était formidable, tout ce qui était blanc était mal. J’ai été élevé là-dedans. Il fallait admirer les Black Panthers. Toute la musique que j’aimais était honnie, jugée décadente, impérialiste. La seule musique admise, c’était Le Chant des partisans. Il fallait toujours que je défende mes goûts, que je me batte pour eux.


Pour reprendre un de vos titres emblématiques, Y a d’la haine…
Fred Chichin : Exactement. Notez que ça fait un moment qu’on l’a écrite, cette chanson. Chez les Anglo-Saxons, la haine a toujours été la source du meilleur rock, des Stones aux Stooges. C’est pour ça que le rock n’a jamais marché en France. Du moins, le vrai, l’authentique. Le rock original est devenu le twist, le rap est devenu le rap à l’eau, ou le rap débilo-facho primaire. Je suis un fan du rap US de la première heure, celui qui avait autre chose à dire que « bande d’enculés, on veut plus de sous ! ».


Pourquoi ce titre d’album, Variéty ?
Fred Chichin : Variéty, ça signifie diversité et non pas soupe uniforme. C’est aussi un clin d’œil à la variété française d’avant, celle d’un Claude François : je ne l’appréciais pas spécialement, mais, comme tout le monde, je l’entendais à la radio. Joe Dassin, aussi. Moi, j’aimais les Beatles ou les Rolling Stones, mais il faut reconnaître que c’était écoutable. Ces types savaient jouer du piano ou de la guitare, chanter. Ils connaissaient leur métier. On a perdu ça, je crois. Cloclo, il a eu du succès parce que c’était un super danseur et il avait un très bon répertoire. Ce n’était pas dur, il pompait le « top 10 » américain de chez Motown. Sauf que, maintenant, j’en connais plein qui pompent tout autant les Américains, le R’n’B et compagnie, et c’est affligeant… De toute façon, en France, il y a qui ? Philippe Katerine, Rachid Taha, et puis Etienne Daho. Ils font ce qu’ils disent et ce qu’ils veulent. Ils ont tout mon respect. Mais Manu Chao, non, par exemple. Ce n’est pas un musicien. C’est un politique. Comme Renaud. Ils prennent la musique en otage pour faire du militantisme. La musique, c’est un paillasson sur lequel ils s’essuient les pieds. Derrière, je n’entends qu’une bande de suiveurs qui se préoccupent de préserver leur pré carré. La musique, c’est un vrai travail et c’est dur. Mais en France, on ne travaille pas, on se contente d’un tout petit niveau musical. Je trouve terrible qu’on accorde moins de crédit à Daho qu’à des types comme Doc Gynéco ou JoeyStarr.


Vous avez pourtant fait un duo avec Gynéco, non ?
Fred Chichin : Ah, oui, bien sûr, quelle créativité ! « Ah si j’étais riche, lalalalalala. » Le discours d’un Gynéco peut se résumer ainsi : « Si j’étais riche, je m’achèterais une Porsche et je t’emmerderais, bâtard. » Je les connais bien ces types, j’ai travaillé avec eux. Je suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C’est édifiant sur le niveau et la mentalité… Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme anti-Blancs, antioccidental, antifemmes… C’est affreux. Lors de vos concerts avec l’Orchestre Lamoureux, en 2004, Catherine chantait comme on en rêvait depuis longtemps.


On a souvent eu l’impression que vous vous l’interdisiez…
Catherine Ringer : C’est possible. C’est pour ça que j’annonce à chaque fois que je vais simplifier… Mais c’est comme lorsqu’on se dit « calmons-nous ! », ça ne veut pas dire qu’on y arrive. On a sa personnalité, son caractère, on a envie de se poser mais ce n’est pas facile. C’est toute une vie de travail de changer sa nature, son instinct. C’est un travail sur soi, et avec les autres surtout.
Fred Chichin : L’Orchestre Lamoureux, ça fait partie de ces aubaines qui vous tombent dessus. Financièrement, on n’aurait jamais pu monter un truc pareil. Ils nous ont invités. C’était l’occasion de faire du Ferré. J’en rêvais depuis des années.


D’où vient cette passion pour Léo Ferré ?
Fred Chichin : J’ai été subjugué vers l’âge de 14 ans. Ma base, ce sont les Beatles, Léo Ferré et Prokofiev. J’écoutais autant Ferré en boucle que les Beatles. Brassens aussi, mais ce sont les textes de Ferré qui m’ont marqué. Une chanson comme La Solitude, avec cette idée : « Il faut aller laver ce qui nous reste de conscience dans les laveries automatiques », c’est formidable. Il avait tout compris. Si on a vraiment eu un grand artiste dans la musique populaire, visionnaire, capable de s’exprimer aussi bien seul au piano, avec un groupe de pop électrique ou un grand orchestre, c’est lui. Il composait, écrivait les arrangements et était un immense poète. Léo Ferré devrait être reconnu comme un monument culturel. Eh bien non. En France, on préférera toujours Renaud. Ferré est haï, c’est normal, car personne ne détestait plus que lui l’establishment. Et l’establishment le lui rend bien. Renaud, lui, il a tout bon : il est antiaméricain, il est contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre. Il suffit d’aussi peu pour toucher un maximum de gens en France.


Marcia baila ou Les Histoires d’A. interprétés à la Nouvelle star, ça vous fait quoi ?
Fred Chichin : Rien à cirer. On sert juste d’alibis culturels, de garants de crédibilité. Même aux Restos du cœur, ils ont joué une chanson des Rita. C’est pareil. Ça la fout mal si on n’y figure pas. Pour eux, ça donne une illusion d’ouverture. C’est toujours un peu de crédibilité de gagnée. Mais je ne suis pas naïf. Je connais toutes les combines, toutes les manipulations.


Dans le nouvel album, vous chantez sur Rendez-vous avec moi-même : « Ouais très gros chantier / Je suis la singer Ringer, ouais / Très beau chantier / la beautiful belle Ringer »…
Catherine Ringer : Ça part de cette expression : je vais prendre du temps pour moi. Autrefois, certaines femmes faisaient des retraites dans des abbayes pour faire le point. Cette chanson, c’est ça : où est-ce que j’en suis, où vais-je, est-ce que j’ai changé ? Une chanson d’indépendance d’esprit, être face à soi plutôt que toujours en rapport aux autres. Cette chanson, avec ses allitérations « singer / Ringer », je l’ai écrite en anglais d’abord, puis je l’ai traduite. C’est une chanson méthode Coué. On fait tous ça, je crois, à défaut d’entendre les autres vous dire ce que vous aimeriez entendre, on se le dit à soi-même : « Allez vas-y ! T’es la beautiful Ringer, la plus belle ! » Une autoémulation, en somme.


Une manière de confirmer le message de votre chanson Chères Petites, sur l’album Système D…
Catherine Ringer : Chères Petites parlait de ces gens qui disent aux jeunes que la vie est nulle dès qu’on grandit, qu’il faut profiter de sa jeunesse parce que après tout est horrible. Je dénonce cela. J’ai toujours aimé la vie dans son ensemble. Je n’ai pas peur de la mort. Quel que soit l’âge qu’on a, l’important est que l’on soit là, et ce que l’on en fait. J’ai 50 ans et je suis contente. Une fois qu’on est né, il faut suivre le mouvement ! Ça ne sert à rien de tenter d’arrêter le temps. Rien n’est immuable. La vie, c’est du travail, un effort constant.


Vous avez toujours beaucoup joué de votre physique, jusqu’à la provoc parfois…
Catherine Ringer : J’adore le spectacle, me montrer. Je suis comme Rufus, quand il venait au Café de la Gare, tout timide avec sa valise, en demandant : « C’est ici pour se montrer ? » Les artistes qui choisissent d’œuvrer dans le rock aiment faire des choses marrantes. On fait ce métier pour prendre des libertés, changer au gré de son humeur. On est notre propre patron, c’est fondamental. La beauté d’une personne est d’autant plus intéressante qu’elle est variable. Dans les années 80, j’avais des dents très abîmées, toutes jaunes et cariées. Alors je les peignais avec du blanc quand je passais à la télé et ça me faisait un sourire pas possible, très hollywoodien. Quand une de mes dents est tombée, j’ai trouvé drôle la tête que ça me faisait : bien maquillée avec une dent en moins, comme si quelqu’un avait gribouillé une photo. Ce n’était pas pour m’enlaidir, je trouvais ça amusant… Il faut se bagarrer pour ne pas céder aux pressions. Il faut être ferme. Mon père peintre m’a donné une très bonne éducation artistique. Et j’ai eu envie de la perpétuer, dans mon travail, dans ma vie.


Les Rita Mitsouko, c’est l’histoire d’un couple ?
Catherine Ringer : C’est personnel, comme question… Vous savez, il y a des couples de commerçants ou de paysans qui travaillent ensemble toute leur vie et on n’en fait pas un fromage. On n’est pas les seuls.


Propos recueillis par Hugo Cassavetti
Photos : Jean-Baptiste Mondino pour Télérama
A ECOUTER Variéty, 1 CD Because, à paraître le 23 avril.
Concerts à Paris le 17 avril (La Boule noire), le 23 (La Cigale).
Télérama n° 2986 - 7 Avril 2007

Posté par lOu jO à 20:20 - Zik - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2007

Lou Reed & The Velvet Underground - Candy Says

Candy Says...

Quatre minutes de poésie à l'état pur qui s'évadent avec douceur de la guitare de l'inimitable Lou Reed (Dont je parlerais probablement ici dans un futur proche) accompagné de ses non moins légendaires Velvet Undeground ...

Une chanson qui a joué le rôle de bande son de mon existence depuis quelques mois, tantôt réconfort de l'âme, tantôt tranche de bonheur quasi-physique, en fonction de l'humeur du moment...

Une de ces rares chansons que l'on écoute une fois et dont l'on ne se lasse plus... Jamais....

Candy says I’ve come to hate my body
And all that it requires in this world
Candy says I’d like to know completely
What others so discretely talk about

Candy says I hate the quiet places
That cause the smallest taste of what will be
Candy says I hate the big decisions
That cause endless revisions in my mind

I’m gonna watch the blue birds fly over my shoulder
I’m gonna watch them pass me by
Maybe when I’m older
What do you think I’d see
If I could walk away from me

Posté par Green Fox à 01:31 - Zik - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2007

Initials DC

Good Morniiiing Loukoum,

Pour mon retour sur les espaces sidéraux de la communication électronique, un petit coup de pub pour un jeune artiste français dont vous n'avez probablement jamais entendu parler: Initials DC.

Initials DC, Eric de son prénom, réside à Francfort sur le Main, ou je le rencontrais pour la première fois un matin de l'été 2002, au terme d'une soirée mémorable à la Cave, célèbre club de Rock (et plus..) de Francfort. Quand je revenais vivre à Francfort deux ans plus tard, Eric était devenu Initials DC et jouait dans un autre club de la ville, dans une cave une nouvelle fois, le Clubkeller...

flyerkeller080507smallAvec pour tout matériel une guitare et un ordinateur portable, Initials DC nous gratifia ce soir là d'une performance surprenante et plutôt envoutante, reprenant les chansons de son premier album, "Pop Corn for Diane"... Une électro-pop calme et planante, aux accords et arrangements simplistes mais accrocheurs. Une voix nasillarde qui vient s'additionner harmonieusement aux rythmes de fond, et une animation vidéo, partie intégrante du projet musical d'Initials DC, déroulant des scènes irréelles et colorées, absurdes et magnifiques en arrière plan de l'artiste et de son costume blanc.

C'était en 2004... Initials DC a continué son petit bonhomme de chemin tranquillement, quelques petits concerts en Allemagne ou ailleurs, sans ambition démesurées si ce n'est se faire plaisir. Mais il continue d'enregistrer et est revenu l'été dernier avec deux nouveaux albums, OK (en Espéranto) et 16 (En français, Allemand et anglais) dans la lignée du premier LP.

fanclub_smallOn aime, on n'aime pas, on ne sait dire si le style est simpliste, voire minimaliste, ou trop scientifique, mais il est une chose certaine, c'est que l'écoute d'Initials DC ne laisse pas totalement indifférent... Il y a quelque chose de bizarre, diront certains, d'"intéressants " répondront les autres, d' "envoutant" pourrait on aussi estimer... Mais il y a quelque chose... Et j'en recommande l'écoute pour que chacun se fasse sa propre opinion.

Les trois albums d'Initials DC et quelques chansons bonus sont disponibles au téléchargement sur son site web:

http://www.initialsdc.net

C'est gratuit mais si vous aimez vous pouvez aussi acheter les disques à partir de ce même site... Ce n'est pas cher et c'est ce qui fait vivre les petits artistes... Et j'attends vos avis après écoute, les trois premières chansons de Pop Corn pour Diane sont à ce jour mes préférées avec Anna, la vidéo visible sur la page téléchargements du site...

Revue de Presse:

http://www.adecouvrirabsolument.com/initialsdc.htm
http://www.intro.de/platten/heimspiel/23044027  (En allemand)

Posté par Green Fox à 17:29 - Zik - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2007

Récréation

Prévu pour le 22 octobre 2007

debout_sur_le_zinc

Cet album reprend d'annciennes chansons de debout sur le zinc qui n'ont jamais été enregistrées.


DEBOUT SUR LE ZINC PRESENTE "RECREATIONS" - Partie 01

Posté par Tanwen à 19:19 - Zik - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juillet 2007

coco rosie feat. antony / beautiful boyz

à écouter jusqu'au bout !!!

Antony :
Those, those beautiful boys
Those, those beautiful boys

Cocorosie :
Born illegitimately
To a whore, most likely
He became an orphan
Oh what a lovely orphan he was
Sent to the reformatory
Ten years old, was his first glory
Got caught stealing from a nun
Now his love story had begun

Thirty years he spent wandering
A devil's child with dove wings
He went to prison
In every country he set foot in
Oh how he loved prison
How awfully lovely was prison

Antony :
All those beautiful boys
Pimps and queens and criminal queers
All those beautiful boys
Tattoos of ships and tattoos of tears

Cocorosie :
His greatest love was executed
The pure romance was undisputed
Angelic hoodlums and holy ones
Angelic hoodlums and holy ones

Antony :
All those beautiful boys
Pimps and queens and criminal queers
All those beautiful boys
Tattoos of ships and tattoos of tears

All those beautiful boys
Pimps and queens and criminal queers
All those beautiful boys
Tattoos of ships and tattoos of tears

All those beautiful boys
Beautiful boys...
All those beautiful boys
Beautiful boys...

Those beautiful boys...

Posté par lOu jO à 21:56 - Zik - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 juillet 2007

joyeux 22 avec Koxie, la nouvelle égérie de mes gamins et des paroles pas si bêtes ...

985371110Titre : Garçon (Gare aux cons) 
Album : KOXIE
Année : 2007
Paroles :
Garçon
(Bonvent- Koxie - Mazin/Koxie)


Tout à l'heure
Je roulais sur mon scooter dans Paris
D'une voiture, au feu rouge, un mec me dit
« Eh madame il est quelle heure ? »
Je lui réponds «  Midi »
Il me dit  « Madame qu'est ce que t'es bonne
Tu veux pas me faire une gâterie ? »
Ses potes rigolent
Sur le moment j'ai pas compris
Je réponds
« Mon grand, c'est pas comme ça qu'on parle aux gens
Tu n'aimerais pas qu'on parle comme ça à ta maman »
Le mec me regarde
Avec une tête de chien de garde
Il me fait « Vas-y parle pas de ma mère ou je te défonce »
Je lui réponds « du calme Alphonse
Je te connais pas, tu m'agresses
C'est quoi ce manque de délicatesse ?
On t'a pas dit de traiter les femmes
Comme des princesses ? »
Il me dit « ouais mais toi je te baise ! »
Je lui dis « ben nan justement
C'est bien ça le malaise ... »

Refrain
Tu sais que garçon
Si t'enlève la cédille
Ça fait gar con
Et Gare aux cons ma fille
Gare aux cons
Gare aux cons
Gare aux cons
Qui perdent leur cédille
di di doum
di di dam
La la la la la la

Je continue mon chemin
Au feu suivant
J'entends « Hé grosse cochonne !
Quand tu veux je te prends »
C'est encore Alphonse
Avec sa tête de gland
Je lui dis : « là tu t'enfonces c'est indécent
J'y crois pas mec redescends de ta planète
Tu te prends pour Tony Montana
T'as même pas de poils sur la quéquette »
Il me dit « Vas y sois pas vulgaire
Tu vas voir où je vais te la mette »
Je lui dis « c'est moi qui suis vulgaire ?
Non mais la c'est la fête !
Je rêve pour qui tu te prends
Maintenant tu t'arrêtes !»
Je descends, il descend,
Je dis « c'est le bordel dans ta tête !
Qu'est ce que tu comptes faire ?
Là t'es en galère, je veux des excuses
J'attends, et je lâcherais pas l'affaire »
Il me dit « nan toi tu t'excuses
Espèce de vieille sorcière »
« C'est la meilleure je t'ai donné l'heure,
J'aurais mieux fait de me taire »

Refrain
Tu sais que garçon
Si t'enlève la cédille
Ça fait garcon
Et Gare aux cons ma fille
Gare aux cons
Gare aux cons
Gare aux cons
Qui perdent leur cédille
di di doum
di di dam
La la la la la la

Voilà comment
Parlent certains garçons
Quelle honte !
Il mériterait une bonne leçon
Tu veux jouer, on va jouer
Je lui dis « Baisse ton caleçon
Tu parles beaucoup, ça manque d'action
Tu m'as demandé ? Une fellation ? »
Tout  à coup Alphonse a une révélation
Il renonce et me dit
« Ouais vas y c'est bon !
Lâche moi pardon »
Je lui dis « C'est bien
Là T'as l'air moins con,
C'est pas normal d'avoir besoin
De parler aux femmes de cette façon
Y a un sérieux problème d'éducation
Pourtant je suis sûre que t'as un bon fond »
Il me dit « t'as raison je me sens tout bidon
C'est mes potes qui me poussent
J'ai la pression !»
Je lui dis « c'est bon pleure pas »
Il manquait plus que ça
Alphonse qui fond en larmes dans mes bras
Je lui dit « toi t'as besoin d'amour ça se voit !
Allez viens-là ! Fais un bisou à tata »


REFRAIN
Tu sais que garçon
Si t'enlève la cédille
Ça fait gar con
Et Gare aux cons ma fille
Gare aux cons
Gare aux cons
Gare aux cons
Qui perdent leur cédille
di di doum
di di dam
La la la la la la

Posté par lOu jO à 23:06 - Zik - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »